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AfriqueArticle
Plan de l'article
L’Afrique a vu naître les ancêtres de l’homme moderne. Ils sont apparus il y a quelque sept millions d’années en Afrique orientale. Ce sont des outils (de simples galets utilisés comme broyeurs) qui ont été mis au jour en premier. Puis de nombreux fossiles ont été trouvés, jusqu’à la découverte dans l’Afar, en Éthiopie, du squelette d’un australopithèque appartenant à l’espèce Australopithecus afarensis, dit Lucy, un hominidé de trois millions d’années. Il y a plus de 1,5 million d’années, la région de la Rift Valley voit ensuite apparaître Homo habilis et Homo erectus, des hominidés connaissant des outils de pierre plus élaborés. Homo sapiens, le premier homme véritable, apparaît en Afrique il y a plus de deux cent mille ans, alors qu’il est déjà présent en Europe et en Asie. Voir évolution de l’homme. L’homme préhistorique africain plus récent est moins connu, et ce n’est qu’à partir du Xe millénaire avant notre ère que l’on retrouve une continuité avec notre époque. En 1978, des fouilles dans le massif de l’Aïr, au Niger, et des datations scrupuleuses ont permis de déterminer que, dès cette époque, les Africains ont réussi à maîtriser la technique de la terre cuite de façon autonome. Ce lent processus va aboutir à la découverte des arts du feu et de la métallurgie, que nous connaissons à travers les œuvres en terre cuite de la civilisation Nok (Nigeria, ve siècle av. J.-C.), puis les masques en laiton et en bronze d’Ife et du Bénin (xe-xixe siècles).
La première grande civilisation d’Afrique se forme dans la vallée du Nil, vers 5000 av. J.-C. Chassés du Sahara par la désertification, les agriculteurs néolithiques s’établissent sur les bords du Nil, qui a diminué de volume, et profitent des crues du fleuve comme source d’irrigation, ainsi que des nouveaux sols dégagés par le retrait des eaux. Avec la nécessité de contrôler les crues se met en place un État complexe et organisé, doté des systèmes politique et religieux élaborés. La civilisation égyptienne rencontre les sociétés méditerranéennes, tandis que l’assèchement général du climat la coupe de plus en plus du reste du continent auquel ne la relie plus que la mince vallée du Nil. Dans la haute vallée du fleuve, en Nubie, se développe le royaume de Koush (dont les capitales successives sont Napata et Méroé). Probablement au ier siècle apr. J.-C., l’Afrique est envahie par des populations du sud de l’Arabie (les Sabéens du royaume de Saba), qui s’installent sur le plateau abyssin et fondent le royaume d’Aksoum, embryon de la royauté éthiopienne. Intégrés, puis alliés à la population noire locale, les souverains abyssins entretiennent des relations étroites avec le sud de l’Arabie. Du iiie siècle av. J.-C. au début du ier siècle apr. J.-C., Rome conquiert Carthage, puis l’Égypte et l’ensemble de l’Afrique du Nord, qui devient le grenier à blé de l’Empire romain (Voir province romaine d’Afrique). Lors du partage de l’Empire en 395, toute la partie à l’ouest de la Libye actuelle reste aux mains de l’Empire romain d’Occident, la partie orientale (y compris l’Égypte) étant inféodée à l’Empire romain d’Orient (futur Empire byzantin). Au ve siècle, les Vandales (une tribu germanique) conquièrent une grande partie de l’Afrique du Nord et dominent la région pendant un siècle, avant d’être vaincus par les armées byzantines.
Au viie siècle, dix ans après la mort de Mahomet (lequel meurt en 632), les armées musulmanes envahissent l’Afrique et viennent à bout de la résistance byzantine. Les Arabes soumettent ensuite les États berbères de l’ouest, atteignent l’Atlantique, puis s’établissent sur la péninsule Ibérique (viiie siècle). De nombreux groupes berbères, retranchés dans le massif de l’Atlas et au-delà du Sahara, résistent à la mainmise des conquérants musulmans. Pour leur part, les populations urbaines de la côte nord-africaine (christianisées superficiellement par les Byzantins) embrassent l’islam. Les minorités arabes, s’appuyant sur ces convertis, établissent des principautés en Algérie et au Maroc, créant de l’Indus à l’Atlantique un grand ensemble commercial dans lequel les marchands peuvent circuler et échanger leurs produits en toute liberté grâce à une monnaie d’or, le dinar. La logique pousse ces derniers à développer le commerce transsaharien pour accéder au royaume du Ghana, qui a établi sa notoriété sur l’exploitation des mines d’or du Haut-Sénégal-Niger. Au Soudan oriental, les États chrétiens sont conquis ; seul le royaume chrétien de Nobatia est assez fort pour imposer un traité lui garantissant l’indépendance (qu’il conserve pendant six siècles). Le long de la côte orientale, les commerçants arabes de Mascate et d’Oman, prenant la suite des commerçants indiens du Gujarat, fondent des comptoirs (viiie siècle), qui connaissent la prospérité et la paix jusqu’à l’arrivée de Vasco de Gama, au début du xvie siècle. Le commerce transsaharien s’établit à partir du viiie siècle. Les caravaniers musulmans propagent les valeurs politiques, religieuses et sociales de l’islam, mais ont peu de prise sur les populations noires animistes jusqu’à l’arrivée des Almoravides, qui entreprennent de mettre la main sur le commerce de l’or et d’islamiser la région par la force en lançant une guerre sainte contre les païens (xie siècle). Plusieurs dynasties musulmanes se développent en Afrique du Nord (Almoravides, Almohades, Idrissides, Fatimides en Tunisie puis en Égypte). Au xive siècle, le Soudan chrétien est débordé par les armées des Mamelouks d’Égypte. Les Turcs ottomans conquièrent l’Égypte en 1517 et, en l’espace de cinquante ans, établissent un contrôle nominal sur la côte nord-africaine. Toutefois, le véritable pouvoir reste aux mains des Mamelouks, qui règnent sur l’Égypte. Les Éthiopiens sont submergés par les armées du sultan d’Adal, mais, en 1542, ils repoussent les musulmans avec l’aide des Portugais conduits par le fils de Vasco de Gama.
En Afrique occidentale se forment des royaumes dont l’économie repose sur le commerce transsaharien. L’or et les esclaves sont envoyés vers le nord en échange de tissus et d’outils, tandis que se développent les échanges entre le Sahara qui fournit le sel, la savane qui donne le mil, et la forêt où pousse la noix de cola.
Le premier de ces États, le royaume du Ghana, émerge à partir du ve siècle dans le sud-est de l’actuelle Mauritanie, sur le site de Koumbi Saleh. Vers le début du xie siècle, la cour du Ghana compte des conseillers musulmans. Les marchands musulmans vivent dans des grands quartiers réservés, d’où ils dirigent un commerce lucratif à grande échelle. À la fin du xie siècle, le Ghana est détruit par les Almoravides, une dynastie musulmanes fondée par les Berbères sanhadja. La conquête almoravide prend deux directions : vers le nord, où les musulmans s’emparent du Maroc, fondent Marrakech (vers 1062) et conquièrent l’Espagne musulmane (à partir de 1086) ; vers le sud, où ils s’emparent du Ghana (vers 1076). Au siècle suivant, les Soussou du Fouta-Djalon, anciens vassaux du Ghana, prennent le contrôle de la région, mais doivent se soumettre à l’empire du Mali dont la capitale se trouve à Niani, dans le nord-est de la Guinée actuelle (vers 1240).
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