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MarocArticle
Plan de l'article
Le Maroc est le pays le plus boisé du Maghreb. Les régions montagneuses tournées vers l’Atlantique sont couvertes de forêts (9,8 p. 100 du territoire), comprenant de larges étendues de chênes-lièges, des chênes verts, des genévriers, des cèdres, des sapins et des pins qui bénéficient des pluies de l’automne et de l’hiver, mais les sécheresses, de plus en plus longues dans le Sud, fragilisent cette végétation soumise aux incendies, aux coupes et à l’érosion des sols. Les terres cultivées occupent presque toutes les plaines ; ailleurs, le maquis prédomine. Dans la plaine du Sous, près de la frontière méridionale, on trouve une vaste forêt d’arganiers, des épineux endémiques de l’Afrique du Nord. La végétation dans les vallées des oueds présahariens est identique à celle des zones arides de la région ; dans les oasis, cultures maraîchères et arbres fruitiers prospèrent à l’ombre des palmiers-dattiers. Le Maroc, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, possède une faune diversifiée. Les mosaïques romaines de Volubilis témoignent de la présence d’éléphants, aujourd’hui disparus, et de lions, dont les derniers spécimens vivaient encore dans l’Atlas au XIXe siècle. On rencontre encore des espèces comme le renard, le lapin, la loutre et l’écureuil, mais aussi la gazelle, le phacochère, la panthère, le babouin et la vipère cornue.
En 2008, la population marocaine était estimée à 34,3 millions d'habitants, soit une densité moyenne de 77 habitants au km² ; mais les Marocains sont inégalement répartis sur le territoire : les régions côtières et les plaines du Nord enregistrent les plus fortes densités. La population connaît un fort taux d’accroissement : en 2008, le taux de natalité a été évalué à 21,30 p. 1 000, le taux de mortalité à 5,50 p. 1 000, l’indice de fécondité à 2,57 enfants par femme ; l’espérance de vie est de 71,5 années. Selon ces différentes prévisions, le Maroc devrait compter 42 millions d'habitants en 2025. La structure de la pyramide des âges contribue à alimenter le malaise social dans un pays où le chômage est élevé : pour la période 1995-2000, la part des moins de 15 ans dans la population totale est estimée à 36 p. 100, celle des individus âgés de 65 ans et plus, à 5,1 p. 100. Le Maroc est une terre d’émigration : environ 1,8 million de ressortissants marocains vivent à l’étranger, notamment en France (575 000), en Italie (200 000) et en Belgique (120 000). La population, d’origine berbère, a été islamisée par les conquérants arabes à partir du VIIIe siècle. Avec l’essor des villes, certains des autochtones ont abandonné leur mode de vie traditionnel et ont adopté la langue et les coutumes des nouveaux arrivants. Aujourd’hui, les Berbères, ou Imazighen (« hommes libres »), vivent plutôt dans les zones rurales et, depuis la fin des années 1980, revendiquent leur spécificité culturelle ; les populations arabes sont plutôt citadines. Toutefois, le clivage entre les communautés est loin d’être aussi évident, car de nombreux mariages entre Arabes, Berbères et Noirs africains, depuis un millénaire, ont largement métissé la population et le fait de parler berbère ne s’oppose pas fondamentalement au fait d’appartenir également à la civilisation arabe. Le nombre de Sahraouis, des Berbères pour la plupart, appartenant pour beaucoup à la confédération des Regueibat, est contesté par les différentes parties en conflit au Sahara-Occidental. Il varie de 170 000 à 1 million, ce dernier chiffre étant avancé par le front Polisario, qui prend en compte les Sahraouis réfugiés à l’extérieur du territoire marocain. Environ 100 000 Européens (dont 25 p. 100 de Français) vivent au Maroc, ainsi qu’une minorité juive descendant de l’importante communauté qui a émigré en France ou en Israël dans les années 1960 et 1970.
Le pays est divisé en 16 régions économiques subdivisées en provinces et en préfectures urbaines. Les provinces marocaines sont administrées par des préfets nommés par le roi et soumis au gouvernement central. Chaque province est divisée en « cercles », eux-mêmes subdivisés en « circonscriptions ». La répartition de la population entre zones rurales et zones urbaines est relativement équilibrée : en 2005, 59 p. 100 des Marocains étaient citadins. Rabat, la capitale et l’une des plus grandes villes du Maroc, est située sur la côte atlantique (717 000 habitants, estimation 1992). Casablanca (2,1 millions) est la ville la plus importante du pays et son premier port ; Marrakech (618 000 habitants) et Fès (573 000 habitants) sont les grands pôles du commerce marocain. Tanger (592 000 habitants) contrôle le détroit de Gibraltar. Le gouvernement incite la population marocaine à s’établir au Sahara-Occidental, dont la ville principale est El-Aïun (Laayoune).
Le Maroc est une monarchie héréditaire, régie par la Constitution de 1972, révisée en 1980, en 1992, puis en septembre 1996. Le monarque, qui doit être de sexe masculin, est le chef spirituel et temporel ; chef de l’État, il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement. Le roi a le pouvoir d’ordonner la révision de mesures législatives et de dissoudre l’Assemblée. Il commande également les forces armées. Une révision de la Constitution a introduit le bicamérisme du Parlement, composé depuis septembre 1996 de la Chambre des représentants, dont les membres sont élus pour six ans au suffrage direct, et de la Chambre des conseillers, nouvel organe, élu par les représentants des collectivités locales, des organisations professionnelles, et des salariés. La nouvelle Constitution a élargi les compétences du corps législatif, en même temps qu’était créée une Cour constitutionnelle.
Le système politique marocain repose sur un multipartisme qui connaît toutefois des limites, liées à la prééminence du roi. Le Mouvement populaire constitutionnel démocratique (MPCD), parti conservateur fondé en 1959, le Rassemblement national des indépendants (1978), l’Union constitutionnelle (1983) et le Parti national démocratique (1981) sont les principaux partis pro-gouvernementaux. Parmi les forces d’opposition se trouvent l’Istiqlal (« indépendance »), parti nationaliste fondé en 1943, l’Organisation de l’action démocratique et populaire (OADP), le parti du Progrès et du Socialisme (PPS). En 1998, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), grand parti de gauche généralement dans l'opposition, accepte la nomination de leader, Abderrahmane Youssoufi, au poste de Premier ministre. En juin 1996, le roi Hassan II autorise l’entrée d’islamistes modérés au sein du MPCD. Les mouvements islamistes demeurent étroitement contrôlés, voire réprimés. Le souverain, désireux d’introduire un système en alternance, multiplie, à partir de 1990, les tentatives d’ouverture politique en direction de l’opposition. Les principaux partis ne veulent cependant pas participer au gouvernement formé en février 1995, le roi ayant refusé les conditions posées en préalable : révision constitutionnelle, nouvelles élections et départ du ministre de l’Intérieur, Driss Bari, dont le nom fut souvent associé aux violations des droits de l’homme par les autorités marocaines. Cette situation a connu récemment de profonds bouleversements. En 1996, un référendum ratifie la Constitution marocaine. Au début de 1997, une charte est signée entre le pouvoir et l’ensemble des formations politiques en vue de la tenue d’élections libres et régulières. Les élections locales se tiennent en juin 1997, les élections législatives le 14 novembre 1997. L’USFP devient la première force politique du pays, le RNI maintenant ses positions, alors que l’Istiqlal est le grand perdant. Abderrahmane Youssoufi est désigné par le roi Hassan II, en février 1998, au poste de Premier ministre. En mars, il fait connaître la composition de son cabinet, qui comprend 48 membres. Au plan de la répartition partisane, l’USFP s’est réservé 14 sièges, contre 6 au RNI et à l’Istiqlal. Le PPS (parti du Progrès et du Socialisme) et trois autres partis d’opposition sont aussi associés au pouvoir. Le Maroc vit ainsi une expérience inédite de transition et d’alternance politique. Après le décès d'Hassan II, le 23 juillet 1999, son fils aîné Sidi Mohammed, âgé de 36 ans, monte sur le trône sous le nom de Mohammed VI. L'acte le plus significatif de la politique d'ouverture menée par Mohammed VI est le limogeage, en novembre 1999, de Driss Basri, ministre de l'Intérieur, symbole des aspects les plus dictatoriaux du roi défunt. Mohammed VI conserve le premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi et garde la haute main sur la direction de l'armée. Le processus de transition démocratique aboutit en septembre 2002 à la tenue d’élections législatives transparentes visant à remplacer le gouvernement d’alternance d’Abderrahmane Youssoufi. Sur les 325 sièges de la Chambre basse du Parlement, la principale formation du gouvernement sortant, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), arrive en tête avec 50 sièges, suivie de l’Istiqlal, qui remporte 48 sièges. L’autre parti de la coalition gouvernementale au pouvoir, le Rassemblement national des indépendants (RNI), de centre droit, n’arrive, avec 41 sièges, qu’en 4e position, derrière le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste, qui recueille 42 sièges. Le nouveau Premier ministre, Driss Jettou, sans étiquette politique, forme un gouvernement dans la continuité du précédent gouvernement d’alternance, avec l’USFP et l’Istiqlal dominant une large coalition gouvernementale, dont sont exclus les islamistes du PJD.
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