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Résultats avec Windows Live® Search Monk, TheloniousArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le Grand prêtre du be-bop ; Collaboration avec Charlie Rouse ; Une reconnaissance tardive ; Un silence définitif
Monk, Thelonious (1917-1982), pianiste, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain. Pianiste d’une extrême originalité, longtemps sujet de controverse, compositeur reconnu comme l’un des plus grands du XXe siècle, ce personnage singulier, voire énigmatique, aura décontenancé et / ou fasciné, autant par son comportement étrange que par son œuvre d’une imagination extraordinaire.
Né en Caroline du Nord, il commence très tôt le piano, prend des leçons à onze ans, accompagne à l’orgue ou au piano sa mère qui chante dans une église baptiste, gagne un concours d’amateurs à l’Apollo et suit pendant deux années une évangéliste dans ses tournées. La pianiste Mary Lou Williams l’entend alors à Kansas City. De retour à New York en 1941, il est recommandé par le batteur Kenny Clarke au manager du Minton’s Playhouse et participe à de fameuses jam-sessions en compagnie de jeunes musiciens (dont le trompettiste Dizzy Gillespie, et le guitariste Charlie Christian) qui élaborent avec lui la musique qu’on appellera be-bop : il devient le pianiste attitré du club. Il travaille ensuite dans l’orchestre de Lucky Millinder puis, aux côtés du saxophoniste Coleman Hawkins en 1944. On le retrouve deux ans plus tard dans le big band de Dizzy Gillespie, et il enregistre sous son nom en petite formation et en trio pour le label Blue Note (Genius of Modern Music,volume I et II). Dans ses compositions (une douzaine, dont la célèbre « ’Round Midnight », écrite en collaboration avec Cootie Williams) et sur certains standards qu’il affectionne, l’univers de Monk apparaît déjà : rejet de toute volubilité virtuose, mise en place rigoureuse, traitement rythmique fondé sur le discontinu et celui, harmonique, basé sur la dissonance, structures inhabituelles faites de petits intervalles et autres décalages asymétriques. Mais sa carrière new-yorkaise est stoppée pour six ans en 1951 : arrêté pour détention de stupéfiants, sa carte de travail lui est retirée, il ne peut se produire dans les clubs. Il enregistre cependant pour Prestige entre 1953 et 1955, notamment ses premiers solos de piano en 1954 à Paris où il est la vedette chahutée du Salon du jazz. Quelques mois plus tard, il fait partie des Modern Jazz Giants réunis autour de Miles Davis ; son « absence » au cours de son chorus sur une prise de « The Man I Love » suscita bien des commentaires ! Il réalise un nouvel enregistrement avec le saxophoniste Sonny Rollins (Brillant Corners, 1956), un autre en solo (Pure Monk), puis fait une rentrée triomphale au Five Spot Cafe de New York (qui refuse du monde) avec les saxophonistes John Coltrane (la superbe version de sa composition « Ruby, My Dear ») et Johnny Griffin.
Après de nouveaux problèmes et deux années sans travail, il commence une longue collaboration, de 1959 à 1970, avec le saxophoniste ténor Charlie Rouse pour un quartette légendaire (avec les contrebassistes John Ore, puis Larry Gales, les batteurs Frankie Dunlop et Ben Riley) qui fera sa première tournée européenne en 1961. Il se produit également de temps à autre en grande formation : au Town Hall en 1959, au Philarmonic Hall en 1963, au Festival de Monterey en 1964. Les tournées se succèdent dans le monde entier (Monk arborant d’insolites couvre-chefs) devant des foules enthousiastes, comme au Victoria Hall de Genève en 1966, concert relaté par Julio Cortázar dans le Tour du jour en quatre-vingts mondes. De nombreux disques sont enregistrés pour le label Columbia (notamment Monk’s Dream, Criss-Cross,Monk, It’s Monk Time, Underground).
Dans les médias, Monk a droit à une reconnaissance quasi officielle avec son portrait en couverture du magazine Time en février 1964. De nombreuses études lui sont consacrées dans les revues spécialisées, ou encore il défraie la chronique dans les journaux. De 1968 à 1971, après la rupture de son contrat avec Columbia, il n’enregistre plus, jusqu’à cette tournée européenne des Giants of Jazz, sorte de all-stars avec lequel il enregistre ses derniers morceaux en orchestre. À Londres, un producteur avisé lui fait regagner les studios pour d’ultimes traces discographiques : les trois volumes de The London Collection, en solo ou en trio avec le contrebassiste Al McKibbon et Art Blakey à la batterie.
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