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L’économie du Botswana s’est considérablement développée depuis l’indépendance en 1966 — à l’époque, le pays exportait principalement du bétail —, grâce à l’exploitation des mines de diamants d’Orapa et de Jwaneng, ainsi que celles de cuivre et de nickel dans la région de Selebi-Phikwe — les diamants représentent désormais près de 80 p. 100 des recettes à l’exportation. De pays pauvre, le Botswana a réussi à se hisser au rang de pays à revenu intermédiaire, avec un produit intérieur brut (PIB) figurant parmi les plus élevés d’Afrique (11 milliards de dollars en 2006, soit 5 703,70 dollars par habitant). Le taux de croissance du PIB s’élève à 5,08 p. 100 pour la période 1990-2002, ce qui constitue une véritable performance au regard du reste des pays de l’Afrique sub-saharienne. L’élevage reste une activité importante (avec un cheptel de près de 3,10 millions de bovins) et les exportations de bœuf constituent la deuxième source de revenus après les diamants. L’industrie repose surtout sur l’agroalimentaire et la transformation des minerais. La monnaie du pays est le pula, divisé en 100 thebe.
Le territoire de l’actuel Botswana est habité par les Bochimans depuis la préhistoire. Ces derniers ont été en grande partie déplacés par les Bantous tswana qui ont émigré dans la région aux alentours de 1800. Des missionnaires, dont David Livingstone et Robert Moffat, pénètrent le territoire au cours de la première moitié du xixe siècle. Le territoire est placé sous protectorat britannique en 1885, à la demande des chefs tswana inquiets de la pénétration des Boers du Transvaal. Durant les deux guerres mondiales, des contingents du Bechuanaland — ancien nom du Botswana — servent outre-mer et, à leur retour, ont une grande influence sur les changements économiques et politiques à venir. Les premières élections législatives ont lieu en 1961.
C’est sous le nom de Botswana que le pays accède à l’indépendance en 1966, malgré l’opposition de l’Afrique du Sud. Sir Seretse Khama devient son premier président. À sa mort, en 1980, celui-ci est remplacé par Quette Masire, qui est reconduit au pouvoir en septembre 1984 puis réélu en 1989 et en 1994. En matière de politique étrangère, le Botswana opte pour la voie du non-alignement. Bien qu’opposé à la politique d’apartheid de l’Afrique du Sud, le Botswana maintient, pour des raisons de dépendance économique, des relations étroites avec celle-ci. Avec la fin du régime d’apartheid et l’émergence de la nouvelle Afrique du Sud, le président Masire milite pour une « interdépendance équilibrée » envers son puissant voisin au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). La désertification ayant fait apparaître des îles permanentes dans la dépression marécageuse de l’Okavango, des litiges frontaliers opposent le Botswana à la Namibie. En 1977, l’armée botswanéenne intervient dans plusieurs de ces îles (Situngu, Luyondo, Kasikili, Singobeka) situées dans la rivière Linyati et mises en culture par des paysans namibiens. Le dossier de ce conflit, dans lequel se dessine l’intention de la Namibie de prélever l’eau de l’Okavango pour alimenter Windhoek, sa capitale, est remis entre les mains de la Cour internationale de justice de La Haye. En 1999, un premier règlement est rendu concernant l’île Kasikili — qui prend alors le nom de Sedudu —, en faveur du Botswana. À l’intérieur, le gouvernement est critiqué à partir des années 1990 par les Bochimans, qui l’accusent de vouloir les expulser de leurs terres ancestrales (dans la réserve de Kalahari) afin d’en exploiter les gisements de diamants et d’y favoriser le tourisme. La vie politique est en outre marquée par l’annonce du départ, en novembre 1997, du président Masire, poussé par l’impatience des jeunes de son parti (le Parti démocratique du Botswana, BDP) d’accéder aux affaires après dix-sept années de pouvoir. Son vice-président, Festus Mogae, lui succède en avril avant d’être reconduit par le Parlement pour un mandat de cinq ans en octobre 1999. Le DBP, qui gouverne le pays depuis son indépendance, domine le Parlement. Lors des élections d’octobre 2004, il remporte 44 des 57 sièges de l’Assemblée nationale. L’opposition apparaît faible et divisée entre la coalition dominée par le principal parti d’opposition, le Front national du Botswana (BNF), et le Parti du congrès du Botswana (BCP), qui détiennent respectivement 12 et 1 siège. Festus Mogae est investi pour un second mandat présidentiel à l’issue de ce scrutin, le premier à se dérouler en présence d’observateurs internationaux. Ces élections sont également l’occasion d’expérimenter, pour la première fois, un nouveau code de bonne conduite adopté par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) au mois d’août précédent. À la tête d’un pays qui fait office de modèle en Afrique en termes de réussite économique, de bonne gouvernance publique et de démocratie, Festus Mogae a fait de la lutte contre le sida un véritable engagement personnel. Si l’épidémie touche près de 40 p. 100 de la population adulte — l’un des taux les plus élevés dans le monde —, le Botswana a mis en place l’un des programmes d’intervention contre le sida les plus adaptés et progressistes d’Afrique : il a notamment été le premier pays du continent à distribuer des médicaments antirétroviraux gratuits.
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