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États-UnisArticle
Plan de l'article
Les États-Unis sont devenus la première puissance économique mondiale au début du XXe siècle, à l’issue de la première révolution industrielle et agricole. À la prospérité et à l’euphorie des années 1920 succède la grande crise économique des années 1930. L’économie américaine, stimulée par la politique du New Deal puis par l’effort de guerre, renoue avec la prospérité durant la Seconde Guerre mondiale. Modèle du capitalisme mondial au lendemain de la guerre, jouissant d’une suprématie économique incontestée, les États-unis connaissent alors une très forte croissance. La production industrielle double en quinze ans. Les firmes multinationales américaines conquièrent des positions clés en Europe et en Amérique latine tandis que les services (banques, assurances, commerce, administration) connaissent un développement exceptionnel. Toutefois, la rapidité de la croissance et la compétitivité nouvelle de l’Europe et du Japon, le déficit croissant et chronique de la balance des paiements américaine (à partir des années 1960) et de la balance commerciale (à partir des années 1970) entraînent un déclin relatif mais régulier de l’économie américaine. Le PIB des États-Unis ne cesse de croître, mais la part du pays dans la production mondiale diminue. En 1945, le PIB américain (213 milliards de dollars) représente la moitié du PIB mondial ; en 1995, 7 246 milliards de dollars, les États-Unis n’ont produit que le quart de la richesse mondiale. L’aggravation du déficit budgétaire, liée à une forte augmentation des dépenses publiques (sociales sous Carter, militaires sous Reagan), entraîne par ailleurs une forte croissance de l’endettement national. Premier créancier du monde au début des années 1980, les États-Unis sont devenus aujourd’hui les premiers débiteurs (dette brute en 1997 : 61,5 p. 100 du PIB). Avec un taux de croissance de 3,4 p. 100 en moyenne au cours des années 1990, les États-Unis connaissent une phase d’expansion d’une durée exceptionnelle et semblent sortis de la grave récession des années 1989-1992. Le déficit budgétaire est alors considérablement réduit, passant de 290 milliards de dollars en 1992 à 107 milliards de dollars en 1996, le budget devenant même excédentaire en 1998, pour la première fois depuis trente ans. Pourtant, à la suite du retournement de conjoncture du printemps 2001, amplifié par les attentats du 11 septembre 2001 et suivi d’une série de scandales financiers, la récession menace l’économie américaine, qui connaît alors une croissance d’environ 1 p. 100 en 2002 et le plus fort taux de chômage depuis près de dix ans. Mais, grâce à la relance de la demande intérieure obtenue par des baisses d’impôts et de très faibles taux d’intérêts, la puissance américaine renoue avec la croissance, qui atteint 4,4 p. 100 en 2004. C’est le taux le plus élevé depuis 1999 mais, parallèlement, les déficits s’envolent : le déficit budgétaire atteint 370 milliards de dollars et celui de la balance des paiements courants plus de 540 milliards de dollars, à quoi s’ajoute le coût de l’occupation militaire de l’Irak.
Les États-Unis sont le pays du libéralisme économique et du capitalisme : le principe du « laisser-faire », la concurrence, l’économie de marché et la libre entreprise sont les moteurs de l’économie américaine. Sa puissance repose à la fois sur un vaste marché intérieur et sur une internationalisation très poussée, grâce aux investissements massifs des grandes multinationales américaines à l’étranger. Les intérêts des États-Unis sont présents sur tous les continents. Les grandes firmes américaines contrôlent une partie des ressources agricoles et minières des pays du tiers-monde : exploitation du pétrole, du fer, de la bauxite et du cuivre du continent africain, production bananière au Guatemala, du fer et du manganèse au Brésil, ainsi que d’une partie des industries du Mexique, depuis la mise en place des maquiladoras. Certains dénoncent cette mainmise américaine et parlent d’exploitation économique du tiers-monde. Dans les pays industrialisés (Europe, Canada), les investissements américains concernent surtout les industries manufacturières. À l’inverse, le marché intérieur américain est largement ouvert aux importations et aux investissements étrangers (Japon, Grande-Bretagne). La force de l’économie américaine, aujourd’hui, ne repose pas seulement sur son internationalisation, mais aussi sur sa suprématie technologique. Celle-ci est fondée sur l’importance des crédits consacrés à la recherche-développement (2,5 p. 100 du PIB en 1996) et sur le travail de quelque 5 millions de chercheurs et d’ingénieurs. Cet effort est partagé entre un réseau d’universités prestigieuses et les firmes industrielles, qui travaillent en étroite collaboration. Pays de prix Nobel, les États-Unis attirent des chercheurs du monde entier (« Brain Drain »). Le secteur « quaternaire », qui regroupe les travailleurs les plus qualifiés (chercheurs, ingénieurs), emploie désormais plus de personnes que l’agriculture.
Aux début des années 1990, dans le cadre de la mondialisation des échanges et compte tenu de l’ouverture du marché américain aux produits étrangers, les États-Unis ont entamé une vaste négociation (Uruguay Round) sur les échanges internationaux, dans le cadre du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, aujourd’hui Organisation mondiale du commerce ou OMC). Celle-ci a finalement débouché sur une série d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 1994, est entré en application l’Accord de libre-échange nord américain (Alena ou NAFTA). Celui-ci marque l’abolition des barrières douanières entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui forment désormais un marché unique de 388 millions de consommateurs. À ce jour, l’Alena a eu un effet très bénéfique, en stimulant fortement les échanges à l’intérieur des trois États membres. Mais les États-Unis, favorables à l’établissement d’un grand marché commun continental, de l’Alaska à la Terre de Feu, souhaitent aller plus loin et poussent à l’ouverture des marchés en Amérique latine. Lors du premier Sommet des Amériques en décembre 1994, Bill Clinton s’est prononcé en faveur de la création d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) d’ici 2005. Malgré la réticence des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), le processus de négociations a été lancé à l’issue du deuxième Sommet des Amériques, en avril 1998, et réaffirmé lors du troisième Sommet en avril 2001 à Québec.
Les PME (petites et moyennes entreprises) sont très nombreuses, notamment dans le domaine des services et dans celui de la sous-traitance. Toutefois, une grande partie de la population active travaille dans des firmes employant plus de 100 personnes, qui rassemblent plus de 40 p. 100 des salariés. La concentration est très importante dans l’industrie et dans la finance. On observe une tendance à l’oligopole, c’est-à-dire au contrôle des marchés par un nombre réduit de grandes sociétés. La concentration des entreprises se poursuit, mais ses conséquences humaines (licenciements massifs ou downsizing) sont de plus en plus mal acceptées. À la fin des années 1980, les États-Unis possédaient 44 des 100 premières firmes industrielles du monde. Au palmarès des chiffres d’affaires réalisés en 1997, 4 d’entre elles figuraient parmi les 10 premiers groupes mondiaux : General Motors, Ford Motors, Exxon et Wal-Mart. Il existe aux États-Unis, depuis la fin du xixe (loi Sherman, 1890) et le début du XXe siècle (loi Clayton, 1914), une législation antitrust visant à éviter une concentration excessive pouvant conduire à l’établissement d’un monopole. La tendance aujourd’hui est aux conglomérats, qui ajoutent, aux formes traditionnelles de concentration horizontale et verticale, une diversification des activités. Parmi les plus grands conglomérats figurent United Technologies, International Telegraph and Telephone (ITT) ou encore Textron.
Depuis le New Deal, l’État fédéral a multiplié et diversifié ses interventions. Les démocrates sont, dans ce domaine, plus interventionnistes que les républicains. Ces derniers défendent les milieux d’affaires et sont favorables, par leur programme (« moins d’État, moins d’impôts ») à la déréglementation administrative et au désengagement public. Dans sa politique conjoncturelle, l’État fédéral s’efforce de maîtriser l’inflation par le contrôle des prix, des salaires (Nixon, 1971-1974), et par des taux d’intérêts élevés (Reagan, 1981-1982), ou encore de soutenir l’activité économique par des allégements d’impôts afin de relancer la consommation (Carter, 1977-1978, Bush, 2001-2004). Il aide également l’agriculture et finance, par ses commandes, l’entreprise industrielle privée. Il intervient, enfin, dans le financement des programmes sociaux et les diverses prestations que le gouvernement s’est engagé à fournir aux citoyens, tels le Medicare (assurance maladie des personnes âgées) ou le Medicaid (assurance maladie des plus démunis). Toutefois, l’État-providence et le welfare (système garantissant aux plus démunis une aide financière de l’État fédéral) ont été fortement remis en cause, dans un pays qui compte aujourd’hui quelque 36 millions d’habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté. Désormais, nul ne pourra bénéficier de l’aide sociale plus de cinq ans durant toute sa vie. Par cette réforme, signée par Bill Clinton en août 1996, l’État fédéral renonce à corriger les inégalités induites par l’économie de marché et un capitalisme sauvage. L’objectif avoué est d’économiser près de 55 milliards de dollars en six ans.
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