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expositions universelles

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Crystal Palace, exposition universelle (1851)Crystal Palace, exposition universelle (1851)
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1

Présentation

expositions universelles, expositions internationales dites universelles, puis labellisées « universelles » par le BIE (Bureau international des expositions, Paris) à partir de 1928.

La distinction principale entre les expositions universelles et les expositions internationales est que, dans le cas des premières, les pays invités ont obligation de construire des pavillons. Depuis le milieu du xixe siècle, les expositions universelles réunissent en une unité de temps et de lieu les innovations industrielles, scientifiques, technologiques, architecturales, artistiques des pays hôtes et invités ; elles donnent lieu à des concours par classes d’exposants.

2

Origines et enjeux

Lointaines héritières des grandes foires de l’Europe médiévale, les expositions universelles naissent à partir de trois phénomènes concomitants : la révolution industrielle du xixe siècle, l’internationalisation de la vie politique, économique et culturelle (1850-1900) et l’explosion du nombre d’expositions internationales entre 1756 et 1840.

En Europe, puis en Amérique du Nord et plus récemment en Asie, elles traduisent de façon emblématique, avec le souci de l’excellence, du gigantisme et du progrès, la préoccupation majeure des participants : briller dans la vitrine du monde et devant des millions de visiteurs ou téléspectateurs.

Selon le contexte, elles peuvent devenir un puissant lieu de polarisation des tensions diplomatiques et militaires. Il n’en reste pas moins qu’elles sont d’abord, comme le souligne l’historien Pascal Ory, un lieu d’exhibition et de fête. Leur esprit pacifique et leur tolérance cultivée ont rarement d’influence forte, sinon sur le plan symbolique, sur la vie politique internationale. Leur influence sur la vie nationale est probablement plus lourde.

3

Les pionniers : Londres et Paris

3.1

L’exposition de 1851 à Londres

La Grande-Bretagne, pionnière puisqu’elle a créé la première exposition internationale, à Londres, en 1756 (avant d’en organiser onze autres jusqu’en 1849), organise la première exposition universelle en sa capitale. Mise sur pied par la Society of Arts, présidée par le prince Albert, époux de la reine Victoria, celle-ci dure de mai à octobre 1851, accueille 13 000 exposants et plus de six millions de visiteurs, décerne plus de 5 000 prix.

Grâce à cet événement sans équivalent au plan international, le Royaume-Uni, partisan du libre-échange, met en scène sa puissance industrielle. L’architecture montre d’emblée son rôle capital dans la réussite de toute exposition universelle, dont elle est l’élément structurant et symbolique. Hall principal de l’exposition, le Crystal Palace, gigantesque édifice de fer et de verre, est une prouesse technique qui impressionne le monde entier.

L’accueil triomphal fait à l’événement, le symbole de puissance qui a auréolé la Grande-Bretagne et l’énorme bénéfice dégagé (200 000 livres) attisent les ambitions françaises.

3.2

Les expositions parisiennes de 1855 et 1867

En France aussi, les autorités sont expérimentées. Depuis la tenue historique de la première Exposition industrielle de Paris (1798), Paris a abrité quinze manifestations internationales. De mai à octobre 1855, les Champs-Élysées reçoivent leur première exposition universelle. Le Palais de l’industrie, plus vaste que le Crystal Palace, n’apporte rien de novateur sur le plan architectural. Les 25 000 exposants sont visités par cinq millions de curieux ; trop peu pour équilibrer les comptes. Du reste, l’écho international de Paris 1855 souligne l’importance politique de l’événement dans une France à nouveau « impériale » depuis l’avènement de Napoléon III.

Malgré sa faillite, l’exposition prouve que la France appartient au peloton des grandes nations industrielles. D’autre part, pour les Français, l’un des sommets de « l’Expo » consiste dans le retour de leurs soldats après leur victoire en Crimée. Défilant dans la capitale sous leurs acclamations, ils témoignent d’une synergie voulue par l’État entre démonstration technicienne et économique de l’exposition et puissance militaire (une façon aussi de signaler le rôle diplomatique central de la France dans l’Europe des nationalités).

Parrainée par le second Empire et la ville de Paris, une deuxième exposition est organisée en 1867. Sur le Champ-de-Mars et l’île Billancourt, elle représente l’ouverture au libéralisme et au capitalisme. Elle inaugure l’ère du gigantisme : 700 000 m2 de superficie (huit fois plus qu’à Londres), 52 000 exposants, 19 000 prix et près de neuf millions de visiteurs.

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