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Mingus, Charles

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Mingus (Charles), Haitian Fight SongMingus (Charles), Haitian Fight Song
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1

Présentation

Mingus, Charles (1922-1979), contrebassiste, pianiste, chef d’orchestre, arrangeur et compositeur de jazz américain.

Son importance dans l’histoire du jazz est double : compositeur, organisateur de musique dont une partie vient de l’Église et l’autre de son admiration pour Duke Ellington dont il prolonge et ouvre l’œuvre en y ajoutant des préoccupations extra-musicales, raciales, sociales, et contrebassiste virtuose, véritable athlète de l’instrument, au jeu puissant, véhément, agressif tant sur le plan rythmique que mélodique, à la sonorité « énorme » remarquable par sa façon particulière de pincer les cordes en les pétrissant. En raison de ces caractéristiques, Mingus aura su inventer des univers sonores homogènes tout au long d’une carrière riche en péripéties.

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Premiers engagements, premiers travaux de composition

Né dans l’Arizona, il passe son enfance à Watts, faubourg noir de Los Angeles — qui est le théâtre pendant l’été 1965 de violentes émeutes raciales. Sa famille est musicienne : ses frères et sœurs sont chanteurs, pianistes et guitaristes. Il découvre alors la musique classique à laquelle il se destine, la musique religieuse, celle de la Holiness Church (où chante sa belle-mère), celle de la Nouvelle-Orléans et de Duke Ellington qu’il entend à la radio (il n’a pas encore dix ans). Il apprend le violoncelle et étudie le trombone avec Britt Woodman qui entrera plus tard dans l’orchestre de Duke Ellington. Ayant adopté la contrebasse (le racisme régnant dans l’enseignement de la musique classique y contribue en partie), il l’étudie avec Red Callender, prend également des leçons de piano et fait ses débuts aux côtés du saxophoniste Buddy Collette et de Lee Young (batteur, frère de Lester) ; il devient ensuite le partenaire de Louis Armstrong qui le congédiera pour ses propos antiségrégationnistes au cours d’une tournée dans le Sud en 1943. Il joue avec le tromboniste de style « New Orleans » Kid Ory et entre en 1947 dans l’orchestre de Lionel Hampton pour qui il signe une douzaine d’arrangements et l’orchestration d’une de ses propres compositions, Mingus Fingers.

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La formule des Jazz Workshop (« atelier de jazz »)

Mingus est employé pendant quelque temps comme facteur avant de rejoindre en 1950 le vibraphoniste Red Norvo qui cherche un nouveau bassiste. Il tourne pendant un an avec lui et le guitariste Tal Farlow mais quitte le trio, indigné d’avoir été remplacé par un Blanc pour une émission télévisée. En 1953, il fonde, avec son ami Max Roach, le label discographique Debut et participe au légendaire concert du 15 mai au Massey Hall de Toronto en compagnie de Dizzy Gillespie (trompette), Charlie Parker (saxophone alto), Bud Powell (piano) et Max Roach (batterie). Il connaît enfin la consécration.

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Une colère qui annonce le free jazz

Après un passage de quelques mois dans l’orchestre d’Ellington (réalisation d’un rêve), il forme un groupe en 1954 : Charlie Mingus and his Modernists pour lequel il compose ses premières œuvres expérimentales, prophétiques (en collaboration avec le compositeur, saxophoniste et futur producteur Teo Macero). Un an plus tard, il transforme ses Modernists en un « Jazz Workshop » (atelier de jazz) où se définissent ses conceptions orchestrales : prépondérance de l’improvisation collective et place importante réservée à la personnalité du soliste, diversité rythmique et passages arythmiques, riffs lancinants, climats obsessionnels, insertion d’éléments vocaux, humour sarcastique. Ainsi retrouve-t-on déjà tout cela dans ses premiers disques, dont le Pithecanthropus Erectus (1956) suivis en 1957 de The Clown, Tijuana Moods et East Coasting (où figure le pianiste Bill Evans), qui seront autant de voix et de voies d’accès au free jazz.

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