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Rouault, Georges Henri

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Présentation

Rouault, Georges Henri (1871-1958), peintre français souvent considéré comme le plus grand peintre d'art sacré du XXe siècle.

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Du verre à la peinture

Né à Paris, dans un milieu modeste, Georges Henri Rouault entre en apprentissage dès l'âge de 14 ans chez un maître verrier, puis étudie la peinture auprès de Gustave Moreau, à partir de 1892. Très influencé par ce dernier à ses débuts, il développe peu à peu son style propre, qui mêle aux rouges, verts et bleus chaleureux, l'impasto — un pigment épais — et des contours très noirs, qui ne sont pas sans évoquer le plomb des vitraux. « S’il y avait eu de beaux vitraux, comme autrefois au Moyen Âge, je ne serais peut-être pas devenu peintre ».

À la mort de son maître, en 1898, il devient conservateur du musée Gustave-Moreau à Paris. En 1905, il expose avec les Fauves au salon des Indépendants, tout en n’adhérant pas au mouvement. Les thèmes qu'il choisit — Passion du Christ, juges corrompus ou prostituées, portraits de rois ou de clowns tristes — se rattachent à son profond spiritualisme, soumis à un dramatique existentialisme catholique, comme dans ses œuvres Trois juges (1913), le Christ outragé par les soldats (1932, Museum of Modern Art, New York), la Sainte Face (1933, Musée national d'Art moderne, Paris), le Vieux Roi (1936, Institut Carnegie, Pittsburgh), ou encore Tête de clown (1940-1948, musée des Beaux-Arts de Boston, Boston). Georges Rouault exécute également de très belles gravures, parmi lesquelles les séries des Miserere (1918-1927), des Fleurs du mal (1926) ou encore de la Réincarnation du père Ubu (1932). Ces cinq vitraux, réalisés en 1945 pour l'église d'Assy, comptent parmi ses dernières grandes œuvres.

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Figure majeure de l’art chrétien

L’art de Georges Rouault évolue sur le strict plan formel, passant d’une représentation figurative quasi naturaliste à un art de l’icône devenu presque abstrait, mais il ne se détache jamais réellement de la figure, notamment celle du Christ, qui garde la place centrale au sein de son œuvre. Plus la représentation mûrit, plus la place donnée au signe, au signifiant, prend le pas et envahit sa peinture. La couleur atteint une dimension métaphysique en s’enrichissant et en étant apposée de manière toujours plus subtile, à l’instar de Rembrandt, maître incontestable. Cette dualité et ce mariage de la représentation et de la pâte picturale servent à merveille la volonté de créer un art chrétien. Rouault est, en ce sens, la figure majeure de l’art chrétien au XXe siècle.

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Un artiste inclassable

Georges Rouault, dans l’art de son siècle athée, reste un artiste à part que ni l’historien, ni le critique ne peuvent classer en le rattachant à tel ou tel mouvement ou avant-garde. Son inspiration morale et sa thématique chrétienne (« l’incommensurable pitié ») le font échapper à tous les courants majeurs du XXe siècle, même s’il a exposé dès 1905 en compagnie des Fauves.

Georges Rouault est resté, sa vie durant, un solitaire (« On naît et on meurt solitaire sans l’avoir voulu ni cherché ») et un indépendant, suivant comme une ascèse le chemin qu’il s’était fixé : poursuivre sa grande quête artistique en retrait des modes et des gesticulations du monde. En cela, son attitude est une leçon de vie et confère une dimension morale et métaphysique à la figure du créateur.

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