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Plan de l'article
Présentation ; Une vocation monacale et humaniste ; La liberté retrouvée à Paris ; Un voyageur européen ; Une œuvre érudite et humaniste ; De l’éthique chrétienne ; Du libre arbitre
Érasme (v. 1467-1536), écrivain hollandais humaniste et érudit, principal interprète des courants intellectuels de la Renaissance en Europe du Nord.
Né à Rotterdam — ou selon d’autres sources à Gouda —, probablement aux alentours du 27 octobre 1467 (ou 1466), Gerrit Gerritszoon, dit Érasme, est le fils illégitime de Gérard, prêtre de la ville de Gouda (ou moine copiste) et de Margaretha Rogerius (Rutgers), sa femme de ménage originaire de Mons. Il est élevé à Gouda, avec son frère dont on ne sait que peu de choses. Il entre à l’école en 1476 et part l’année suivante pour Utrecht. Il est envoyé dans des écoles tenues par des moines, notamment à l’école de la Vie commune à Deventer (de 1478 à 1483) où il rencontre l’humaniste Rodolphus Agricola (v. 1444-1485), dont l’approche linguistique et pédagogique le marque profondément. Il prend alors le nom de Desiserius Erasmus Roterodamus (« erasmos » signifiant en grec « l’aimé »). Après le décès de sa mère (en 1483, de la peste) et celui de son père, il est envoyé à l’école de Bar-le-Duc (de 1483 à 1486) où il dit perdre son temps. De retour à Gouda, il se refuse d’abord à la vie monacale à laquelle on le destine, puis cède et devient chanoine de l’ordre des Augustins au couvent de Steyn (de 1487 à 1492), où il prononce ses vœux en 1488 avant d’être ordonné prêtre le 25 avril 1492. Remarqué par son intelligence et son érudition, il entre l’année suivante au service de l’évêque de Cambrai, Henri de Bergen (ou de Berghes), qui le prend comme secrétaire. En 1494, il achève son ouvrage les Antibarbares, œuvre humaniste qui annonce ses écrits et sa pensée à venir.
En 1495, l’évêque de Cambrai permet à Érasme de partir étudier la théologie et le grec à l’université de Paris. Il suit notamment un cours au collège Montaigu dont le supérieur hollandais, Jean Standonck, est célèbre pour sa discipline et sa sévérité. Épuisé et révolté par cet enseignement inhumain qu’il qualifie de « moyenâgeux », Érasme finit par tomber malade en 1496. Il suit des cours à la Sorbonne mais est déçu par l’approche scolastique en vigueur. Il rentre à Cambrai, puis en Hollande, mais ne rêve que de retourner à Paris qui lui a offert une certaine liberté malgré sa pauvreté. Il y revient donc et, survivant en donnant des leçons à des jeunes hommes avec lesquels il se lie d’amitié, il y rédige les Colloques. Sa vie étant trop rude à Paris, il tombe de nouveau malade et deux de ses élèves l’emmènent en Angleterre en 1499.
Dès lors, Érasme se refait une santé, alors qu’il bénéficie déjà auprès des hommes de lettres anglais d’une réputation de grand humaniste. De retour en France, il s’installe en 1500 à Orléans et étudie à l’université de droit canon. Il publie la première version de son recueil de proverbes latins, Adages, qu’il n’aura de cesse d’augmenter tout au long de sa vie. À la mort de son ami et protecteur Henri de Bergen, il s’installe à Louvain et ne cesse plus de voyager, allant de ville en ville. Il enseigne, écrit, cherche et étudie d’anciens manuscrits. Il a aussi de nombreux échanges épistolaires avec les personnages illustres de l’époque, ce dont témoignent les quelques 1 500 lettres qui sont restées à la postérité. Lors des quatre séjours qu’il fait en Angleterre, il se lie d’amitié avec des humanistes tels que John Colet, fondateur de l’école Saint-Paul à Londres, Thomas Linacre, fondateur de l’école royale de médecine, Thomas More, écrivain et Grand Chancelier du royaume, et William Grocyn, qui enseigne le grec à Oxford. Érasme l’enseigne quant à lui en 1505 à Cambridge. Grâce à ses relations, il contribue d’ailleurs à propager l’humanisme en Angleterre, tout particulièrement par l’application des études classiques au savoir chrétien. Ses voyages le conduisent également en Italie, où il obtient un doctorat à l’université de Turin et où il sympathise avec l’éditeur vénitien Alde Manuce. C’est à Bâle, en Suisse, qu’il se lie d’amitié avec l’éditeur Johann Froben, grâce auquel il publie plusieurs ouvrages. Il s’éteint dans cette ville le 12 juillet 1536.
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