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Résultats avec Windows Live® Search Zweig, StefanArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le « Monde d’hier » ; Un esprit curieux et ouvert ; Un maître de la forme brève ; Pessimisme et désespoir
Zweig, Stefan (1881-1942), nouvelliste et essayiste autrichien, l’un des maîtres de l’analyse psychologique, dont l’œuvre est le reflet d’un idéal humaniste et d’un esprit de tolérance héritiers des Lumières.
Né à Vienne, Stefan Zweig est issu de la grande bourgeoisie juive libérale, polyglotte et cosmopolite, qui a provoqué l’explosion culturelle de la Vienne « fin de siècle ». Par son père, industriel austère, il a accès à l’anglais et au français ; par sa mère, qui est une Brettauer, famille aristocratique de la banque internationale, il apprend l’italien. Séjournant un semestre à Berlin pour échapper à la surveillance de la « bonne société », il fait l’expérience libératrice de la bohème étudiante. Il soutient en 1904 son doctorat sur Hippolyte Taine, qui le montre sensible au déterminisme de « la race, du milieu, du moment ».
En 1901, il rencontre Theodor Herzl, fondateur du sionisme. Mais, trop cosmopolite et européen pour accepter cette option, en quête d’un « surmoi », il s’enthousiasme successivement pour Émile Verhaeren, Romain Rolland et Freud. Il mène la vie mondaine d’un homme de lettres fortuné : séjours fréquents dans les capitales européennes et pied-à-terre à Vienne, puis près de Salzbourg ; intense travail de traduction ; diffusion et mise en relation des écrivains européens. Son Journal le montre rêvant paradoxalement d’isolement, séducteur, immature et vulnérable. Une biographie enthousiaste de Verhaeren (Émile Verhaeren, 1910) et un recueil de quatre nouvelles, Premiers souvenirs (Erstes Erlebnis, 1911), inaugurent les deux genres littéraires où Zweig devient maître, et « auteur à succès » immédiatement traduit. Brûlant secret (Brennendes Geheimnis, 1911), ou les émois homosexuels d’un jeune garçon, et la Peur (Angst, 1913), entremêlant amours adultères, angoisse à la frontière de la folie, exposent les thèmes de la psychanalyse.
Avec Romain Rolland, il est militant pacifiste pendant la Grande Guerre. Désormais marié à Friderike von Winternitz, Zweig, collectionneur passionné de manuscrits d’écrivains, traque le mystère du génie : comment être Goethe ou Balzac ? Procédant, à partir de 1920, par trilogie de biographies et cycles de nouvelles, il rapproche Balzac, Dickens, Dostoïevski (Trois maîtres, [Drei Meister], 1920), Kleist, Hölderlin, Nietzsche (le Combat avec le démon, [Der Kampf mit dem Dämon], 1925), Casanova, Stendhal, Tolstoï (Trois poètes de leur vie [Drei Dichter ihres Lebens], 1925), la Guérison par l’esprit (Die Heilung durch den Geist, 1931) rassemblant curieusement Anton Mesmer, Marie Baker Eddy et Freud ; il regroupe après-coup ses nouvelles « à la Balzac » : ainsi, Amok (Der Amoklaüfer, 1922), Lettre d’une inconnue (Brief einer Unbekannten), Vingt-quatre heures de la vie d’une femme (Zwanzig Stunden im Leben einer Frau, 1927), la Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle, 1927) deviennent les éléments de la Chaîne (Die Kette, 1931), qui systématise vingt ans de nouvelles. Ces courts romans construits en récit dans le récit suggèrent la cure par la parole. Imitant Freud, Zweig entend explorer les passions troubles, lever les tabous de l’inceste et de l’homosexualité. Mais le succès de ses œuvres lui paraît injustice et malentendu.
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