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Résultats avec Windows Live® Search Cavour, Camillo Benso, comte deArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un jeune noble progressiste ; Un homme politique volontaire ; La réalisation partielle de l’Unité italienne
Cavour, Camillo Benso, comte de (1810-1861), homme d’État italien, principal artisan de l’unification de l’Italie.
Né à Turin et issu de la noblesse piémontaise, Camillo Benso, comte de Cavour, devient officier du génie de l’armée sarde en 1826. Rallié aux idées des révolutionnaires français de 1830, il doit démissionner de l’armée en 1831 et s’installe sur le domaine familial de Leri, près d’Alba. Pendant plusieurs années, il l’administre en appliquant les connaissances scientifiques les plus modernes : passionné d’agronomie, il multiplie les innovations agricoles et se lance avec succès dans les affaires — il participe à la création de la Banque de Turin. Durant cette période, il entreprend de nombreux voyages en Angleterre et en France, pays qui l’attire particulièrement — d’ailleurs, il s’exprime en français plus aisément qu’en italien. Attaché à ses idéaux libéraux (en économie), Cavour n’en demeure pas moins hostile à la révolution telle que la propose le patriote Giuseppe Mazzini — le comte est partisan du conservatisme en politique. À partir de 1847, il fonde avec Cesare Balbo le journal il Risorgimento (« le Renouveau »), qui prône, dans ses colonnes, l’expulsion des Autrichiens de Sardaigne et l’Unité italienne autour d’une monarchie constitutionnelle.
En juin 1848, Cavour entre à la Chambre des députés du Piémont, puis en octobre 1850, il intègre le gouvernement de Turin, chargé du portefeuille de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce. En avril de l’année suivante, il obtient le maroquin des Finances. Puis il conclut une alliance (connubio) avec le centre-gauche Urbano Rattazzi ; fort de cet accord, il écarte le Premier ministre Massimo D’Azeglio qu’il remplace, en novembre 1852, à la tête d’un gouvernement de coalition modéré. Cavour s’impose alors comme le véritable maître de la politique du royaume de Piémont-Sardaigne. En politique intérieure, il lance un vaste programme de réformes : modernisation de l’agriculture, introduction du libre-échange, création de la Banque des États sardes et amélioration des infrastructures du pays (construction d’un premier réseau ferroviaire, percement du tunnel du Mont-Cenis entre la France et l’Italie, etc.). De même, avec l’appui du ministre de la Guerre Alfonso La Marmora, il réorganise l’armée et crée un arsenal maritime à La Spezia. Revenu de la formule « l’Italia farà da sé » (« l’Italie se fera par elle-même »), il noue une alliance avec la Grande-Bretagne et la France lors de la guerre de Crimée (1854-1856), ce qui lui permet de hisser son pays dans le concert des grandes nations européennes (congrès de Paris, avril 1856). Démissionnaire à la suite de son échec électoral en 1857, il revient bientôt comme ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Rattazzi, puis recouvre la présidence du Conseil en 1858. En juillet 1858, lors de l’entrevue de Plombières, il scelle une alliance diplomatique avec Napoléon III contre l’Autriche. Ce dernier lui promet de chasser les Autrichiens de Lombardie et de Vénétie, en échange du comté de Nice et de la Savoie. L’année suivante, Cavour manœuvre pour faire entrer l’Autriche en guerre contre la Sardaigne et la France. Malgré la victoire espérée (batailles de Magenta, 4 juin, et de Solférino, 24 juin), Napoléon III recule et signe un armistice à Villafranca, ce qui prive le Piémont des dividendes de la victoire : selon les termes du traité de Zurich de novembre 1859, l’Autriche vaincue conserve la Vénétie et cède la Lombardie (à l’exception de Peschiera del Garda et de Mantoue) à la France qui, pour sa part, les restitue au Piémont. Aussi, lorsque Victor-Emmanuel II de Sardaigne accepte ces conditions, Cavour démissionne-t-il de son poste de Premier ministre ; il est remplacé de nouveau par Rattazzi.
En janvier 1860, Cavour est rappelé au pouvoir avec les titres de président du Conseil et de ministre des Affaires étrangères. Un second accord avec Napoléon III permet l’annexion de Parme, de Modène, de la Romagne et de la Toscane, en échange de la cession de Nice et de la Savoie (traité de Turin, mars 1860). Puis, en septembre 1860, Cavour change d’optique vis-à-vis de Giuseppe Garibaldi qu’il soutient alors secrètement dans sa conquête du royaume des Deux-Siciles (voir expédition des Mille). De même, il favorise le plébiscite unissant la Sicile à la Sardaigne (21 et 22 octobre 1860). Progressivement, Cavour parvient à réunir au Piémont toute l’Italie centrale, Rome exceptée ; le 17 mars 1861, le Parlement italien proclame Victor-Emmanuel II roi d’Italie. Surmené, Cavour meurt peu après l’unification, le 6 juin 1861, n’ayant pu voir l’achèvement de son œuvre : la Vénétie reste propriété des Autrichiens, Rome aux mains du pontife. Tout aussi important que les grandes figures révolutionnaires du mouvement unitaire, tels Mazzini ou Garibaldi, Cavour est l’un des principaux artisans de l’unité italienne, qu’il a rendue inéluctable par son action politique.
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