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Résultats avec Windows Live® Search Carpaccio, VittoreArticle
Plan de l'article
Présentation ; Influences artistiques du Vénitien ; Les œuvres indépendantes ; Les cycles des Scuole de Venise
Carpaccio, Vittore (v. 1460-1526), peintre italien de la première Renaissance vénitienne.
La formation artistique du Vénitien Vittore Carpaccio pose autant de problèmes aux historiens de l’art que l’énigme de sa vie. Deux écoles s’opposent quant aux influences majeures de cet artiste si marginal. Pour certains, Carpaccio appartient à l’école vénitienne classique tant l’influence de Gentile Bellini (avec lequel il a travaillé pour la décoration de la Scuola di San Giovanni Evangelista) et de Lazzaro Bastiani est présente dans ses œuvres. Pour d’autres, les influences sont plus mélangées, plus subtiles. Ainsi la technique picturale d’Antonello da Messina semble présente dans les compositions de Carpaccio. Aurait-il rencontré le maître lorsque ce dernier a séjourné à Venise en 1475-1476 ? Ou est-ce au travers de l’enseignement de ses disciples qu’il aurait eu connaissance de ses travaux ? De même, il semblerait que Carpaccio a approché les peintures des maîtres ferrarais, florentins et flamands, justifiant ainsi le style singulier de son pinceau, même si aucun document n’atteste qu’il a voyagé. Probablement l'un des peintres les plus talentueux de la première Renaissance à Venise, Vittore Carpaccio refuse d'adapter son style à l'évolution picturale du début du XVIe siècle. Imprégné de cette tonalité commune à Gentile Bellini et Andrea da Messina — permettant le passage subtil d’une couleur à une autre —, maître en architecture et perspective — donnant une place prépondérante aux décors fouillés de ses compositions —, Carpaccio s'impose également comme un précieux témoin des atmosphères de son temps et un grand peintre de vedute (paysages urbains). Les cycles picturaux de Carpaccio n’ont cessé de questionner sur la dimension céleste, sur la normalité et l'anormalité, sur la narration du mystère. L’étrangeté onirique des compositions de cet intellectuel, entremêlant avec délicatesse l’imagerie médiévale et la culture humaniste, lui a fait occuper une place en marge dans l'art de la Renaissance.
De la jeunesse de l’artiste datent une Vierge à l’Enfant avec quatre saints (v. 1480, musée de Vicence) et le polyptyque de la cathédrale de Zara. Carpaccio peint ensuite plusieurs œuvres religieuses, notamment le Sang du Christ (1496, musée d’Udine) et une Sainte Conversation (palais des Papes, Avignon). Dans la Méditation sur la Passion du Christ (Metropolitan Museum of Art, New York) et les Lamentations sur le Christ mort (Gemäldegalerie, Staatliche Museen, Berlin), Carpaccio limite au détail la douleur des thèmes relatés et laisse les décors dans une paisible sérénité. Les tableaux des Deux Dames vénitiennes (ou les Deux Courtisanes, v. 1495, musée Correr, Venise) et du Chevalier dans un paysage (1501, collection Thyssen-Bornemisza, Madrid) comportent également moult détails fantaisistes (plantes et animaux à haute valeur symbolique) qui placent les graves et réalistes figures des compositions dans un cadre riant et fabuleux. Enfin, dans l’Adoration de l’Enfant (1505, fondation Gulbenkian, Lisbonne), l’artiste conjugue avec élégance le thème religieux — l’arrivée des mages au second plan, suggérant une Adoration — au portrait nonchalant des deux donateurs, positionnés aux côtés de la Vierge et de l’Enfant, au premier plan. Même s’il compose des œuvres indépendantes, Carpaccio répond alors pour l’essentiel aux commandes de décoration des Scuole de Venise.
En 1488, la confrérie de Sainte-Ursule de Venise (Scuola di Sant’Orsola) commande à Carpaccio une série de compositions retraçant l’histoire de leur sainte patronne. Pour ce faire, l’artiste s’inspire de la vie des saints de Jacques de Voragine, la Légende dorée. Composé de huit tableaux et d’un retable d’autel, le cycle de la Légende de sainte Ursule (1490-1496, Gallerie dell’Accademia, Venise) est considéré comme son chef-d’œuvre : l’Arrivée des ambassadeurs, l’Adieu des ambassadeurs, le Retour des ambassadeurs, la Rencontre des fiancés et le départ en pèlerinage, le Rêve de sainte Ursule, la Rencontre des pèlerins avec le pape Cyriaque, l’Arrivée à Cologne, le Martyr des pèlerins et l’Apothéose de sainte Ursule. C’est avec cette œuvre qui a impressionné par son caractère particulièrement original que s’affirme la singularité de Carpaccio et se révèle sa maturité picturale.
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