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cancer (médecine)

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3.2

Métastases

Le cancer peut aussi contaminer des tissus éloignés par formation de tumeurs secondaires, ou métastases. Les voies de propagation et les localisations des métastases dépendent de la nature et de la localisation du cancer primitif.

Lorsqu’un cancer s’étend à la surface d’un organe, certaines cellules peuvent s’échapper et envahir les organes voisins. Il arrive également que les cellules tumorales migrent via les vaisseaux lymphatiques jusqu’aux ganglions lymphatiques les plus proches, ou passent dans les vaisseaux sanguins. Une fois intégrées à la circulation sanguine, elles circulent jusqu’à ce qu’elles parviennent à un vaisseau trop étroit pour les laisser passer. Elles peuvent bloquer le fonctionnement d’un organe vital, auquel cas la vie de la personne est en danger. Les cellules tumorales de l’appareil digestif, par exemple, sont ainsi stoppées au niveau du foie, mais peuvent secondairement migrer jusqu’aux poumons ou vers d’autres organes. Les poumons et le foie constituent des localisations fréquentes de métastases.

De nombreux cancers ont tendance à envahir la circulation sanguine à des stades précoces. La plupart des cellules migratrices sont détruites dans le courant sanguin, mais quelques-unes se fixent sur la paroi des vaisseaux, puis pénètrent dans le tissu d’arrivée. Si les conditions régnant dans ce tissu sont favorables à leur développement, elles peuvent survivre et se multiplier pour former des métastases.

Certaines des cellules métastatiques se divisent très peu, se limitant à la formation de petits amas cellulaires stables appelés micrométastases. Ces métastases peuvent rester dans cet état quiescent pendant plusieurs années après la guérison apparente du cancer primitif, avant de reprendre leur développement et de provoquer une récidive du cancer.

Quand les cellules cancéreuses métastatiques restent suffisamment différenciées, elles conservent, en partie, les caractéristiques physiologiques et morphologiques des cellules du tissu d’origine. L’examen au microscope permet alors au médecin anatomopathologiste de déterminer le site initial de la tumeur. L’identification des tumeurs qui métastasent à partir des glandes endocrines est parfois plus simple, parce qu’elles sécrètent l’hormone produite par leur tissu d’origine.

En général, plus la tumeur est située loin de son tissu d’origine, plus elle est maligne et plus elle se développe rapidement. Mais la rapidité de l’extension du cancer dépend également du type cellulaire concerné (carcinome, sarcome), de son degré de différenciation, et des caractéristiques du tissu hôte. De plus, la prolifération anormale des cellules entraîne de fréquentes mutations qui augmentent l’hétérogénéité de la tumeur cancéreuse. Ce phénomène est un facteur aggravant de l’évolution. Les cellules métastatiques peuvent aussi développer une résistance à la chimiothérapie ou à la radiothérapie.

4

Causes et mécanismes des cancers

4.1

Oncogènes et anti-oncogènes

Le mécanisme intime du cancer, à l’échelle moléculaire, est génétique. L’expression d’un gène s’effectue en deux temps. D’abord la cellule crée, à partir de l’ADN, une molécule d’ARN messager correspondant au gène, puis elle utilise les informations de l’ARN messager pour assembler et synthétiser la protéine codée par le gène. Une mutation d’un gène modifie la quantité ou l’activité de la protéine élaborée. Deux sortes de gènes, les proto-oncogènes et les gènes suppresseurs de tumeurs, ont un rôle fondamental dans l’apparition du cancer. Ces deux gènes contrôlent la division et le développement cellulaires, les proto-oncogènes stimulent la croissance, et les gènes suppresseurs de tumeurs l’inhibent. Des mutations de ces deux gènes provoquent des proliférations cellulaires anarchiques qui sont à l’origine des cancers. Les proto-oncogènes mutés deviennent des oncogènes gouvernant la synthèse de protéines qui sont soit des facteurs de croissance stimulant la prolifération des cellules, soit des protéines indispensables aux facteurs de croissance. Un oncogène contribue ainsi à stimuler la prolifération cellulaire nécessaire au développement embryonnaire, à la croissance, au renouvellement des tissus vieillis, à la réparation des tissus lésés par une maladie. Les gènes suppresseurs de tumeurs codent pour des protéines qui inhibent la division cellulaire. Des mutations peuvent inactiver ces protéines, ce qui aboutit à une multiplication cellulaire incontrôlée.

L’état d’une cellule résulte d’un équilibre complexe entre ces deux types de gènes. La transformation cancéreuse vient d’une rupture de l’équilibre par augmentation de l’activité d’un oncogène ou par diminution de l’activité d’un anti-oncogène : ce déséquilibre peut résulter d’une mutation provoquée par un agent extérieur, un facteur favorisant (exposition au tabac, aux rayonnements, etc.).

Ainsi, il a été démontré en 1996 que le tabagisme provoque la mutation d’un oncogène spécifique, le gène p 53, qui s’oppose normalement à la prolifération des cellules. La protéine p 53 est codée par un gène suppresseur de tumeurs ; elle contrôle la santé de la cellule, l’intégrité de son ADN et le respect des règles biochimiques. Plus de la moitié des cancers possèdent une protéine p 53 inactive. Dans le cas des tumeurs broncho-pulmonaires, dont le facteur de risque est le tabac, la cellule des bronches où se produit la mutation devient cancéreuse et se multiplie de façon anarchique.

Il existe un certain nombre de facteurs favorisant le développement d’un cancer. Parmi ceux-ci, on distingue les facteurs biologiques (hérédité, virus, déficiences du système immunitaire), les facteurs physiques (rayonnements ionisants) et les facteurs chimiques. Jadis, on pensait que ces facteurs agissaient indépendamment les uns des autres, mais certaines études actuelles tendent à prouver le contraire : le cancer serait multifactoriel, et les différents facteurs pourraient interagir d’une façon simultanée ou séquentielle, pour déclencher la formation de tumeurs malignes.

4.2

Facteurs héréditaires

On estime que seulement 20 p. 100 des cancers sont dus à une prédisposition héréditaire (simple augmentation du risque d’être atteint), qui ne devient que très rarement une transmission nettement héréditaire. Il existe plusieurs types de cancers familiaux, par exemple, certaines variétés de cancer du sein ou de cancer du côlon sont plus répandus dans les familles à risques. Dans ces familles, une personne peut recevoir de ses parents et transmettre à ses enfants un gène, présent dans toutes ses cellules, qui favorise le mécanisme de développement d’un cancer.

4.3

Facteurs viraux

Les virus sont à l’origine de nombreux cancers chez l’animal. Chez l’Homme, le virus d’Epstein-Barr est à l’origine du lymphome de Burkitt. Le virus de l’hépatite B peut provoquer un hépatocarcinome. Le papillomavirus est associé au carcinome du col de l’utérus. Tous ces virus sont des virus à ADN.

Le virus HTLV, responsable de la leucémie à cellules T, est un rétrovirus, virus à ARN, comme la plupart des agents viraux associés à des tumeurs chez les animaux. En présence d’une enzyme, la transcriptase inverse, les rétrovirus utilisent les mécanismes de la cellule infectée pour synthétiser un brin d’ADN complémentaire de leur ARN (voir Rétrovirus), qui est intégré entre les gènes de la cellule et répliqué en même temps que ces derniers. De tels virus possèdent parfois un gène, dit oncogène viral, capable de transformer les cellules saines en cellules malignes. C’est pour cette raison qu’on appelle souvent, par opposition, les oncogènes normaux des cellules humaines des proto-oncogènes, ou oncogènes cellulaires.

4.4

Rayonnements

Les rayonnements ionisants sont responsables de modifications de l’ADN, telles que des mutations, des ruptures et des transpositions. Elles déclenchent le phénomène de carcinogenèse, qui se traduira par un cancer après quelques années de latence.

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