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Maroc

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Maroc : drapeau et hymneMaroc : drapeau et hymne
Plan de l'article
4.5

Commerce extérieur

Avec 14,2 milliards de dollars d’exportations et 8,78 milliards de dollars d’importations, la balance commerciale du Maroc était déficitaire en 2003.

Le Maroc exporte essentiellement des phosphates et des produits dérivés, des agrumes, du blé, du poisson. Ses principaux partenaires commerciaux sont les pays de l’Union européenne (67,9 p. 100 des importations, 70,9 p. 100 des exportations, dont 30,4 p. 100 vers la France), les États-Unis (5,4 p. 100), les pays en voie de développement (22,8 p. 100 des importations, 18,9 p. 100 des exportations).

5

Histoire

5.1

Les origines

Le Maroc est riche en vestiges paléolithiques (galets aménagés, bifaces acheuléens, faciès moustériens), dont des pointes atériennes spécifiques de l’Afrique du Nord (jusqu’à moins 10 000 ans environ) et du Sahara.

Les populations qui s’installent peu après dans la région sont probablement originaires d’Europe et d’Asie, et donnent naissance aux ancêtres des Berbères. On sait peu de choses de ces peuples, dont la langue dite libyque est quasi indéchiffrable et présente des similitudes avec le Tifinagh des Touareg.

L’histoire du Maroc est d’abord celle d’établissements étrangers dans les zones littorales ; les Phéniciens fondent des comptoirs de commerce sur la côte méditerranéenne d’Afrique du Nord au VIIe siècle av. J.-C. sur des sites portant des noms d’origine berbère et devenus de grands ports, tels Tingi (Tanger), Casablanca ou Russadir (Melilla). Bien que l’on attribue aux Carthaginois l’introduction du fer et la culture de la vigne, la civilisation phénicienne reste marginale, et son influence semble ne pas avoir beaucoup pénétré à l’intérieur des terres où des royaumes berbères sont fondés : celui de Maurétanie, apparu au IVe siècle av. J.-C. dans le nord du Maroc, et celui des Masaesyles, à l’est.

5.2

Rome et Byzance

La conquête de Carthage par l’Empire romain au IIe siècle av. J.-C. assure aux Romains la domination de tout le littoral africain baigné par la Méditerranée jusqu’au détroit de Gibraltar.

De cette époque date pratiquement le partage territorial du Maghreb entre ce qui, plus tard, allait devenir le Maroc et l’Algérie. Les Romains s’allient avec Bocchus, le roi berbère qui règne sur toute la région à l’ouest de la Moulouya, pour briser la résistance de son gendre Jugurtha, qui domine l’Algérie. Jugurtha est vaincu définitivement en 105 av. J.-C. Durant la période romaine, la région est mise en valeur : des routes sont construites, des villes, telle Volubilis, sont fondées. L’agriculture se développe, tandis que le commerce prospère.

De 25 à 23 av. J.-C., Juba II, un souverain berbère, administre la Maurétanie (Algérie, Maroc). Vers 42 apr. J.-C., l’empereur Claude Ier annexe l’ensemble de la Maurétanie à l’Empire romain ; elle est divisée en deux provinces, séparées par la Moulouya : la Maurétanie Tingitane (de Tanger), correspondant au Maroc actuel, et que dirige le fils de Juba, Ptolémée, et la Maurétanie Césarienne (l’Algérie). Les Romains, qui ne contrôlent véritablement que la partie septentrionale du pays (Volubilis) en raison de l’hostilité des montagnards berbères, se replient sur la région de Tanger, qui est rattachée, sous le règne de Dioclétien, à l’Espagne méridionale (285).

En 429, le Maroc subit l’invasion des Vandales, qui se fondent dans les populations locales. Le général byzantin Bélisaire reprend la région en 533 et y impose les lois de l’Empire byzantin. Néanmoins, cette reconquête est limitée dans l’espace, seul le Nord est solidement tenu.

5.3

La conquête arabe

Après la conversion de l’empereur Constantin Ier le Grand, au IVe siècle, le christianisme s’est développé dans les régions romanisées, c’est-à-dire essentiellement les villes et les plaines côtières. Cependant, ces régions qui supportent mal l’omnipotence des fonctionnaires de l’Empire et l’extrême centralisation du système, vont faire bon accueil aux idées d’indépendance financière et commerciale apportées par l’islam.

Il semble que, dans leur offensive contre les Byzantins, les troupes arabo-musulmanes conduites par Oqba ibn Nafi atteignent l’Atlantique dès 681. Mais les tribus berbères montagnardes (confédération des Masmouda, établis dans le Haut-Atlas occidental, l’Anti-Atlas, le Rif et les plaines atlantiques, des Sanhadja, du Moyen-Atlas, et des Zenata, du Maroc oriental), qui n’ont pas plus accepté la domination de Byzance que celle de Rome, les obligent à se replier.

La véritable conquête commence une vingtaine d’années plus tard, entre 705 et 707, sous la direction de Musa ibn Nusayr qui sait habilement jouer des clivages entre tribus berbères. Prônant l’égalité entre tous les croyants, les tenants de la nouvelle religion manquent de cadres administratifs ; ils les trouvent souvent chez les mawalis (affranchis, clients), lettrés chrétiens et juifs autochtones, des Berbères pratiquant le judaïsme, dont beaucoup finissent par se convertir, échappant ainsi à l’imposition qui touche les dhimmis — les gens du Livre, chrétiens et juifs, protégés par l’islam, mais soumis à des taxes pour compenser l’interdiction qui leur était faite de porter les armes. L’implantation arabe est cependant longue et difficile.

Plusieurs dynasties musulmanes, se référant pour des raisons religieuses et de prestige à une origine arabe, règnent alors sur le pays. Pourtant, la résistance à l’islamisation et à la domination arabe est vive dans certaines régions berbères. Elle prend notamment la forme du kharijisme, un mouvement musulman contestataire et égalitaire s’appuyant sur une stricte lecture du Coran et récusant le mode de succession du califat, qui privilégie l’appartenance à la lignée du Prophète ou à celle des premiers compagnons (Ansars). En 742, une révolte ébranle les montagnes marocaines. Dans le Tafilalet (région actuelle d’Erfoud, dans le Sud-Est), un royaume kharijite subsiste longtemps avec pour capitale Sijilmassa, comptoir commercial au croisement des routes d’échanges entre les empires de l’Afrique noire — Ghana puis Mali — et le monde musulman.

En 788, Idris Ier, descendant d’Ali, gendre du Prophète, qui a fui l’Arabie, fonde la dynastie des Idrissides. C’est de cette époque que date la fondation de la ville de Fès, qui devient un important centre religieux et intellectuel sous le règne d’Idris II. À sa mort en 828, le royaume idrisside entre dans une période de déclin. Alors que l’Est subit les raids des nomades, les Fatimides chiites d’Égypte et les Omeyyades de Cordoue, profitant des divisions internes qui affaiblissent la dynastie, rivalisent pour étendre leur domination sur le Maroc. Les Fatimides portent le coup fatal à la dynastie idrisside en 917 ; le redressement se produit depuis le Sahara.

5.4

Les premières dynasties berbères

Les Almoravides (de l’arabe al-Murabitun ; le murabit est celui qui pratique la défense de l’islam par les armes et mène une vie pieuse, les ribat sont des couvents fortifiés installés sur la ligne de front entre l’islam et les non-musulmans), guerriers rigoristes de l’islam, dont le mouvement est né dans le sud de la Mauritanie actuelle parmi les nomades Sanhadja, vont dominer la région à partir de 1062, date à laquelle ils fondent Marrakech, au carrefour des routes commerciales entre le monde arabe et le Sahara. Leur expansion se fait à la fois en direction de l’Espagne musulmane, où ils ont été appelés par une des factions musulmanes au pouvoir, et de l’Afrique noire. En 1086, ils battent, à Zellaca, le roi Alphonse IV. Au sud, ils emportent, en 1077, une victoire décisive sur l’empire du Ghana, prenant ainsi le contrôle du commerce de l’or.

Au début du XIIe siècle, l’empire almoravide comprend l’Espagne musulmane, le Maghreb occidental et central ainsi que le Sahara. Mais un nouveau mouvement réformateur, lancé par Ibn Tumart dans la première moitié du XIIe siècle, se dresse contre eux. Ce dernier lutte contre toute déviation et prêche l’unicité de Dieu. La venue au pouvoir de ses disciples, les Almohades (de l’arabe al-muwahhidun, les Unitaires) en 1147, marque le triomphe des Berbères sédentaires de l’Anti-Atlas sous l’égide d’Abd al-Moumin (1130-1163). À l’apogée de leur puissance, les Almohades exercent leur autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, ainsi que sur une partie du Portugal et de l’Espagne. Le Maghreb musulman en profite pour se libérer également de la tutelle de l’Orient.

En 1212, la bataille de Las Navas de Tolosa, sur le sol espagnol, au cours de laquelle les armées chrétiennes vainquent les troupes musulmanes, marque le début du déclin des Almohades et de l’Espagne musulmane. Les Beni Merin, des Berbères arabisés qui ont été poussés vers le sud du Maroc par les invasions arabes, en profitent pour se soulever. En 1269, les Mérinides parviennent à s’imposer sur le trône ; ils fixent leur capitale à Fès, qu’ils font doubler par une nouvelle cité, Fès el-Djedid (Fès-la-Neuve). Les Mérinides ne peuvent cependant maintenir l’empire maghrébin des Almohades. Ils perdent le contrôle des routes sahariennes et s’engagent dans de coûteuses opérations militaires dans la péninsule Ibérique, luttant contre l’avancée des princes chrétiens ou prenant parti dans les conflits entre princes musulmans. La Reconquista (« reconquête ») gagne bientôt le territoire marocain lui-même. Espagnols et Portugais se partagent les côtes en zones d’influence : les rivages méditerranéens reviennent à l’Espagne, et le littoral atlantique échoit au Portugal. En 1415, le port de Ceuta est pris aux musulmans andalous par les Portugais ; Melilla tombe aux mains des Espagnols en 1497.

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