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Soutine, Chaïm

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Soutine, Chaïm (1893-1943), peintre expressionniste français, d’origine lituanienne, l’une des figures les plus marquantes de l’école de Paris.

Né dans le petit village lituanien de Smilovitchi, près de Minsk, onzième enfant d’une famille pauvre qui s’opposait à sa vocation de peintre, Chaïm Soutine parvint à suivre quelques cours de dessin à Minsk, avant de gagner Vilma où il fréquenta l’école des beaux-arts. En juillet 1913, il émigra à Paris, et s’installa à la Ruche, où il fit la connaissance de ses compatriotes Marc Chagall et Jacques Lipchitz, et se lia d’amitié avec Amedeo Modigliani. Grand admirateur des œuvres du Tintoret et du Greco, de Rembrandt et de Courbet, mais aussi de Bonnard, de Van Gogh et de Cézanne, Soutine développa rapidement une technique et un style très personnels, privilégiant couleur et touche sinueuse.

De 1915 à 1919, il travailla essentiellement dans le sud de la France, puis à Céret, dans les Pyrénées-Orientales, de 1919 à 1922 : il produisit là une importante série de paysages âpres que caractérise une véritable dislocation des motifs, au profit de la matière. Ses œuvres de Cagnes, dans les Alpes-Maritimes, où il peignit jusqu’en 1925, traduisent en revanche un certain apaisement. De retour à Paris en 1925, Soutine commença l’importante suite de ses Bœuf écorché, natures mortes de quartiers de viande en putréfaction (Carcasse de bœuf, v. 1925, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, État de New York). La majorité de son œuvre reste cependant caractérisée par de violentes distorsions qui témoignent de sa volonté de révéler la nature intérieure de ses sujets. Il sacrifia composition soignée et dessin précis au profit d’un expressionnisme chromatique des plus violents, qui apparente l’art de Soutine à celui du Greco, de Munch, d’Ensor ou encore de Kokoschka.

On trouve parmi ses toiles des portraits très poignants de petits pâtissiers qui déploient de magiques variations de blancs irisés et laiteux (le Pâtissier, 1922, Musée national d’Art moderne, Paris), de serveurs (Serveur de chez Maxime, 1927, Albright-Knox Art Gallery, Buffalo), et de grooms, où culmine son rouge obsessionnel, et d’enfants de chœur, où resplendissent conjointement les incarnats et les blancs ; des paysages tourmentés où de lourds nuages se mêlent à des arbres tordus (Rue sinistre, v. 1921, Kunstmuseum, Lucerne). Lorsqu’il ne les détruisait pas, Soutine retravaillait souvent d’anciennes toiles, cherchant sans cesse à approfondir ses recherches formelles et existentielles (Portrait de Maria Lani, 1929, Museum of Modern Art, New York).

Mort en 1943, Soutine influença bien sûr de nombreux peintres expressionnistes par la puissance tragique de son tempérament ; son art marqua également Matisse, qui possédait l’une de ses toiles, Picasso, présent à son enterrement, et par la suite les artistes du groupe Cobra, ou encore Willem de Kooning et Francis Bacon.

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