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Plan de l'article
Présentation ; Origines et enjeux ; Les pionniers : Londres et Paris ; Expositions universelles ou internationales ? ; Paris, capitale des expositions universelles ; Le temps de l’organisation : le BIE ; La relance d’un événement toujours plus universel ; Les dernières expositions du xxe siècle ; L’architecture, élément structurant et lieu de mémoire
À la suite des coups d’éclats londoniens et parisiens, les grands pays brûlent de s’enorgueillir de leur exposition universelle, d’être les hôtes du monde. L’Autriche (Vienne, 1873), les États-Unis (Philadelphie, 1876), l’Australie (Melbourne, 1880) et l’Espagne (Barcelone, 1888) se lancent à leur tour dans l’aventure. D’autres expositions sont organisées parallèlement ; si elles sont déclarées internationales (et non universelles), ce n’est pas la conséquence d’une quelconque réglementation car il n’existe aucun organisme gestionnaire international jusqu’en 1928. En fait, la notion d’« universalité » dépend alors de l’envergure et de l’écho véritablement international des événements. Sur le fond du reste, la distinction sémantique ne renvoie pas à une franche différence de projet et d’organisation entre elles ; ce qui fait que certaines expositions internationales — telles celles de Paris en 1937 et de Lisbonne en 1998 — peuvent être assimilées à des expositions universelles.
À la fin du xixe siècle, Paris s’affirme comme la capitale mondiale des expositions universelles. En 1878, la France accueille l’« Expo ». Huit ans après la défaite de 1870-1871, elle est placée sous le signe du « relèvement de la Nation » et de la technologie militaire. Malgré seize millions de visiteurs, l’exposition est déficitaire.
Une quatrième exposition universelle a lieu en 1889 pour le centenaire de la Révolution française. Elle présente des constructions symbolisant la modernité conquérante du xixe siècle. Outre le règne de l’électricité, son fleuron est la tour Eiffel. Exploit architectural et technique, elle illustre le rôle capital des ingénieurs et des architectes dans la valorisation des expositions. Gustave Eiffel offre un joyau pour l’écrin architectural parisien composé de trois pavillons thématiques (Beaux-Arts, Arts Libéraux et Industrie), auxquels s’ajoute une Galerie des machines. C’est un immense succès : le résultat de la manifestation, visitée par plus de 32 millions de visiteurs, est bénéficiaire. Ce triomphe est aussi celui de la République (les grandes monarchies ne sont pas représentées), en particulier à travers l’élan de l’interminable tour Eiffel. Témoin de sa force retrouvée malgré la crise boulangiste, la France trouve le moyen de réaffirmer son autorité internationale, dix-neuf ans après la défaite de Sedan.
En 1900, l’« Exposition Internationale et Universelle de Paris » prend ses marques dans une ville en plein chantier d’avenir : le métropolitain. Toujours plus titanesque (2,2 millions de m², 83 000 exposants, 40 000 prix), l’événement baptise le siècle dans un contexte de liesse populaire et d’élan économique témoins de la puissance française à la Belle Époque. Consacrée à la science, au progrès de l’esprit et à la médecine, l’Exposition accueille 58 pays et attire près de 51 millions de curieux, subjugués par la quarantaine de pavillons, l’art nouveau, le cinéma des frères Lumière, l’électricité, le téléphone, etc. Cosmopolite et issue de toutes les couches sociales, la foule se précipite au bois de Vincennes, au Champ-de-Mars, place de la Concorde. Marques de la grandeur de l’événement, certaines des constructions alors érigées font depuis partie du patrimoine urbanistique parisien (tels les Grand et Petit Palais, ou le pont Alexandre III). Cette exposition populaire a le don d’exaspérer la droite nationaliste qui n’apprécie pas cette façon d’identifier la puissance française et lui préférerait un discours politique militariste et revanchard : refaire la grandeur de la patrie en battant l’Allemagne. Du coup, l’Action française assimile l’« Expo » à une fête inutile, ludique, voire licencieuse, centrée autour de la « limonade » et de la « prostitution ». Cette polémique illustre l’importance symbolique des expositions dans la vie politique des nations organisatrices. L’exposition est en outre renforcée dans son prestige par l’organisation concomitante des premiers jeux Olympiques du xxe siècle, autre événement d’envergure planétaire.
Parallèlement aux expositions universelles (Saint Louis en 1904, Liège en 1905, Milan en 1906, Bruxelles en 1910, Gand en 1913, San Francisco en 1915, Barcelone en 1929 et Chicago en 1933) sont organisées des expositions internationales aux réussites notables : Londres (1908), Turin-Florence-Rome (1911), San Diego (1916) et Philadelphie (1926).
L’après-Première Guerre mondiale est le temps de l’organisation. Pour gérer le gigantisme des expositions, un Office international est fondé par la Convention de Paris en 1928 (modifiée et complétée par les protocoles de 1948, 1966 et 1972, ainsi que par les amendements de 1982 et 1988). Le Bureau international des expositions (BIE) supervise l’organisation des expositions internationales ou universelles. Il établit une distinction entre trois types d’événements :
Ainsi, le BIE fixe la durée des expositions universelles à six mois, en limite le nombre tout en mettant à l’honneur la recherche d’une meilleure représentation des nations. Il impulse une philosophie progressiste tout en favorisant une thématique récurrente, à forte valeur symbolique : l’entente entre les peuples dans le progrès. Enfin, le BIE promeut la vitalité du « congressisme » scientifique. Cette dimension, développée dès 1900, permet la tenue de centaines de rencontres lors des expositions (ainsi 312 congrès à Bruxelles en 1935 et 400 symposiums et tables rondes à Séville en 1992). En dépit de cette organisation croissante, après l’exposition de Bruxelles (1935), après les fastes et le poids politique de l’exposition internationale des « Arts et Techniques dans la vie moderne » de Paris de 1937 (elle reflète les grandes tensions internationales de l’avant-guerre), la Seconde Guerre mondiale sonne le glas des initiatives et l’échec d’un projet mussolinien à Rome pour 1942.
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