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danse moderneArticle
Plan de l'article
En Belgique, un même bouillonnement est perceptible avec Ann Teresa De Keersmaeker, issue de l'école de Béjart, Wim Vandekeybus, Jan Fabre et Alain Platel. Les chorégraphes belges s’affirment en rupture avec les codes et le système de pensée de la danse classique. Là aussi, les parcours sont trop différents pour qu’on puisse parler de mouvement ou d’école. Aux Pays-Bas, Jií Kylian organise des spectacles allant du comique le plus burlesque jusqu'à l'esthétique la plus épurée en exploitant toutes les dimensions de l'espace. En Allemagne, chacun des spectacles de Pina Bausch reste un événement. Sasha Waltz, responsable de la danse à la Schaubühne de Berlin, impose un autre langage.
Dans le même temps, la danse classique ouvre progressivement ses portes à la création contemporaine. À partir de 1981, le Groupe de recherche chorégraphique de Jacques Garnier accueille Lucinda Childs. Dominique Bagouet et Maguy Marin répondent également à l’invitation de Rudolf Noureïev, qui dirige le Ballet de l’Opéra de Paris de 1983 à 1989. Le danseur étoile Patrick Dupond lui succède de 1990 à 1995. La compagnie nationale interprète des chorégraphies d’Alvin Ailey, Merce Cunningham, Jean-Claude Gallotta, Angelin Prejlocaj, Pina Bausch, etc. Des jeunes chorégraphes comme Mats Ek, fils de Birgit Cullberg, proposent des relectures de grands classiques (Giselle, 1982). William Forsythe, un « classique d’avant-garde », contribue à rénover la danse académique « de l’intérieur », au New York City ballet, pour le Ballet de Francfort et pour le Royal Ballet britannique. En France, Angelin Preljocaj incarne ce mouvement qui intègre le passé au contemporain. Marie-Claude Pietragalla, étoile internationale issue de l’Opéra de Paris, se tourne vers la chorégraphie et devient directrice du Ballet national de Marseille en 1998. Les ballets d'opéras en région se réveillent et innovent à leur tour : la réussite du Ballet de l'Opéra national de Lyon est exemplaire, ainsi que celle du Ballet du Rhin. L’histoire de la danse classique, que l’on croyait éteinte, retrouve alors une seconde jeunesse.
Il aura fallu attendre l'ouverture du Centre national de danse contemporaine (CNDC) d'Angers, en 1979, pour que l'idée d'un enseignement contemporain s’impose et s'installe ensuite dans les conservatoires supérieurs de musique et de danse, puis dans les universités. À partir de 1981, une promotion de la danse se dessine ; sous l’impulsion de Jack Lang, une dizaine de centres chorégraphiques nationaux (CCN) sont créés en province en une dizaine d’années. On en compte près d’une vingtaine au début du XXIe siècle. Des festivals ont lieu aujourd’hui dans toute la France, comme le festival Danse à Aix (Aix-en-Provence), le Festival et les Hivernales d’Avignon (Festival d’Avignon), la Biennale internationale de la danse de Lyon, le festival Montpellier Danse, le festival de Chateauvallon, le festival de la nouvelle danse d’Uzès, le festival Danse M à Marseille, etc. Le Théâtre de la Ville, à Paris, est un des grands pôles de diffusion, tout comme la Maison des arts de Créteil et la Maison de la danse de Lyon. Alors que les années 1980 ont été marquées par le spectacle et la théâtralité (rapprochement avec le genre théâtral, usage du lieu théâtral), les années 1990 ont vu réapparaître des formes alternatives (performances ou improvisations données hors des scènes traditionnelles) et émerger de nouvelles danses, notamment le hip-hop. La danse contemporaine a payé un lourd tribut à l’épidémie de sida qui a emporté des danseurs d’exception comme Jorge Donn (1947-1992) — évoqué par Maurice Béjart dans le Presbytère, en 1996 — et Rudolf Noureïev, et des chorégraphes comme Hideyuki Yano, Alvin Ailey, Dominique Bagouet ou Robert Joffrey. Surmontant ces épreuves, elle a néanmoins abordé avec vitalité le troisième millénaire.
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