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Louis XVIIIArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un prince frondeur ; L’exil ; La première Restauration ; Le temps de la conciliation ; La revanche des ultras ; La fin du règne et le bilan
Passée la parenthèse des Cent-Jours, très significative du peu de popularité de Louis XVIII en France (Napoléon revenu de l’île d’Elbe réussit à reconquérir le territoire national et réimpose son autorité de mars à fin juin 1815), le roi, revenu de son exil à Gand, reprend les rênes du pouvoir. Après la défaite de Waterloo, cette seconde Restauration l’incite à la modération. Il ne réitère par les erreurs de 1814. Il met en avant le principe de la réconciliation nationale et limite les effets de la Terreur blanche (qui voit les ultras de son frère le comte d’Artois s’attaquer violemment aux bonapartistes). Sous les ministères libéraux Richelieu puis Decazes, il favorise l’élargissement du droit de vote et limite la censure (1818), permettant ainsi l’installation d’un climat apaisé en politique intérieure, même si la crise couve sans cesse et qu’il doit gérer la crise frumentaire des années de la fin des années 1810, qui donne lieu à des émeutes populaires.
En 1820, l’assassinat du duc de Berry change subitement la donne. Sous la pression du comte d’Artois, chef de file des ultras, cette disparition jette le trouble. Elle entraîne la chute du gouvernement modéré de Decazes (qui s’apprêtait pourtant à offrir une lecture très limitative de la Charte de 1814), puis l’arrivée au pouvoir des ultras à travers le ministère Villèle, qui succède à un éphémère second ministère Richelieu. Déjà, la promulgation de la loi dite du « double vote » sous Richelieu avait renforcé le pouvoir des grands propriétaires et des notables aisés. Cette réforme électorale permet en effet la formation d’une chambre profondément conservatrice. C’est elle qui adoube Villèle le 14 décembre 1821. Le ministère ultraroyaliste reste en place jusqu’en janvier 1828, bien au-delà du règne de Louis XVIII. D’emblée, il imprime un fort tournant conservateur. Ce conservatisme s’exprime en particulier dans la répression des comploteurs issus des sociétés secrètes (1821-1822), par la préparation de la très impopulaire loi sur le « milliard des émigrés » (dédommagement pour les pertes subies lors de la Révolution, loi promulguée en 1825), puis dans l’expédition d’Espagne, visant à soutenir Ferdinand II contre la révolution libérale (1823).
Durant les dernières années du règne, Louis XVIII, de plus en plus décrié et devenu impotent — il se surnomme lui-même « roi-fauteuil » — au point de ne plus assumer son rôle, laisse donc l’initiative politique à la faction royaliste la plus réactionnaire. À sa mort, le 16 septembre 1824, le comte d’Artois lui succède sous le nom de Charles X. Ainsi, s’il a su, à l’issue de la seconde Restauration, conserver certains acquis de la Révolution en matière civile, Louis XVIII est dépassé par la puissance du courant ultra. Cette situation — caractéristique de son règne, puis de celui de Charles X — conjuguée à la survie d’une opposition libérale et républicaine, aboutit, en 1830, à la révolution des « Trois Glorieuses » (voir Révolution de juillet 1830).
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