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ChineArticle
Plan de l'article
La densité moyenne atteint 142 habitants au km², mais elle masque de très fortes disparités régionales. La répartition de la population montre en effet une opposition majeure entre la Chine de l’Ouest, où la densité moyenne n’excède pas 10 habitants au km² (Tibet : 1,8) et la côte orientale, du Liaoning au Zhejiang, très densément peuplée, avec plus de 360 habitants au km² (près de 2 200 à Shanghai). Ainsi, 43 p. 100 des habitants vivent sur 18 p. 100 de la superficie totale du pays. Il s’agit des régions côtières orientales où se concentrent les richesses, les grandes villes et les grandes plaines agricoles : Hebei avec Pékin et Tianjin ; Fujian ; Guangdong ; Hainan ; Heilongjiang ; Jiangsu avec Shanghai ; Jilin ; Shandong ; Zhejiang ; Liaoning avec Shenyang. Environ 44 p. 100 de la population occupent les provinces du centre de la Chine (Anhui, Guizhou, Hubei, Henan, Hunan, Jiangxi, Shaanxi, Shanxi, Sichuan) qui représentent 20,6 p. 100 du territoire. Enfin, 13 p. 100 seulement résident en Chine occidentale et sur les marges mongoles (Gansu, Guangxi, Mongolie-Intérieure, Ningxia, Qinghai, Tibet, Xinjiang, Yunnan) qui couvrent 61,4 p. 100 du pays. La population chinoise, encore fortement rurale (59 p. 100), reste donc essentiellement concentrée dans les 19 provinces historiques de la Chine. L’entassement humain de la Grande Plaine du Nord et du bas Yang-tseu-kiang, massivement peuplés par les Han, contraste singulièrement avec les rares îlots de peuplement de la Chine de l’Ouest (oasis, haute vallée du Brahmapoutre). Ce déséquilibre est l’expression du modèle de peuplement et d’occupation de l’espace développé par les Chinois (Han), pour lesquels on peut parler de civilisation agricole de plaine, reposant sur la riziculture intensive. À l’inverse, la Chine occidentale et, d’une manière plus générale, les montagnes sont longtemps restées le domaine des nombreuses minorités que compte le pays. La politique de colonisation de fronts pionniers, développée depuis 1949 dans les provinces les plus reculées (Heilongjiang, Xinjiang, Mongolie-Intérieure, Qinghai, Tibet), n’a guère modifié les déséquilibres existants. Enfin, la Chine est, depuis très longtemps, un pays d’émigration. On estime à 50 millions le nombre de Chinois, appelés Huaqiao, ayant émigré à l’étranger dont 2,57 millions en Amérique du Nord, 0,59 million en Europe et 0,16 million en Océanie. L’essentiel de cette émigration concerne en fait l’Asie, et principalement Taïwan (21 millions), l’Indonésie (6,15 millions), la Thaïlande (4,8 millions), la Malaisie (4,1 millions), Singapour (1,85 million), et, jusqu’à un passé très récent, Hong Kong (5,7 millions) et Macao (0,27 million).
La Chine est une « République socialiste unitaire et multinationale ». Dans cet État pluriethnique, les Han constituent l’immense majorité de la population (92 p. 100 en 1990), les 8 p. 100 restants regroupant 55 minorités ethno-linguistiques. Les Han se caractérisent davantage par une culture et une civilisation commune, principalement agricole, que par des traits physiques communs. La majorité d’entre eux vit dans les bassins des cours moyens et inférieurs du Huang He, du Yang-tseu-kiang et du Zhu jiang et dans la plaine du Nord-Est (Mandchourie). Un certain nombre se sont récemment implantés dans les provinces périphériques, dans le cadre de la colonisation des zones pionnières. Il s’agissait, pour la plupart, de migrations forcées. Les Han constituent aujourd’hui la majorité de la population dans 28 provinces sur 30, à l’exception du Xinjiang et du Tibet. En Mongolie-Intérieure par exemple, ils représentent 84,5 p. 100 de la population. En 1949, les Han représentaient à peine 5,5 p. 100 de la population du Xinjiang. Aujourd’hui, ils en constituent 38 p. 100. En dépit de leur faible poids démographique, de leur diversité ethnique et de leur dispersion spatiale, les minorités revêtent une importance géopolitique certaine, dans la mesure où elles occupent plus de 60 p. 100 du territoire et où certaines aires d’habitat constituent des zones particulièrement sensibles. Dix-huit de ces peuples comptent plus de 1 million d’individus. D’autres, au contraire, n’en comptent que quelques centaines, comme les Luobas. L’ensemble se répartit en cinq groupes : Altaïque (Ouïgours, Mandchous, Mongols, Coréens, Kazakhs), Hui (Huis), Sino-Thaï (Zhuangs, Buyis, Dongs, Lis, Dais), Tibéto-Birman (Yis, Tibétains, Bais, Hanis, Lisus) et Miao-Yao (Miaos, Tujias, Yaos). Bien que partout présentes, les minorités se localisent principalement dans les régions périphériques frontalières du Nord-Est, du Nord, du Nord-Ouest, de l’Ouest, ainsi que dans les provinces du Sud. Les Zhuangs (15,49 millions en 1990) vivent à 92 p. 100 dans la région autonome du Guangxi. Une grande partie d’entre eux sont fortement assimilés. Les 8,6 millions de Huis, ou musulmans chinois, sont regroupés dans la région autonome Hui du Ningxia, au Gansu et au Qinghai. Les Ouïgours (environ 7,2 millions), turcophones, peuplent la région autonome du Xinjiang, dont ils constituent la moitié de la population. Les Yis (environ 6,5 millions) sont largement sinisés et vivent surtout au Sichuan, au Yunnan et au Guangxi. Les 7,4 millions de Miaos peuplent le Guizhou, le Hunan et le Yunnan. Les Tujias (5,7 millions) vivent principalement dans le Hubei, le Hunan et le Sichuan. Les Tibétains (près de 6 millions) vivent dans la région autonome du Tibet, au Sichuan et au Qinghai. Enfin, 4,8 millions de Mongols se partagent un espace qui comprend la Mongolie-Intérieure, le Gansu et le Xinjiang. Parmi les autres minorités figurent les Coréens (environ 2 millions) du Jilin, les Mandchous (9,8 millions) du Liaoning et du Heilongjiang, fortement assimilés, ou encore les Buyis (2,5 millions) du Guizhou. Le Xinjiang regroupe une douzaine d’ethnies, pour la plupart d’origine turque et de religion musulmane (Ouïgours, Kazakhs, Kirghiz, Ouzbeks, Tatars). Quant à la Chine du Sud-Est, elle est une véritable mosaïque ethnique. Elle abrite de nombreux peuples (Thaï, Miao, Yao, Lisu, Hani, Bai, Yi, etc.), refoulés au fil des siècles par les Han lors de leur progression vers le sud, et qui se sont réfugiés, pour la plupart, dans les montagnes méridionales (Yunnan, Sichuan, Hunan, Guangxi) délaissées par les Chinois, voire au-delà des frontières actuelles. Jusqu’en 1964, la croissance démographique des minorités était inférieure à celle des Han. Mais cette tendance s’est inversée entre 1964 et 1990 (+ 10,8 p. 100 pour les Han, + 35,5 p. 100 pour les minorités). Ce phénomène s’explique à la fois par le réveil identitaire des peuples minoritaires et par la possibilité qui leur est généralement donnée d’avoir une fécondité plus élevée que dans les provinces orientales, de l’ordre de 2 ou 3 enfants par femme. Ainsi, les Mandchous ont connu un taux de croissance de 128,2 p. 100 entre 1982 et 1990. On peut citer, comme autres exemples, les Tujias (+ 101,2 p. 100), les Ouïgours (+ 21 p. 100) ou encore les Miaos (+ 46,9 p. 100). Les minorités, qui totalisaient 67 millions d’individus au recensement de 1982, en comptaient 91,2 millions en 1990. Sur le plan administratif, les groupes minoritaires sont répartis entre diverses circonscriptions où ils bénéficient, en principe, d’une certaine autonomie. En réalité, et malgré une loi promulguée en 1984, cette relative indépendance est souvent régentée par le pouvoir han. Pékin tente, en effet, d’unifier le pays en encourageant ou en forçant la sinisation des régions périphériques peuplées par les minorités ethniques. Mais l’immigration chinoise et la politique de sinisation sont fortement contestées parmi certaines minorités, notamment dans les régions autonomes du Tibet et du Xinjiang, ou dans la province du Qinghai. De sérieuses avancées ont toutefois été enregistrées depuis la prise en compte de la réalité minoritaire. Depuis 1949, ce problème a suivi les méandres de l’histoire, passant d’une sinisation rapide et répressive, notamment pendant la Révolution culturelle, à une assimilation plus souple. Cette dernière, fixée à long terme, privilégie le développement économique et culturel (Mongolie-Intérieure, Xinjiang). Mais la disparité des richesses et le joug pénible de Pékin insupportent de plus en plus certains peuples, tels que les Ouïgours qui n’ont pas hésité à prendre les armes en 1996. Pour l’instant, et malgré d’importants programmes d’aide et de financement, notamment en ce qui concerne l’alphabétisation, les territoires autonomes échappent au progrès dont bénéficie la Chine. L’écart socio-économique entre l’Est, prospère et dynamique, et l’Ouest, démuni et isolé, tend à s’accentuer. L’intégration brutale n’a pas pour autant disparu. Le Tibet en est l’illustration la plus frappante. En 1950, ce pays, alors souverain et indépendant, fut envahi par l’armée chinoise. En 1959, l’ONU désapprouva officiellement cette invasion et enjoignit à la Chine de respecter les droits du Tibet. Mais cette nation allait voir son économie dévastée pendant le Grand Bond en avant, et sa croyance — le bouddhisme lamaïque — combattue de manière systématique et meurtrière. Les émeutes tibétaines de 1987 furent réprimées dans le sang. Aujourd’hui, près de 1 million de Tibétains sont morts. Les 6 millions restants côtoient près de 7 millions de Chinois Hans, contre 2 millions en 1989, et sont désormais obligés de parler le mandarin et non le tibétain. Ils font l’objet de multiples persécutions. Enfin, Pékin utilise les montagnes du Tibet pour y stocker ses déchets nucléaires et se livre à une déforestation massive de l’Himalaya. Plusieurs centaines de milliers de Tibétains se sont réfugiés à l’étranger, surtout en Inde, à l’image du dalaï-lama, chef spirituel, partisan de la non-violence et prix Nobel de la paix en 1989. Des protestations croissantes s’élèvent à travers le monde, mais aussi parmi les Chinois Han. Ainsi, le 13 juillet 1995, l’occupation chinoise du Tibet a été déclarée illégale par le Parlement européen. Si les Tibétains pratiquent une résistance non violente, les minorités musulmanes du Xinjiang, traditionnellement rebelles à l’autorité de Pékin, manifestent une opposition plus radicale. Les actions terroristes se multiplient depuis le milieu des années 1990. Les 5 et 6 février 1997, de très violentes émeutes indépendantistes provoquant environ 70 morts et 140 blessés, à Yining, ont à nouveau embrasé la minorité ouïgoure. Elles furent sévèrement réprimées par des arrestations massives, suivies d’exécutions sommaires. Depuis, plusieurs attentats meurtriers attribués aux séparatistes ouïgours ont ensanglanté le Xinjiang et certaines villes chinoises.
L’administration locale chinoise s’articule autour de trois grands échelons. Le premier, immédiatement en dessous du gouvernement central, comprend 22 provinces (Shaanxi, Gansu, Qinghai, Hebei, Shanxi, Liaoning, Jilin, Heilongjiang, Shandong, Jiangsu, Zhejiang, Anhui, Jiangxi, Fujian, Henan, Hubei, Hunan, Guangdong, Sichuan, Guizhou, Yunnan et Hainan), ainsi que Taïwan, revendiquée comme 23e province, 5 régions autonomes (Mongolie-Intérieure, Guangxi, Tibet, Ningxia, Xinjiang), établies entre 1947 et 1965, et 4 municipalités directement subordonnées à l’autorité centrale : Pékin (Beijing), Shanghai, Tianjin et Chongging. Quant au territoire de Hong Kong, il est doté, depuis son retour à la Chine (1er juillet 1997), d’un statut de région administrative spéciale. Le deuxième échelon comprend des préfectures (appelées parfois départements), des districts et des municipalités. Le troisième est celui des cantons et des bourgs.
Malgré une forte croissance urbaine depuis la fin des années 1970, la Chine reste un pays encore faiblement urbanisé (taux d’urbanisation : 41 p. 100 en 2005 contre 22,5 p. 100 en 1985 et seulement 17,3 p. 100 en 1975). Pendant longtemps en effet, le gouvernement chinois a souhaité limiter le développement des villes en fixant les populations dans les campagnes. L’exode rural spontané fut interdit à partir des années 1950 en raison du manque d’emplois productifs disponibles en ville. Mao Zedong estimait, en outre, que la distinction de classes entre citadins et ruraux constituait l’une des causes majeures de l’inégalité sociale en Chine. Au cours des années 1960-1970, le gouvernement envoya un grand nombre de jeunes citadins instruits dans les campagnes afin, notamment, de réduire l’attrait exercé par la ville sur les masses paysannes. Ces mesures, qui ont donné lieu à des déportations massives de population (près de 30 millions de personnes), furent réduites après la mort de Mao en 1976, avant d’être abandonnées en 1978. Depuis, l’exode rural a repris de plus belle. Cependant, et malgré une industrialisation rapide, la Chine reste une nation agricole et rurale (59 p. 100 de la population). En 1995, 40 villes chinoises avaient une population de plus de 1 million d’habitants. La plupart sont d’importants centres industriels et commerciaux. Shanghai, qui comptait une agglomération de 12,8 millions d'habitants en 2003, est la plus grande ville du pays, le premier port de Chine et la sixième métropole la plus peuplée du monde. Pékin, capitale politique du pays, est, avec son agglomération de 10,8 millions d'habitants (2003), la deuxième ville de Chine et la huitième métropole du monde. Viennent ensuite, toujours avec leur agglomération, Tianjin (9,27 millions d'habitants en 2003), avant-port de Pékin, au confluent de la Huai et du Grand Canal ; Shenyang (4,88 millions d'habitants en 2003) ; Wuhan (5,65 millions d'habitants en 2003), port fluvial au confluent du Han shui et du Yang-tseu-kiang ; Canton (3,89 millions d'habitants en 2003), grand port maritime situé à l’embouchure du Zhu Jiang ; Chongqing (4,85 millions d'habitants en 2003) ; Chengdu (3,40 millions d'habitants en 2003) ; Xi'an (3,20 millions d’habitants en 2003) ; Jinan (2,62 millions d'habitants) ; Changchun (3,01 millions d'habitants en 2003) ; Nankin (2,78 millions d'habitants en 2003).
Le régime chinois est une démocratie populaire à parti unique et d’inspiration marxiste-léniniste. L’avènement de la République populaire en 1949 a introduit un changement profond dans les institutions. Depuis, le pays a élaboré quatre Constitutions. La première (1954), calquée sur la Constitution de l’URSS de 1936, fut la plus stalinienne et la plus totalitaire. Deux autres lui succédèrent en 1975 et 1978. En 1982, une nouvelle Constitution fut acceptée, plus conforme aux nouvelles orientations du régime, et comportant 138 articles répartis en 4 chapitres. Néanmoins, son préambule indique que le régime politique de la Chine reste une dictature du prolétariat conduite par le Parti communiste et reposant sur un front uni pouvant inclure des partis démocratiques.
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