Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search drainageArticle
Plan de l'article
drainage, évacuation des eaux de surface ou souterraines excédentaires par des moyens naturels ou artificiels en vue de l’assèchement d’un terrain trop humide ou inondé, afin de le valoriser pour l’agriculture, l’élevage ou la construction.
Le drainage permet de réguler l’humidité excessive des sols, due à leur nature ou à la présence de sources ou de nappes d’eau près de la surface. Cette humidité entraîne nombre d’inconvénients, parmi lesquels une diminution de l’activité biologique de la terre, de mauvais échanges thermiques néfastes sur le développement des cultures, une résistance inférieure des plantations aux sécheresses, une diminution de l’efficacité des engrais, un manque d’oxygène entraînant une asphyxie racinaire, une désagrégation des particules, et une instabilité du sol lui-même. Les travaux agricoles en deviennent malaisés et les plantes sont moins bien alimentées, ce qui a des conséquences négatives sur leur développement. Le drainage des sols permet un assainissement des habitations, une amélioration de la qualité de vie, une diminution, voire une élimination, des nuisances dues à l’humidité, une amélioration des conditions de santé dans les zones humides et une intensification de la production agricole : les rendements s’en trouvent augmentés (en culture céréalière, selon les années, cette amélioration peut varier de 5 à 15 quintaux par hectare), et la dépense en semences, en énergie et en main-d’œuvre est optimisée. Le recours à des pompes pour le refoulement de l’eau, particulièrement dans le cas des sols situés en dessous du niveau des voies d’évacuation de l’eau, est désormais une pratique courante.
Certainement connu des Gaulois et des Romains, et plus encore des peuples asiatiques, qui développèrent très tôt la riziculture, le drainage connut un véritable essor, en particulier à la fin du Xe siècle en Europe de l’Ouest, d’abord sous l’impulsion des moines qui valorisèrent les marécages, puis des princes qui souhaitaient étendre et développer leurs villes, souvent placées en bordure de cours ou de plans d’eau. En France, Bruges, Amiens et Caen en sont des exemples. Les Pays-Bas possèdent l’un des systèmes les plus efficaces et les plus étendus du monde de drainage et d’assèchement des terres. Basse et plate, la plus grande partie du pays est protégée par des digues maritimes et fluviales, dont certaines furent érigées dès le XIVe siècle (voir Polder). On drainait le sol marécageux et on évacuait l’eau au moyen de pompes mues par des moulins à vent. La technique hollandaise, qui permit l’assèchement de vastes surfaces dans l’ouest et le sud de la France au XVIIe siècle, fut perfectionnée par des ingénieurs italiens et français au siècle suivant. Afin d’accroître les rendements agraires et d’améliorer le sort des habitants, plus de 120 000 ha de marécages furent ainsi asséchés et drainés en France, entre 1760 et 1820 (Sologne, Dombes, Languedoc, Landes, Authie), de même qu’en Prusse et en Italie. La disparition du paludisme fut l’une des conséquences de l’élimination de ces eaux stagnantes et marécageuses.
Au début du XXe siècle, on employa le drainage à très grande échelle. Ainsi, entre 1916 et 1934, on assécha plus de 400 000 ha de marais dans la vallée du Tennessee, aux États-Unis. De même, aux Pays-Bas, grâce au drainage d’une partie du lac IJsselmeer, 220 000 ha de terres furent exondées entre 1923 et 1939. Enfin, en Italie, on assécha définitivement les célèbres marais Pontins entre 1928 et 1943. Aux Pays-Bas, un autre programme, le plan du Delta, fut mis en route dans les années 1950. Son but était de protéger le sud du pays des intrusions périodiques de la mer. Il s’acheva en 1986 et coûta 20 milliards de francs. Le procédé d’assèchement, appelé poldérisation, consistait à créer de grands barrages-réservoirs entourés de digues. Ils étaient ensuite pompés pour que la terre ainsi asséchée serve à l’agriculture. Dans ce pays, ce sont largement plus de la moitié des surfaces agricoles qui disposent d’installations de drainage. Ces dernières années, de grands projets de drainage et d’assèchement furent également exécutés dans la vallée de Thessalonique à l’embouchure du fleuve Vardar en Grèce. Aux États-Unis, de grandes régions sont drainées, la plupart converties à l’agriculture ou à l’élevage (bassin inférieur du fleuve Mississippi, Floride, Carolines, Minnesota, Michigan, Iowa). Les pays de l’ex-URSS et la Chine constituent aussi de grands pays du drainage. En revanche, l’Afrique et l’Amérique latine n’ont pas encore exploité cette technique à grande échelle. La valorisation des terres par les techniques de drainage a pu néanmoins donner lieu à des terrains instables. Par exemple, dans les marais de Fens, dans l’est de l’Angleterre, le sol s’est affaissé de 50 cm depuis le début du siècle ; l’aire métropolitaine de Mexico, assise sur un ancien lac marécageux, par un effet cumulé du drainage, du pompage des eaux souterraines et de l’imperméabilité de la surface, s’est enfoncée, depuis l’époque inca, d’une dizaine de mètres déjà. En France, l’aire totale des terrains drainés ne dépassait pas les 5 000 ha en 1960, alors qu’elle atteignait 92 000 ha en 1980. Cependant, 5 à 8 p. 100 de la surface destinée à l’agriculture est équipée d’installations de drainage, contre plus de la moitié en Grande-Bretagne. Pourtant, un terrain convenablement drainé conduit à une hausse de la productivité. En outre, le drainage est moins coûteux qu’auparavant, car il est mécanisé et nécessite donc moins de main-d’œuvre.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |