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Résultats avec Windows Live® Search Afrique noire, art d'Article
Plan de l'article
Présentation ; L’héritage artistique ; Le rôle de l’art dans les sociétés africaines traditionnelles ; Distinctions régionales ; L’art africain contemporain
Afrique noire, art d', production artistique et architecturale des peuples d’Afrique noire. Le continent africain abrite une grande variété de cultures, dont chacune se caractérise par son langage, ses traditions et ses formes artistiques qui ne cessent d’évoluer au rythme des transformations culturelles et sociales. Aujourd’hui, ce que nous appelons art africain concerne surtout les fractions des sociétés restées essentiellement rurales, c’est-à-dire à peine plus de 50 % de la population africaine, sauf dans les régions de vieilles civilisations urbaines comme les cités d’influence yoruba au Nigeria, au Bénin et au Togo. L’aspiration à la modernité et le rejet d’une vie rurale — ressentie comme oppressante et difficile — ont généré une urbanisation croissante. Néanmoins, les difficultés de la vie quotidienne à la ville font naître une certaine nostalgie de la vie au village. Et même si les adolescents retournent parfois « en brousse » pour subir une initiation abrégée, les cérémonies traditionnelles avec intervention de masques ont subi à leur tour les effets de l’exode rural et l’influence de la ville. Bien que l’immense étendue du Sahara constitue une barrière naturelle entre l’Afrique du Nord et le reste du continent, les routes commerciales, établies depuis l’arrivée des Arabes au Maghreb (VIIe siècle), ont favorisé les échanges et les influences : par exemple, de nombreuses formes artistiques et architecturales islamiques d’inspiration nord-africaine existent parmi les cultures du sud du Sahara. En outre, les arts et les cultures subsahariennes ont influencé l’Afrique du Nord. L’art de l’Égypte, en particulier ceux des premières dynasties (l’époque des pyramides), témoignent d’une identité proche des traditions africaines et d’une continuité culturelle avec les premières civilisations de l’Afrique néolithique. Aujourd’hui, l’art africain subit une mutation fondamentale qui fait que le sculpteur de masques jusqu’ici anonyme (au sein des sociétés dont la sculpture de masques constituait une véritable tradition) est aujourd’hui un artiste connu en tant que tel dans des galeries new-yorkaises et parisiennes ou dans les revues spécialisées comme Tribal Arts. L’art africain reflète la richesse de l’histoire, de la philosophie, de la religion et des sociétés de ce vaste continent. Il a inspiré certains des courants les plus importants de l’art moderne du monde occidental lors de la découverte de l’art nègre par les peintres cubistes du début du XXe siècle. Ceux-ci ont été les premiers à reconnaître au travers d’un esthétisme déroutant les valeurs humanistes des populations du sud du Sahara, à admirer la puissance d’abstraction de cet art, et ont trouvé là une stimulation pour mieux dépasser l’approche naturaliste. L’histoire de l’art africain remonte aux temps néolithiques, avec les peintures et les gravures rupestres qui, de la Mauritanie au Fezzan et du Tassili à l’Ennedi, sont présentes dans presque tous les massifs sahariens (6000 av. J.-C.-Ier siècle apr. J.-C.). Plus au sud, les sculptures de terre cuite modelées par les artistes de la civilisation Nok dans le centre du Nigeria (500 av. J.-C.-200 apr. J.-C.), et qui, selon l’enseignement tiré des fouilles récemment entreprises, sont associées à des vestiges de travail du fer ; ces sculptures préfigurent, dans le même pays, les bronzes décoratifs d’Igbo Ukwu (IXe-Xe siècle apr. J.-C.), les extraordinaires sculptures de bronze et de terre cuite d’Ife (XIIe-XVe siècle apr. J.-C.) et celles du Bénin (XIIe-XIXe siècle). Elles montrent une telle maîtrise technique et sont rendues avec tant de naturel que l’on y a d’abord vu, à tort, une inspiration classique.
Cette tradition artistique porte sur la sculpture (statues et masques), l’architecture (habitations, greniers), les meubles, la poterie, le tissage et les bijoux. La parure corporelle, signe de distinction et de protection contre les mauvaises influences (peintures corporelles, coiffes et coiffures, scarifications et tatouages), les décors polychromes sur les habitations et les greniers, ainsi que les tissages forment également une part importante de la symbolique et de l’héritage artistiques.
Les matériaux les plus courants sont le bois, la fibre, la peau animale, le métal (fer, bronze et or), l’ivoire, l’argile, la terre et la pierre. Les formes représentées dans chaque matériau varient d’un naturalisme relatif à un art totalement abstrait, les styles se conformant à la tradition esthétique de chaque zone culturelle (désert, savane ou forêt). L’art africain, reflet de la vision du monde visible et surtout invisible, est un art religieux qui porte une attention scrupuleuse à la préservation des formes traditionnelles. Les masques que nous voyons dans les musées n’ont plus grand-chose à voir avec les représentations pleines de vie d’ancêtres ou de génies tournoyant au milieu d’une foule dans un bruit de tambour et de sonnailles. Il n’y a rien de moins « authentique » qu’un masque derrière une vitrine. Figurant généralement l’ancêtre fondateur de la communauté ou le génie bon ou mauvais du monde de la brousse qui représente la nature face à la civilisation du village, le masque est l’essence de la vie qui l’anime, et le mouvement la raison de son intrusion chez les vivants. C’est pourquoi il est porté par un danseur dont personne n’est censé connaître l’identité, son corps étant caché par une sorte de vêtement de fibres végétales dont les ondulations accentuent l’impression de vie.
Les artistes étaient des artisans chargés par la communauté ou la société des masques de transmettre les formes héritées des ancêtres ; leur formation se faisait au contact des sculpteurs plus âgés. Formation autant religieuse qu’artistique, car représenter l’image emblématique et symbolique de l’ancêtre fondateur de la communauté ou du génie protecteur du village tenait autant à une bonne connaissance du monde invisible qu’à la bonne transmission des formes à travers une initiation spécifique sur la signification des formes et le respect des rituels appropriés lors du choix du bois ou des outils à utiliser hors du regard des profanes. Dans les royaumes centralisés de l’ancien Ghana, d’Ife et du Bénin, au Nigeria comme au Congo (chez les Kuba), les forgerons vivaient à l’intérieur du palais royal et des systèmes de guildes contrôlaient leur apprentissage. La profession était le plus souvent héréditaire, la connaissance se transmettant de génération en génération, car représenter l’image du roi ou d’un être mythique ne pouvait se faire qu’avec l’accord des ancêtres ou des divinités qui en avaient accordé le don à un lignage. Chez les Dogon et les Bambara du Mali, les sculpteurs appartenaient à la caste des forgerons. Ils connaissaient les arts du feu et ne se mariaient qu’au sein même de leur caste, leurs femmes étant elles-mêmes potières. Bien que marginaux, ils étaient craints et respectés pour leur connaissance de la métallurgie qui leur assurait une place toute particulière dans la société (les forgerons pratiquaient aussi les circoncisions). Le lieu de travail et les matériaux employés avaient leur importance et faisaient souvent l’objet d’une prescription particulière impliquant des interdits alimentaires ou sexuels. Les masques étaient fabriqués dans le bois sacré ou dans une grotte, symbole du ventre maternel où ils devaient être gardés avant leur prochaine sortie à l’occasion d’une cérémonie, secrète ou publique.
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