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commerce

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Présentation

commerce, activité consistant à fabriquer, transporter et vendre des biens ou des services d’un lieu à un autre dans le but de les échanger.

L’économiste britannique Adam Smith remarque dans la Richesse des nations (The Wealth of Nations, 1776) que la volonté d’échanger un objet contre un autre est une qualité intrinsèque de la nature humaine. Selon cet économiste classique, fondateur de l’économie politique, l’objet des « sociétés civiles » consiste en la réalisation de leurs intérêts matériels. L’échange permet alors la satisfaction des besoins en permettant aux individus de se procurer ce qu’ils convoitent sans nécessairement avoir à le produire eux-mêmes. Historiquement, les premiers échanges se sont opérés dans le cadre d’une économie de troc, système dans lequel un bien s’échange directement contre un autre bien. Commerce de proximité, le troc va rapidement montrer ses limites. Échanger une marchandise directement contre une autre marchandise pose le problème de la valeur respective de ces deux biens. Si l’on souhaite échanger de la boisson contre de la nourriture, quelle quantité d’eau, par exemple, sera-t-il nécessaire de céder afin de se procurer une quantité de viande qui sera jugée par les deux parties à l’échange comme équivalente ? En outre, selon le temps et le lieu, le rapport d’échange entre ces deux marchandises peut varier, et désavantager l’une ou l’autre des parties.

Ce simple exemple montre que la nature de l’échange exige que la valeur des biens puisse être définie en fonction d’un instrument à partir duquel la valeur de tous les biens échangés peut être mesurée. C’est l’introduction de la monnaie, instrument de mesure de la valeur, qui va permettre le développement du commerce en rationalisant les termes de l’échange. Utilisée dans un cadre géographique défini, et quelque soit sa forme et sa valeur intrinsèque, la monnaie, dès lors que son utilisation est acceptée par tous, facilite les échanges. En évacuant le problème de la mesure de la valeur des marchandises, l’échange en économie monétaire permet le passage d’un commerce de proximité à un commerce lointain. La découverte de nouveaux territoires, synonyme de nouveaux biens, constitue le second facteur qui explique le développement de l’échange, pulsion naturelle des individus.

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La route de la Soie

La route de la Soie est l’une des premières voies commerciales de grande importance, reliant la Chine à l’Empire romain. Elle est établie aux environs de l’an 100 av. J.-C., grâce à la dynastie Han, qui autorise les caravanes à circuler en toute sécurité en Asie centrale. Cette route, qui s’étend sur 6 000 km, permet le transport de la soie de Chine, de la laine romaine et de métaux précieux, ainsi que d’autres marchandises de grande valeur, à partir de points intermédiaires situés en Inde et en Arabie. Une seconde voie, maritime celle-ci, est également très empruntée à l’époque, le long des côtes de la mer d’Oman, de l’océan Indien et au nord du Pacifique. Les marchandises transportées font l’objet de transactions multiples. Les perturbations politiques qui surviennent après le Ve siècle apr. J.-C. entraînent l’arrêt du commerce par les voies terrestres  ; il faudra attendre l’époque des grandes découvertes pour voir le commerce s’ouvrir de nouveau vers l’Asie.

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L’Europe médiévale

Le commerce se développe progressivement pendant le Moyen Âge, particulièrement durant le XIIe et le XIIIe siècle. Le commerce entre villes éloignées devient plus sûr après que les commerçants eurent formé des associations assurant la protection des voyageurs à l’étranger. Les principaux itinéraires vont de la Baltique (la Ligue hanséatique), et de l’Est méditerranéen vers le nord et le centre de l’Europe. Des forêts de la Baltique sont extraites des matières premières telles que le bois, le goudron, les fourrures et les peaux. De l’Est viennent des produits de luxe, tels que les épices, les bijoux et les matières textiles. En contrepartie, l’Europe occidentale exporte des matières premières, ainsi que des marchandises traitées. Les villes italiennes et allemandes (villes de foire) traversées par ces routes développent et financent ces activités commerciales (apparition des prêteurs, ancêtres des banquiers).

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Le début de la période moderne

Aux XVe et XVIe siècles, le développement de la construction des navires de guerre et de transport des marchandises permet au commerce de s’accroître rapidement. La baisse des coûts de transport des marchandises par bateau sur de longues distances permet l’importation massive de céréales de la Baltique aux Pays-Bas et dans d’autres contrées d’Europe. L’ouverture de nouvelles voies maritimes entre l’Europe et l’Orient autorise l’importation de produits asiatiques à des prix inférieurs et en des quantités plus grandes que ne le permettent les caravanes. Par ailleurs, la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb permet d’échanger de nouveaux produits tels que le tabac et les rondins.

La découverte et l’exploitation des richesses du Nouveau Monde par les Espagnols marque un nouvel essor du commerce maritime. L’afflux de métaux précieux, la perspective de nouveaux débouchés ouverts par les conquêtes coloniales, élargissent l’espace économique et politique des nations européennes. Le commerce est alors conçu comme un moyen d’enrichissement : sa finalité consiste à attirer les richesses du dehors afin de les conserver au-dedans selon le credo mercantiliste de l’époque. Le commerce est alors un moyen de transférer, et non de créer, de la richesse servant à asseoir la domination politique et militaire des nations qui en tirent profit, au détriment de ceux qui subissent l’échange et dont on pille les ressources.

À mesure que les échanges entre des zones éloignées les unes des autres continuent de prendre de l’ampleur, de nouvelles formes d’organisation commerciale voient le jour. Tout d’abord, des associations informelles ouvrent la voie à un partenariat entre commerçants. En Hollande, par exemple, après 1500, il n’est pas rare que les propriétaires des navires soient des actionnaires, et non plus les capitaines. Après le XVIe siècle, les grandes compagnies commerciales remplacent ce simple partenariat dans l’organisation des affaires commerciales. De grandes sociétés, créées par l’État, mais dont les propriétaires et les dirigeants sont des personnes privées, permettent de maintenir les échanges avec certaines régions du globe dans le cadre de monopoles nationaux. Ces nouvelles formes d’organisation du commerce, la diversité des biens échangés, le progrès accompli en matière de moyens de transport, le développement de nouveaux moyens de paiement plus sûrs (lettres de change, lettre de crédit) marquent le développement de l’échange moderne. Le volume du commerce ne cessera plus de croître, et va s’amplifier grâce à l’introduction de nouvelles méthodes d’organisation de la production.

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