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États-UnisArticle
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Présentation ; Milieu naturel ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
En 2005, l’industrie américaine employait 20,6 % de la population active et fournissait 22 % du PIB. Les points forts de l’industrie des États-Unis sont sa grande diversité, une capacité d’innovation remarquable et son avance technologique. Au début du xxie siècle, les États-Unis occupent les premières places mondiales dans de nombreuses branches industrielles : le pétrole (ExxonMobil, ChevronTexaco, ConocoPhillips), l’automobile (General Motors, Ford), les constructions aéronautiques (Lockheed Martin, United Technologies, Boeing, Textron) et électriques (General Electric), les biens de consommation (Philip Morris, Procter & Gamble, Conagra, Coca-Cola), la chimie-pharmacie (DuPont de Nemours, Dow Chemical) ou encore l’informatique (IBM, Hewlett-Packard Company, Apple Inc., Microsoft Corporation). Malgré un déclin relatif à partir de la fin des années 1960, l’industrie reste un secteur clé de l’économie américaine. La sidérurgie et le textile ont été les plus affectés par la désindustrialisation, tandis que l’industrie automobile souffre de la concurrence, notamment japonaise, dans les années 2000. De plus en plus, l’industrie américaine évolue vers une spécialisation dans des activités de haute technologie. La puissance des grandes firmes américaines se maintient malgré une vive concurrence internationale, émanant principalement du Japon (téléviseurs, appareils hi-fi, photographie, motocycles, automobile), de l’Europe (armements, aéronautique, chimie) et des pays d’Asie extrême-orientale, notamment la Chine, la Corée du Sud, Taïwan et Hong Kong (jouets, plastique, textiles, etc.).
L’espace industriel des États-Unis a connu au cours de la seconde moitié du xxe siècle une importante évolution, caractérisée par le déclin relatif des vieilles régions industrielles du Nord-Est, cœur historique de la révolution industrielle, et par l’industrialisation rapide des États du Sud et de l’Ouest. Cet étonnant retournement de la dynamique spatiale, qui caractérise aussi bien l’économie que la démographie, s’est accéléré à partir des années 1970, lorsque le Nord-Est industrialisé s’est trouvé confronté à une grave crise de ses industries de main-d’œuvre traditionnelles (sidérurgie, automobile, textile). Celles-ci ont perdu plusieurs millions d’emplois. Comprise entre les Grands Lacs et la Mégalopolis (quadrilatère Baltimore-Portland-Milwaukee-Saint-Louis), la Manufacturing Belt est victime d’une désindustrialisation notable. Appelée parfois la Rust Belt (« Ceinture de la rouille »), elle reste toutefois la première concentration industrielle du pays et conserve l’essentiel du pouvoir de commandements. Les cinq États les plus industrialisés y sont l’Ohio, l’Illinois, le Michigan, la Pennsylvanie et l’État de New York. Les nouvelles grandes régions industrielles du pays sont constituées par la région d’Atlanta, le Texas, la région de Seattle et surtout la Californie. Le début de la croissance économique et urbaine des États de la Sunbelt date des années 1940 ; il résulte autant de la décision de l’État fédéral d’y implanter ses centres de recherche et ses usines d’armement que des mutations qui ont affecté la production industrielle (développement des industries de pointe, essor de la Silicon Valley) et la recherche d’une main-d’œuvre bon marché (Mexicains). La concurrence internationale a entraîné la création et un développement rapide des maquiladoras dans les villes mexicaines situées le long de la frontière avec les États-Unis (Tijuana, Ciudad Juárez, Mexicali, Nuevo Laredo), considérées comme des zones de libre-échange. Sous l’initiative d’industriels américains, cherchant à réduire les coûts d’assemblage de leurs produits manufacturés, et à de grands fermiers mexicains désireux de rentabiliser leur domaine, ces usines de montage emploient une main-d’œuvre mexicaine à bon marché. Les maquiladoras mexicaines attirent de plus en plus de multinationales étrangères, en particulier japonaises. L’extraordinaire dynamisme de l’aire Pacifique, qui constitue aujourd’hui le cœur de l’activité économique mondiale, joue aujourd’hui en faveur de la façade ouest des États-Unis. Grâce à leur situation très favorable, la Californie et les autres États du Pacifique (Oregon, Washington, Hawaii, Alaska) apparaissent les mieux placés pour affronter la compétition industrielle internationale au sein des États-Unis. La Californie, État le plus peuplé et premier État exportateur du pays, a un PIB au début des années 2000 qui représente près de 14 % de celui des États-Unis (ce qui en ferait la cinquième puissance économique mondiale si elle était une nation indépendante).
L’industrie agroalimentaire américaine est puissante et diversifiée, à l’image des productions agricoles : produits laitiers dans la région des Grands Lacs et en Nouvelle-Angleterre, industries de la viande et minoteries dans les Grandes Plaines, conserveries de fruits et légumes dans la plaine côtière atlantique et en Californie, raffineries de sucre, brasseries dans la région des Grands Lacs et dans le Kentucky (bourbon), viticulture en Californie. C’est un secteur très concentré qui comprend des géants de l’agroalimentaire mondial comme Kraft Foods, Coca-Cola Company, PepsiCo et les leaders de la restauration rapide que sont McDonald’s et Burger King. Les États-Unis sont, avec l’Union européenne, les premiers exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires, avec un peu plus de 10 % du commerce mondial au milieu des années 2000. L’industrie textile (confection, fibres, textiles), activité traditionnelle en Nouvelle-Angleterre et en Pennsylvanie, a fortement régressé, de même que l’industrie cotonnière localisée dans le Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud). Industrie de main-d’œuvre, elle emploie des travailleurs souvent peu qualifiés et sous-payés (femmes, minorités ethniques). La balance commerciale est déficitaire en raison de l’importance des importations de produits textiles (confection, bonneterie) en provenance des pays asiatiques notamment. Cette concurrence a entraîné la fermeture de nombreuses usines et des suppressions massives d’emplois, déclin renforcé par la suppression en 2005 des quotas d’importation qui protégeaient l’industrie nationale depuis 1974, libéralisant la totalité des échanges textiles mondiaux.
Les États-Unis sont l’un des principaux producteurs mondiaux d’acier brut avec une production d’environ 100 millions de tonnes au milieu des années 2000. Parmi les industries métallurgiques, la sidérurgie reste un secteur important malgré son déclin. Elle subit une concurrence accrue des entreprises chinoises et japonaises. Cependant, grâce à d’importants efforts de restructuration, la sidérurgie américaine a retrouvé une forte productivité. D’abord localisée aux pieds des Appalaches (gisements de charbon) et sur les rives des Grands Lacs (minerai de fer de la région du lac Supérieur et du Canada), elle a commencé à se rapprocher du littoral dans les années 1950-1960, vers les ports d’importation de minerai de fer (Philadelphie, Baltimore, Houston). Toutefois, l’essentiel de la production est toujours issu de la région des Grands Lacs (Pennsylvanie, Illinois, Indiana, Ohio, Michigan), les centres les plus actifs étant Pittsburgh (Pennsylvanie) et Chicago-Gary (Illinois, Indiana). D’autres noyaux sidérurgiques sont situés au sud des Appalaches (Birmingham), au Texas (Houston), en Californie, dans les Rocheuses (mini-mills). Les États-Unis possèdent également une puissante industrie de l’aluminium (2,52 millions de tonnes en 2004). Ce secteur est dominé par la société Alcoa. Les États-Unis importent le minerai brut (bauxite) d’Amérique latine, d’Afrique et d’Australie. Les usines sont installées dans les ports d’importation de matières premières (golfe du Mexique, Texas) et dans les régions productrices d’hydroélectricité (vallée du Tennessee, vallée de la Columbia). L’industrie automobile américaine, longtemps la première du monde, est fortement concurrencée par les constructeurs japonais depuis les années 1980. Trois firmes (les « Majors ») assurent la quasi-totalité de la production américaine : General Motors, deuxième entreprise mondiale derrière le japonais Toyota devenu numéro 1 en 2007, Ford, à la troisième place mondiale, et Chrysler, qui a fait partie entre 1998 et 2007 du groupe allemand Daimler-Benz. L’importance des principaux constructeurs étrangers aux États-Unis, notamment les firmes japonaises Nissan et Toyota, va croissante (11 usines de constructeurs étrangers en 1993, 28 en 2007). Encore concentrée dans l’État du Michigan et surtout à Detroit, l’industrie automobile a essaimé dans d’autres villes des Grands Lacs (Cleveland, Toledo, Buffalo, Chicago) et plus au sud (Indianapolis, Cincinnati, Saint-Louis). Des usines de montage existent également dans les grands centres urbains de l’Est et du Sud (Dallas, Atlanta, Memphis, Californie). Les constructeurs étrangers sont concentrés dans les États du sud (Alabama, Mississipi, Caroline du Sud, Tennessee et Texas). Frappée par plusieurs grandes crises, notamment en 1974-1975 et en 1980-1982, l’industrie automobile américaine n’a pu se redresser qu’au prix d’une reconversion profonde de son appareil de production. Les années 2000 sont à nouveau toutefois synonymes de crise dans un contexte marqué par une concurrence étrangère toujours plus vive (les ventes de Ford ont ainsi chuté de 20 % en cinq ans entre 2001 et 2006, année où la suppression de 38 000 emplois a été annoncée, tandis que General Motors a annoncé la suppression de 30 000 emplois en 2005) et par l’accroissement des coûts sociaux que doivent payer les constructeurs (couverture maladie et retraites des employés). En juillet 2007, pour la toute première fois, plus de la moitié du marché intérieur (51,9 %) des véhicules légers, y compris les véhicules de sport, a été occupé par les ventes des constructeurs étrangers.
Les États-Unis possèdent une puissante industrie chimique, avec des firmes comme DuPont de Nemours, Dow Chemical et sa filiale Union Carbide, Monsanto et les grandes firmes pétrolières (ExxonMobil, etc.). En aval de la chimie lourde, on trouve des firmes plus spécialisées, comme Eastman Kodak (matériel photographique), ou encore les fabricants de caoutchouc synthétique et de pneumatiques (Goodyear et Firestone, racheté par le Japonais Bridgestone en 1988). La chimie minérale fournit la soude, l’acide sulfurique, les engrais. La chimie organique, productrice de caoutchouc synthétique, est la plus importante ; elle repose sur la carbochimie (nord du bassin des Appalaches) et sur la pétrochimie (Louisiane, Texas, Chicago, Toledo, New York).
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