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Pays-Bas

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Pays-Bas : drapeau et hymnePays-Bas : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.8

Le début du xxe siècle et les deux guerres mondiales

De 1880 à 1914, les Pays-Bas retrouvent une prospérité économique, et ce jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Au cours du conflit, le pays reste neutre, mais l’économie est fortement touchée par les pertes commerciales engendrées par le blocus du continent instauré par les Alliés. Après la guerre, ces problèmes sont aggravés par la dépression des années 1930.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, en 1939, les Pays-Bas proclament à nouveau leur neutralité. Mais l’état-major allemand a inclus la Hollande dans ses plans de guerre à l’ouest. En quatre jours, les Allemands occupent le pays et exterminent la quasi-totalité de la communauté juive des Pays-Bas (104 000 morts sur un total de 140 000 personnes). L’échec de la bataille d’Arnhem, en 1944, puis l’inondation de l’île de Walcheren et la bataille des Ardennes retardent la libération des Pays-Bas. Les populations civiles situées au nord des fleuves connaissent une famine épouvantable qui fait plusieurs dizaines de milliers de victimes.

L’après-guerre est marqué par la décolonisation et la reconstruction du pays, 30 p. 100 environ du patrimoine national ayant été détruit. En 1945, les Pays-Bas deviennent membres de l’Organisation des Nations unies et, trois ans plus tard, des fonds leur sont attribués dans le cadre du plan Marshall. En 1948, les Pays-Bas s’allient à la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et le Luxembourg pour former l’Organisation du traité de Bruxelles et ils sont un des membres fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), en 1952. L’union économique du Benelux est également établie entre la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas : confirmée à la conférence de La Haye en 1946, entrée en application le 1er janvier 1948, elle est complétée en février 1958. Le pays adhère à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) (1949), au traité communautaire de défense européenne (1952) et aux accords Paris-Londres (1955), devenant ainsi un membre à part entière de l’organisation de défense multinationale de l’Europe occidentale. En 1957, les Pays-Bas signent le traité de Rome établissant la Communauté économique européenne.

Les Pays-Bas n’échappent pas à la décolonisation : après quatre ans de guérilla et de guerre ouverte, (juillet 1945-décembre 1949), les Néerlandais acceptent l’indépendance de l’Indonésie, à l’exception de la Nouvelle-Guinée qui ne rejoint l’État indonésien qu’en 1962. En outre, en 1954, le Suriname et les Antilles néerlandaises deviennent membres à part entière du Royaume néerlandais.

5.9

Les problèmes économiques et l’instabilité politique

À la fin des années 1940 et au début des années 1950, l’économie des Pays-Bas est marquée par des hausses de prix, des balances commerciales défavorables et des gouvernements dominés par le Parti du travail (PvdA). Le Parti catholique populaire arrive au pouvoir en 1959 et il est majoritaire à la Seconde Chambre aux élections de 1963 et 1967.

Mais les événements se précipitent en politique étrangère et, à la suite de troubles qui ont éclaté dans les Antilles néerlandaises en 1969, des troupes sont détachées pour aider la police à réprimer les émeutes. Aux Pays-Bas, l’inflation se poursuit dans les années 1960 et 1970 et demeure un problème économique et politique majeur. Des contrôles sur les salaires et les prix sont imposés dès 1970 et les impôts augmentent l’année suivante.

À l’issue du scrutin de 1971, deux mois de négociations s’écoulent avant qu’une coalition dirigée par le Parti antirévolutionnaire (ARP) n’accepte de constituer un gouvernement, qui tombe cependant en 1972. Un gouvernement d’intérim dirige le pays jusqu’en mai 1973, lorsque Joop Den Uyl, membre du Parti du travail, prête serment en tant que Premier ministre d’un nouveau gouvernement de coalition. Lorsque le Suriname devient indépendant, en 1975, l’afflux soudain de centaines de milliers d’immigrants accroît les difficultés de l’économie néerlandaise.

En 1977, après les élections législatives du printemps, le gouvernement de coalition de Den Uyl chute, en raison d’un désaccord sur les réformes proposées. Un nouveau Premier ministre, le chrétien-démocrate Andreas Van Agt, prend alors la tête du gouvernement.

En 1980, la princesse Béatrix Ire accède au trône après l’abdication de sa mère, la reine Juliana. Le gouvernement de Van Agt perd sa majorité parlementaire en mai 1981, mais forme une nouvelle coalition, qui se maintient de septembre 1981 jusqu’en mai 1982. Après les élections législatives de septembre, Van Agt démissionne subitement de la présidence du Parti démocrate-chrétien. Ruud Lubbers lui succède et forme une nouvelle coalition dès le mois de novembre. Lors de la conférence constitutionnelle de 1983, il est convenu qu’à partir de 1986, Aruba n’appartiendra plus aux Antilles néerlandaises mais deviendra un territoire séparé au sein du royaume des Pays-Bas. Ce statut devait durer dix ans. À partir de 1996, Aruba devait devenir entièrement indépendante. Cependant, en 1994, il est décidé que l’île restera dans le royaume après 1996.

5.10

Le « modèle néerlandais »

Les élections générales de mai 1994 marquent un tournant dans la vie politique néerlandaise : les chrétiens-démocrates perdent les élections, principalement en raison de la hausse du chômage et des coupes sévères infligées aux dépenses de la Sécurité sociale depuis la fin des années 1980. Le Parti du travail (PvdA) devient le plus important groupe parlementaire, bien qu’il ait également subi quelques pertes. Après presque quatre mois de polémiques, le chef du Parti du travail et nouveau Premier ministre, Wim Kok, forme une coalition avec le Parti populaire pour la démocratie et la liberté (VVD) et les Démocrates 66 (D66), parti de centre gauche. Pour la première fois en plus de vingt ans, le gouvernement ne compte aucun chrétien-démocrate.

Année après année, sous la direction du socialiste Wim Kok, le gouvernement de coalition élabore une politique fondée sur des accords entre les partenaires sociaux. Conciliant libéralisme économique, rigueur budgétaire et aspirations sociales, elle dessine une sorte de « modèle néerlandais ». Cela se traduit par une croissance forte et par un taux de chômage faible, qui tranchent avec ceux de ses voisins.

En février 1995, le spectre des inondations de 1953 resurgit : plus de 250 000 personnes sont évacuées de l’est du pays, car l’on craint que les digues ne résistent pas à l’énorme pression des eaux du Rhin et de la Meuse en crue. Une fois la catastrophe évitée, le gouvernement annonce l’accélération du programme de renforcement des digues fluviales, malgré de lourdes difficultés financières.

À l’étranger, les Pays-Bas s’engagent lors du conflit yougoslave en envoyant 2 400 Casques bleus en Bosnie-Herzégovine. Leur comportement lors de la prise et du « nettoyage » par les Serbes de la zone de sécurité de Srebrenica en juillet 1995 (ils avaient contribué à séparer des femmes et des enfants les hommes bosniaques musulmans, qui ont ensuite été exécutés par les milices serbes) entraîne un profond malaise dans le pays. En mars 1999, les Pays-Bas s’engagent, aux côtés de 13 des 19 membres de l’OTAN, dans l’opération « Force alliée » menée contre la Yougoslavie.

Au niveau européen, les Pays-Bas s’imposent comme un acteur important de la construction européenne. Les traités de Maastricht et d’Amsterdam sont signés sur leur sol. En 1998, forts de leurs performances économiques, les Pays-Bas font naturellement partie des 11 pays choisis pour intégrer le 1er janvier 1999 l’Union économique et monétaire (UEM) et c’est le Néerlandais Wim Duisenberg, président de l’Institut monétaire européen, qui est désigné comme premier président de la Banque centrale européenne (BCE).

Le Parti du travail (PvdA) du Premier ministre Wim Kok est le grand vainqueur des élections législatives de mai 1998. Il remporte 45 sièges sur 150, tandis que les chrétiens-démocrates obtiennent leur plus mauvais score (28 sièges). La reconduction de la coalition donne lieu à de longues négociations et ce n’est qu’en août que Wim Kok présente son gouvernement, dans lequel entrent ultérieurement des libéraux et des réformateurs. Lors des élections européennes de juin 1999, les chrétiens-démocrates obtiennent 26,9 p. 100 des suffrages (9 sièges), tandis que les socialistes (PdvA) recueillent 20,1 p. 100 des voix (6 sièges) et les libéraux 19,7 p. 100 (6 sièges également). Les Verts deviennent le quatrième parti (11,9 p 100 des voix et 4 sièges).

Sur les questions de société, l’incarnation du modèle néerlandais se traduit par deux grandes décisions. En novembre 2000, le processus entamé en 1993 aboutit avec l’adoption par la Chambre des députés d’un projet de loi qui légalise l’euthanasie. Les Pays-Bas sont le premier pays au monde à autoriser cette pratique, en l’encadrant toutefois de critères précis, dits « critères de minutie ». En avril 2001, une autre loi pionnière entre en vigueur, celle qui autorise le mariage entre personnes d’un même sexe et l’adoption d’enfants néerlandais par des couples homosexuels.

En décembre 2001, à quelques mois des élections législatives, le Premier ministre Wim Kok quitte la direction du Parti du travail. Il est remplacé par Ad Melkert. Le 1er janvier 2002, l’euro devient la monnaie officielle des Néerlandais.

5.11

Une crise morale et politique

L’année 2002 est marquée par une succession de crises politiques qui ébranlent le modèle néerlandais. Lors des élections municipales, en mars, la liste présentée par Pim Fortuyn, un leader populiste qui axe son discours sur le rejet de l’immigration, obtient 34 p. 100 des voix. Un mois plus tard, le gouvernement de Wim Kok est confronté à la publication d’un rapport qui met en cause les Casques bleus néerlandais dans le déroulement du massacre de Srebrenica en Bosnie, en juillet 1995. Il remet sa démission à quelques mois des élections législatives. Quelques jours avant le scrutin, Pim Fortuyn est assassiné. Cet événement provoque un très grand choc dans le pays, où un tel événement n’a jamais eu lieu. La Liste Pim Fortuyn (LPF), inexistante trois mois auparavant, arrive en seconde position aux élections législatives de mai (17,1 p. 100 et 26 sièges), derrière les démocrates-chrétiens du CDA (28,2 p. 100 et 43 sièges), bouleversant le paysage politique traditionnel. Le Parti travailliste (PvdA), au pouvoir depuis huit ans, passe de 45 à 23 sièges (14,5 p. 100 des voix). Jan Peter Balkenende, leader du CDA, forme un gouvernement de coalition avec les chrétiens-démocrates du CDA, les libéraux du VVD et quatre ministres issus de la LPF. Mais, en octobre 2002, au bout de 87 jours, un record de brièveté, le gouvernement démissionne à la suite des multiples dissensions qui agitent la LPF, rassemblement hétéroclite privé de son leader charismatique.

De nouvelles élections se déroulent en janvier 2003, qui voient les travaillistes du PvdA remonter à la seconde position avec 27,3 p. 100 des voix (42 sièges) derrière les démocrates-chrétiens du CDA qui en obtiennent 28,6 p. 100 (44 sièges) et devant les libéraux du VVD à 17,9 p. 100 (28 sièges) tandis que la LPF redescend à 5,7 p. 100 des voix (8 sièges). Quatre mois sont nécessaires à la formation d’un gouvernement, dirigé de nouveau par Jan Peter Balkenende. Il réunit le CDA, le VVD et D 66, un parti centriste réformateur, qui détient 6 sièges à la Seconde Chambre. La situation économique s’impose comme la priorité de la nouvelle équipe gouvernementale au moment où les Pays-Bas entrent en récession.

Le 1er juillet 2004, les Pays-Bas assument la présidence de l’Union européenne pour un semestre, au lendemain des élections européennes de juin qui ont vu le CDA et le PvdA obtenir des scores sensiblement égaux (7 élus chacun, sur 27 sièges), devant le VVD (4 sièges). L’actualité politique néerlandaise est marquée à l’automne par l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh par un jeune islamiste néerlando-marocain qui entraîne de nombreux incidents xénophobes et la relance d’un débat tendu sur l’immigration. Dans ce contexte de crise identitaire et économique a lieu le référendum consultatif — le premier de l’histoire des Pays-Bas — sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, le 1er juin 2005. Alors que tous les grands partis ont fait campagne pour le « oui », le « non » recueille 61,6 p. 100 des suffrages, le taux de participation atteignant 62,8 p. 100. Après la France, les Pays-Bas sont le second pays à rejeter ce traité, le gouvernement néerlandais ayant annoncé qu’il tiendrait compte des résultats si le taux de participation dépassait 30 p. 100.

Les élections anticipées de novembre 2006 sont marquées par le succès de la gauche radicale, incarnée par le Parti socialiste (Socialistiche Partij, SP) dirigé par Jan Marijnissen, parti qui avait été très actif dans la campagne pour le non au référendum sur le traité européen et qui obtient 26 élus à la Chambre (+ 17). Si la formation chrétienne-démocrate du Premier ministre sortant ne perd que 3 sièges (CDA, 41 élus), son allié libéral est en recul (VVD, - 6 sièges), de même que le Parti travailliste (PvdA, - 10 sièges). Alors que dix partis politiques sont représentés à la Chambre des députés, de longues négociations sont nécessaires à la constitution d’un gouvernement de grande coalition réunissant l’Appel chrétien-démocrate de Jan Balkenende, qui est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre pour la quatrième fois, et le Parti travailliste ainsi que Christen Unie, un petit parti politique protestant.

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