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Vuillard, Édouard

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Plan de l'article
1

Présentation

Vuillard, Édouard (1868-1940), peintre, aquarelliste, dessinateur, décorateur et graveur français, apparenté au groupe des Nabis.

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Les rencontres décisives

Né à Cuiseaux, à la frontière entre la Bourgogne et le Jura, Édouard Vuillard grandit dans un milieu modeste. Sa famille s’installe à Paris en 1877 et son père meurt alors qu’il n’a que 15 ans. Pour faire vivre la famille, sa mère devient corsetière. Le jeune homme reçoit d’abord une éducation stricte et catholique avant d’entrer au lycée Condorcet, qui dispense à cette époque un enseignement anticlérical et libéral, notamment grâce à des professeurs comme Henri Bergson et Stéphane Mallarmé. Il y rencontre son grand ami Ker Xavier Roussel et le futur comédien Aurélien Lugné-Poe, grâce auxquels il fait la connaissance des futurs Nabis Maurice Denis et Pierre Bonnard. Refusant l’avenir militaire auquel il était destiné, il choisit la peinture et après un passage décevant à l’École des beaux-arts (avec notamment le peintre pompier Jean Léon Gérôme comme professeur), il s’inscrit en 1888 à l’académie Julian de Paris. Il y rencontre Paul Sérusier et retrouve Maurice Denis et Pierre Bonnard. Il délaisse peu à peu les natures mortes réalistes et académique, les autoportraits et la peinture à l’huile sur toile pour s’intéresser davantage à de nouvelles formes figuratives, à des couleurs plus intenses inspirées par les estampes japonaises, et surtout par Paul Gauguin et l’école naissante de Pont-Aven qu’il découvre à travers l’œuvre de Paul Sérusier. Ce dernier est à l’initiative du groupe des Nabis, dont Vuillard devient l’un des plus audacieux représentants.

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« Le zouave » nabi

En 1891, Édouard Vuillard partage un atelier avec Pierre Bonnard, Maurice Denis et Aurélien Lugné-Poe et participe, au Château de Saint-Germain-en-Laye, à la première exposition du groupe des Nabis. Il tient également sa première exposition personnelle dans les bureaux de la Revue blanche (fondée par les frère Natanson) qui est l’un des principaux organes du groupe nabi. Celui qui est surnommé par ses amis nabis « le zouave », notamment à cause de sa longue barbe, vit alors chez sa mère ; il participe et s’inspire de la vie de l’atelier de couture qu’elle a créé dans son appartement. Son œuvre se fait, à son image, intimiste, et ses motifs ornementaux ne sont pas sans rappeler les étoffes de l’atelier. Ses peintures s’éloignent toujours un peu plus des canons artistiques, la perspective s’efface, les cadrages sont audacieux, les contours se brouillent, les visages s’effacent, les couleurs chatoient, les aplats dominent, les matières et les textures se superposent (colle mélangée à de la gouache, de la peinture à l’huile, à de la détrempe — très en vogue — et à du pastel), les supports se diversifient (il commence à utiliser le carton qui absorbe la peinture et « matifie » les couleurs). En 1894, il réalise l’un de ses chefs-d’œuvre, les neuf panneaux des Jardins publics, commandés pour décorer la salle à manger d’Alexandre Natanson.

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Le peintre de l’intime

Dans ses tableaux, Édouard Vuillard aime à peindre des scènes d’intérieurs où interviennent souvent sa mère, sa sœur, (la Mère et la sœur de l’artiste, v. 1893) ou les ouvrières de sa mère. Il met également en scène ses proches (la famille Natanson, notamment Misia Natanson puis plus tard sa muse et maîtresse Lucy Hessel, femme de Jos Hessel, son marchand et protecteur) dans leur quotidien. Selon l’un des spécialistes de son œuvre, Guy Cogeval, Vuillard est « un artiste qui a su transformer des scènes banales du quotidien en tableaux d’une grande densité émotive. ». Après la Première Guerre mondiale, il continue à peindre les gens mais de manière différente, plus académique. Ses clients sont alors des industriels, des banquiers, des acteurs et des personnalités en vue. Mais l’artiste avoue qu’il « ne fai[t] pas de portraits, [qu’il] pein[t] les gens chez eux. » sans faire de distinction entre les personnes et leur intérieur, leur intimité. Ses derniers portraits sont selon ses mots une manière de saisir « le tremblement du temps ».

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