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Apollinaire, Guillaume

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Guillaume ApollinaireGuillaume Apollinaire
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L’expérience de la guerre

En 1914, peu après la déclaration de guerre, Apollinaire s’éprend de Louise de Coligny-Châtillon, surnommée « Lou ». L’idylle amoureuse tourne court et le poète, qui est toujours citoyen russe (il sera naturalisé en 1916), s’engage. D’abord artilleur, il est ensuite affecté dans le 96e régiment d’infanterie avec le grade de sous-lieutenant. Mais, blessé à la tempe par un éclat d’obus, il doit subir une trépanation (1916). Pendant sa convalescence paraît le Poète assassiné (1916), recueil de nouvelles et de contes à la fois mythiques et autobiographiques.

Dès sa guérison, Apollinaire se remet à l’écriture. Il fait mettre en scène, en 1917, les Mamelles de Tirésias, drame farcesque dans la préface duquel apparaît pour la première fois le terme « surréaliste », et participe à une conférence très remarquée sur l’« esprit nouveau », où il exalte l’esthétique de la surprise tout en se réclamant des valeurs de l’humanisme.

En 1918 paraît Calligrammes, sous-titré « poèmes de la paix et de la guerre », dans lequel transparaissent, au gré de « poèmes conversations » et d’« idéogrammes lyriques », sa passion pour Lou et son expérience du front. Après son mariage avec Jacqueline Kolb, la « jolie rousse » du dernier poème de Calligrammes, il rédige plusieurs articles de critique journalistique, publie encore un recueil de chroniques (le Flâneur des deux rives, 1918) avant de succomber le 9 novembre 1918, frappé par l’épidémie de grippe espagnole qui sévit en Europe.

De nombreux poèmes seront réunis, après sa mort, dans des recueils factices tels que Poèmes à Lou (1947) ou le Guetteur mélancolique (1952).

Issu de la génération symboliste, avec laquelle il a fini par rompre, Apollinaire a défini les normes de la poésie moderne. Admirée de son vivant par les jeunes et bruyants poètes qui constitueront le ferment du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault), son œuvre, qui épouse l’optimisme du début du siècle et magnifie les progrès techniques de la civilisation industrielle, préfigure les grands bouleversements littéraires et poétiques de l’entre-deux-guerres.

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