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Falla, Manuel de

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Falla, l'Amour sorcierFalla, l'Amour sorcier
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1

Présentation

Falla, Manuel de (1876-1946), compositeur espagnol, un des plus importants de la première moitié du XXe siècle, dont l’œuvre, nourrie d’inspiration populaire, puise aux sources du folklore de l’Espagne.

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Des débuts marqués par une culture fortement enracinée

Né à Cadix, Manuel de Falla fait ses premières armes au piano dès son plus jeune âge, sous la conduite de sa mère et de divers professeurs de sa ville natale, qui lui enseignent parallèlement l'harmonie, le contrepoint et la composition. Poursuivant ensuite ses études au conservatoire de Madrid, il approfondit le piano avec José Trago et la composition avec Felipe Pedrell. De 1905 à 1907, il enseigne le piano à Madrid.

Sous l'influence de Pedrell, qui prône pour la composition musicale un retour aux sources de la tradition et du folklore, Manuel de Falla développe un « style national » qui constitue très tôt une des caractéristiques de son œuvre. Dans le même esprit qu’Heitor Villa-Lobos avec les mélorythmes brésiliens, il s'appuie sur sa connaissance approfondie du folklore pour en restituer la saveur à travers des compositions originales. Imprégnées par les traditions musicales de son pays, ses premières œuvres — qu’il reniera par la suite — sacrifient à la mode des zarzuelas (los Amores de la Inés, 1902), petits opéras de caractère comique brossant un tableau très enlevé des mœurs locales. En 1905, l’opéra la Vie brève (la Vida breve) est couronné par l'Académie des beaux-arts de Madrid, à l’occasion d’un concours destiné à favoriser l'éclosion d'un style d’opéra véritablement espagnol. Vers la même époque, il remporte un prix d'interprétation pianistique. Mais l'Espagne ne lui offrant pas des opportunités de carrière semblables à celles qu'il pressent outre-Pyrénées, il s'installe à Paris en 1907.

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Au cœur de l'effervescence parisienne

Vite admis et apprécié dans les salons musicaux de la capitale, ce jeune homme discret fréquente Claude Debussy, Albert Roussel et Paul Dukas — Pour le tombeau de Debussy (1920) et À Paul Dukas (1935) figurent parmi ses quatre Homenajes pour orchestre (1920-1939) —, se prend d’amitié pour Maurice Ravel, cherchant dans leurs idiomes musicaux de nouvelles voies, sans pour autant renoncer aux particularismes de sa propre culture. Vivant difficilement de leçons et de traductions, il se sent par ailleurs psychologiquement tiraillé entre l’austérité de sa foi et les élans d’un tempérament sensuel et passionné. Il dompte cette dualité par une discipline musicale faite d'ascèse et de dépouillement, cherchant à gommer toute trace d'anecdotique, de superflu, de couleur locale pour ne retenir que la quintessence de la musique populaire espagnole à travers l'emploi de gammes ou d'intervalles particuliers, d'enchaînements harmoniques spécifiques, d'orchestrations subtiles souvent inspirées par la technique de jeu de la guitare.

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Les années de succès

Créé le 2 avril 1915 à Madrid, son ballet l'Amour sorcier (El Amor brujo) lui assure reconnaissance et succès en Espagne où il a fui la Première Guerre mondiale. L'année suivante, Serge de Diaghilev, rencontré à Paris, et particulièrement séduit par les Nuits dans les jardins d'Espagne (Noches en los jardines de España, pour orchestre et piano), lui commande un ballet. À cette fin, il rassemble autour du musicien une équipe composée de Pablo Picasso (décors, costumes, rideau), Ernest Ansermet (direction musicale), Felix Fernandez Garcia et Léonide Massine (chorégraphie). La création par les Ballets russes du Tricorne (el Sombrero de tres picos), à Londres, le 22 juillet 1919, remporte un vif succès. Mais la mort de sa mère le jour même de la première du Tricorne contraint le compositeur à regagner ses pénates. Il ne quitte plus désormais l’Espagne. Se sentant dans son for intérieur à mille lieues des obligations de la vie mondaine auxquelles l’astreint son statut de compositeur ibérique adulé, il rêve d'écrire une « œuvre sans époque et sans géographie » et souhaite ne plus se consacrer qu'à la musique de chambre. La composition des Tréteaux de maître Pierre (el Retablo de Maese Pedro, créé à Séville en concert, le 23 mars 1923), opéra de marionnettes inspiré par la musique castillane, puis du Concerto pour clavecin (ou piano), flûte, hautbois, clarinette, violon et violoncelle, commandé par Wanda Landowska, et créé par la claveciniste, sous la direction du compositeur, le 4 novembre 1926, précède la période de grand silence de la guerre civile (1936-39).

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