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Résultats avec Windows Live® Search baroque, artArticle
Plan de l'article
Présentation ; Définition ; L’art baroque en Italie : du « plein-baroque » (1590-1650) au « classicisme » (1650-1750) ; L’art baroque en Espagne : 1590-1690 ; Le baroque en Europe du Nord : « plein-baroque » et « classicisme » ; Le baroque français ; Le baroque germanique
baroque, art, catégorie historiographique désignant une tendance artistique dominante apparue à la fin du XVIe siècle en Italie. Utilisé comme adjectif, le terme « baroque » s’applique aux attributs formels indépendants du contexte historique. On parlera de musique, de pensée ou de littérature « baroque » pour relever le caractère « baroque » de cette littérature, de cette pensée, ou de cette musique. Utilisé comme substantif, il désigne des formes d’expression artistique ou religieuse, comme de multiples formes d’organisations sociales. On ne peut l’extraire, ici, de son contexte mental. Dans ce dernier cas, on parlera du « baroque » dans l’Europe catholique, de la fin du XVIe siècle vers le milieu du XVIIIe siècle.
Les origines du mot « baroque » sont incertaines. Il proviendrait peut-être du portugais barrocco, qui signifie « perle de forme irrégulière ». Dès la fin du XVIIIe siècle, le terme « baroque » entre dans la terminologie des critiques d’art pour désigner des formes brisées s’opposant à la proportionnalité renaissante (voir Renaissance, art de la), comme aux normes antiques reprises par la tendance dite « classique » de la fin du XVIIe siècle, à savoir proportion, harmonie, équilibre et symétrie. Certains historiens d’art, comme Jakob Burckahrdt, ont considéré le baroque comme l’expression décadente de l’art renaissant, jusqu’à Heinrich Wölfflin, son disciple, qui a constaté le premier, dans ses Principes fondamentaux de l’histoire de l’art (1915), les différences entre l’art du XVIe siècle et celui du XVIIe siècle, sans toutefois pouvoir catégoriser ces changements. L’art baroque comprend de nombreuses distinctions régionales et recouvre des réalités sociales diverses. L’historiographie récente le reconsidère en l’abordant comme un outil d’expression formel. Elle associe l’art baroque et l’art classique en faisant de la première forme expressive le refoulé de la seconde, et catégorise le tout par le terme de « baroque ». Ainsi, le baroque apparaît comme une relation complexe d’association / répulsion de deux contraires, relation qui se fonde sur un principe dit d’ordre convergent. On opérera un sous-classement ; ainsi, pour définir le baroque allant de 1590 à 1650, parlera-t-on de « plein-baroque » ou de « baroque primitif », et de « classicisme » pour désigner le baroque des années 1650-1750.
Le baroque se caractérise, en opposition à la Renaissance, par une nouvelle relation entre l’être et le monde. Alors que la Renaissance affirmait un rapport harmonieux et mathématique du microcosme vers le macrocosme (voir Microcosme et macrocosme), le baroque va, lui, opposer un lien complexe, expression hyperbolique de l’unité et de revendications identitaires, d’immanence totale et immédiate et de transcendance grandiose et univoque. La pensée baroque, à l’image de saint Ignace de Loyola, va privilégier un univers fantasmé, imaginaire, qui sera l’extrapolation de ce conflit des contraires, mais qui portera en lui ce principe de convergence. L’art baroque va alors développer la brisure, la courbure, la tension et le nœud comme expressions figuratives les mieux appropriées pour représenter ce type de conflit. La cosmologie de Copernic apportera au baroque une assise scientifique. Car l’univers copernicien est un univers tordu, étiré, exagéré, portant la Terre aux confins d’un monde héliocentrique, et faisant de l’Homme une représentation brisée de l’Adam biblique. Galilée reprendra ces vues, et le philosophe Giordano Bruno considérera cet univers héliocentrique comme indéfini sur le plan de la qualité, et « infinitude » sur le plan de l’étendue. La découverte des Indiens du Nouveau Monde se fera l’écho, pour une large part, d’une anthropologie « baroque ». Car le « sauvage » des Amériques va évoquer, en Europe, le mythe fabuleux du gymnosophisme, mais ses pratiques anthropophages susciteront, dans le même temps, horreur et dégoût. L’explosion du baroque a également coïncidé avec toutes les expressions de la Réforme, comme avec l’émergence des grandes puissances européennes, que ce soit la France de Louis XIV, ou l’Espagne de Philippe II. La notion d’État et celle de religion vont, tour à tour, se combattre et se confondre. Chaque État européen sera perçu comme une religion à part entière, en même temps que l’Église catholique s’affirmera comme une institution européenne. Le rapport entre l’individu et l’État reproduira alors le rapport entre l’individu et Dieu. Dans sa volonté de toucher le sentiment des foules, le baroque possède le goût du faste et du spectaculaire. Des artistes vont jouer de contrastes d’éclairage, de truquages et de machineries complexes pour susciter des effets de masse. Dans l’art sacré, les scènes édifiantes (martyres, extases et miracles) sont particulièrement appréciées. Les peintres privilégient les compositions géométriques et jouent sur les diagonales, les jeux de perspective, les raccourcis et les effets de contre-plongée (sotto in sù). La technique du trompe-l’œil connaît un important développement, car elle sert grandement la volonté d’employer l’illusion comme l’expression figurative la plus adéquate pour susciter la force de l’imagination, seule force susceptible d’accéder à cet univers fantasmé et merveilleux. Le lyrisme et le pathétique, dans la peinture baroque, sont autant d’effets recherchés pour évoquer cette force imaginative fondamentale. Ainsi, la peinture baroque partage avec la sculpture un goût prononcé pour tout ce qui peut susciter le pathos : descriptions psychologiques des personnages, théories des passions humaines, mouvements de la pensée, mises en abyme, etc. Enfin, en architecture, le baroque se caractérise par un penchant très net pour la dissolution dans l’espace. Exprimant un univers scindé, l’architecture baroque veut se répandre, occuper le plus d’espace possible tout en recherchant la décentration, la brisure, c’est-à-dire le seuil de la perte d’équilibre. La dissolution et la brisure seront perçues comme des expériences architecturales les mieux élaborées pour rendre compte du conflit permanent entre l’ordre et le désordre, l’Un et le multiple. À l’inverse, l’architecture classique privilégiera la concentration et la symétrie pour figurer au mieux les réalités du monde connu. L’architecte baroque voit se développer la colonne torse, les décrochements, les courbes et les lignes brisées.
Les premières manifestations du baroque apparaissent à Rome vers la fin du XVIe siècle, au terme de la période dite maniériste. Cette évolution est, en grande partie, liée au concile de Trente, qui prône une grande discipline dans la recherche d’un art sachant toucher les foules par la passion.
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