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États-UnisArticle
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Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
La langue officielle des États-Unis est l’anglais, parlé par la majorité des Américains. Toutefois, près de 47 millions de personnes sur un total de 262 millions d’habitants (recensement de 2000) utilisent une autre langue dans leur foyer. Plus de la moitié d’entre eux communiquent en espagnol (28 millions d’hispanophones), notamment en Arizona, au Texas, en Californie et au Nouveau-Mexique. Les autres langues sont le français (pratiqué en Louisiane par les Cajuns et dans le Maine), les langues amérindiennes (navajo, hopi, etc.) et celles des principales communautés d’immigrés (chinois, japonais, italien, allemand, etc.). Les principales religions sont le protestantisme (52 %), le catholicisme (24 %), le mormonisme (2 %), le judaïsme (1 %) et l’islam (1 %). 10 % de la population déclare une autre religion et 10% n’en déclare aucune (estimation de 2002). Les principales Églises protestantes sont baptistes ou méthodistes. Au début de la colonisation, les colonies anglaises d’Amérique du Nord constituent un refuge contre l’intolérance religieuse en Europe. Un grand nombre de sectes et de croyances s’y épanouissent, comme celle fondée en Pennsylvanie par le quaker anglais William Penn. En Nouvelle-Angleterre se développe, à partir de 1620, le congrégationalisme, fondé par des séparatistes (voir Pères Pèlerins) et des puritains, dissidents de l’Église anglicane. Jusqu’en 1691, la colonie de Plymouth, fondée par les Pères Pèlerins, est une théocratie. Son intolérance religieuse à l’égard des non-congrégationalistes, tels que les baptistes et les quakers, amène l’un d’eux, Roger Williams, à quitter la colonie, en 1636, et à fonder la colonie de Providence (Rhode Island), ouverte à toutes les croyances religieuses. En 1639, Roger Williams y établit la première Église baptiste d’Amérique. Les premiers juifs débarquent, dès 1654, à La Nouvelle-Amsterdam (aujourd’hui New York), fondée en 1625 par les Hollandais, qui y maintiennent les croyances et les pratiques de l’Église réformée. Le luthéranisme se développe en Pennsylvanie, dans la colonie de New York et au Delaware tandis que, plus au sud, c’est le presbytérianisme qui connaît une grande diffusion, à la fin du xviie et au début du xviiie siècle. L’Église anglicane reste, en revanche, l’Église officielle dans les colonies du Sud. Elle est imposée plus tard au Maryland, qui a été colonisé au xviiie siècle par des catholiques sur l’initiative de la famille Calvert. Le mouvement « Revival of Religion » (ou « Réveil »), prônant un retour à la foi originelle, exerce, au milieu du xviiie siècle, une grande influence sur les différentes religions protestantes des colonies américaines. Les principaux « réveils » aux États-Unis sont le méthodisme et le « Grand Réveil », fondé en 1740 par le congrégationaliste Jonathan Edwards et qui se diffuse dans les églises baptistes. Jusque dans la première moitié du xixe siècle, la population des États-Unis reste majoritairement protestante. À partir des années 1820, le nombre de catholiques s’accroît rapidement avec l’arrivée massive d’immigrants irlandais (plus de 1 million entre 1845 et 1855), puis, au cours de la seconde moitié du xixe siècle, avec les vagues d’immigration en provenance des pays du sud et de l’est de l’Europe (Italie, Autriche, Hongrie, Pologne). L’afflux massif d’immigrés d’origine latino-américaine (+ 700 000 par an au milieu des années 2000), qui constituent depuis la fin du xxe siècle la première minorité ethnique des États-Unis, renforce la présence du catholicisme puisque ceux-ci sont catholiques à 70 %. Parmi les développements religieux du xixe siècle, citons la fondation de plusieurs cultes d’origine américaine tels que l’Église des mormons, la Science chrétienne, l’Église adventiste du Septième jour et les témoins de Jéhovah.
L’éducation scolaire est assurée, de la maternelle au secondaire, par des établissements scolaires publics ou privés. L’enseignement élémentaire et secondaire s’étend sur douze années et est sanctionné par un diplôme. La responsabilité de l’enseignement public est décentralisée au niveau des États fédérés (financements, programmes scolaires, etc.). En 2001, 1,9 % du budget était consacré aux dépenses d’éducation. Rapportées au PIB, les dépenses publiques et privées consacrées à l’éducation (plus de 7 % en 2003) sont supérieures à la moyenne des pays de l’OCDE (6,3 %). Les dépenses privées sont parmi les plus élevées des pays de l’OCDE (elles y dépassent 30 % du financement total des établissements d’enseignement supérieur). C’est aux États-Unis que les dépenses totales sont les plus élevées par élève du secondaire (plus de 9 000 dollars contre une moyenne de 7 000 dollars pour les pays de l’OCDE en 2005) et surtout par étudiant (plus de 20 000 dollars par an contre une moyenne de plus de 10 000 dollars, soit le double). La ségrégation raciale appliquée dans les écoles (ségrégation scolaire) était une pratique courante, surtout dans les États du Sud, jusqu’en 1954, date à laquelle elle a été déclarée illégale par la Cour suprême des États-Unis (à tous les niveaux scolaires). Entre les années 1960 et les années 1980, de grands progrès ont été accomplis vers la non-ségrégation, même si une ségrégation de fait était encore largement répandue en ville et dans les banlieues. Le mouvement en faveur de la non-ségrégation a marqué le pas à partir de la réintroduction de la carte scolaire dans les années 1990, impliquant l’inscription des enfants noirs ou hispaniques dans les écoles de leurs quartiers, dont la population est majoritairement non blanche. Ainsi, au milieu des années 2000, plus de 70 % des élèves noirs seraient inscrits dans des écoles à majorité non blanche et un tiers d’entre eux dans des écoles comprenant 90 à 100 % d’enfants issus de minorités ethniques. En 2007, la Cour suprême a rejeté la discrimination positive à l’école pour garantir la mixité raciale dans les établissements scolaires. L’enseignement supérieur est payant et souvent très coûteux. Les premiers établissements ont été créés dès la seconde moitié du xviie siècle. Parmi les universités les plus prestigieuses figurent l’université Harvard (Cambridge, Massachusetts), le California Institute of Technology (Caltech) à Pasadena, l’université Yale (New Haven, Connecticut), l’université de Stanford (Palo Alto, Californie), l’université du Michigan, l’université Columbia (New York), l’université de Californie (Berkeley, Los Angeles), l’université du Texas (Austin), l’université d’État de Pennsylvanie (Penn State University), le Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge, l’université de Chicago et l’université de Princeton (New Jersey). Les États-Unis possèdent également de célèbres écoles d’enseignement artistique comme par exemple la Juilliard School (New York).
Les États-Unis sont une démocratie présidentielle. Complétée peu à peu par 27 amendements, mais non modifiée dans son essence, la Constitution de 1787 n’a cessé jusqu’à nos jours de régir le fonctionnement des institutions américaines. Elle a servi de modèle à de nombreux pays. Reposant sur le fédéralisme et la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire), elle établit le partage des responsabilités entre les États fédérés et l’État fédéral. Elle est marquée par la volonté de protéger les citoyens contre tout abus de pouvoir. La Constitution peut être amendée par un vote à la majorité des deux tiers de chaque chambre du Congrès. Les dix premiers amendements, connus sous le nom de Déclaration des droits (Bill of Rights), ont été adoptés en 1791. Ils établissent, entre autres, la liberté de parole, de religion, de la presse ou encore de réunion. Dix-sept autres amendements ont été adoptés entre 1795 et 1992, parmi lesquels l’abolition de l’esclavage et l’établissement d’un impôt sur le revenu.
Le pouvoir exécutif est détenu par le président, élu pour un mandat de quatre ans au suffrage universel indirect en même temps qu’un vice-président. Le 22e amendement (1951) limite le cumul à deux mandats. Le président détient seul le pouvoir exécutif. Il est à la fois le chef de l’État, le chef du gouvernement et le chef des armées. Il réside à la Maison-Blanche et est assisté d’un cabinet, constitué par les secrétaires en charge des différents ministères (appelés Departments) et de quelques autres officiels, tels que le directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) et l’ambassadeur américain auprès des Nations unies. Les services chargés de l’exécutif sont : l’Office of Management and Budget, qui prépare les budgets et contrôle les dépenses, le National Security Council, qui s’occupe de la défense nationale, et le Council of Economic Advisers, qui conseille le président en matière économique. Le pouvoir exécutif du gouvernement est organisé en 14 départements : l’État (soit les Affaires étrangères), le Trésor, la Défense, la Justice, l’Intérieur, l’Agriculture, le Commerce, le Travail, la Santé et les Services sociaux, l’Éducation, le Logement et le Développement urbain, le Transport, l’Énergie et les Anciens Combattants.
Le pouvoir législatif est détenu par le Congrès, formé de deux Chambres : le Sénat (100 membres), qui représente les États (2 sénateurs par État), et la Chambre des représentants (435 membres), qui représente la population. Les sénateurs sont élus pour six ans au suffrage universel direct et renouvelable par tiers, tous les deux ans. Le nombre des représentants varie selon la démographie de chaque État. La Californie, l’État le plus peuplé, possède le plus grand nombre de représentants (53) ; plusieurs États comme le Delaware et le Vermont n’en comptent qu’un seul. Le président possède un droit de veto sur les lois votées par le Congrès. Ce veto peut toutefois être contré par un vote à la majorité des deux tiers des membres du Congrès.
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