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Turquie

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Turquie : drapeau et hymneTurquie : drapeau et hymne
Plan de l'article
3.5

Culture

La Turquie a vu ses traditions artistiques islamiques de l’Empire ottoman se transformer peu à peu en une tradition artistique plus laïque, davantage tournée vers l’Occident (voir art de l’islam). Toutefois, les peintres turcs d’aujourd’hui luttent pour s’affranchir de l’influence occidentale. La sculpture n’a pas connu le même développement que la peinture et les monuments publics sont généralement des représentations héroïques d’Atatürk et des événements de la guerre d’indépendance. Les premiers textes de poésie turque survivent dans la poésie épique des Kirghizes ; leur épopée, le Manas, a été transmise oralement à travers les âges. Les premiers textes de poésie mystique écrits par Yunus Emre et d’autres poètes du xive siècle inspirèrent une poésie lettrée à la cour appelée « littérature du divan ». De nombreux critiques considèrent Kemal Tahir comme le plus grand auteur turc moderne.

On trouve à Istanbul, Edirne, Brousse (voir Bursa) et dans d’autres villes, des églises chrétiennes transformées en mosquées ainsi que des mosquées construites par le célèbre architecte turc Mimar Sinan. Le palais du Sultan (Topkapý Sarayý) est aujourd’hui un musée abritant les trésors impériaux et les reliques du prophète Mahomet. D’autre part, le musée des Civilisations anatoliennes d’Ankara possède des collections impressionnantes d’art hittite et phrygien.

La Turquie possède plus de 330 quotidiens qui ont pour la plupart un tirage limité. Le Cumhuriyet, le Sabah, le Hürriyet, le Milliyet et le Türkiye figurent parmi les plus grands quotidiens du pays (tous publiés à Istanbul). L’État dirige quatre réseaux de radios nationales et cinq chaînes de télévision, mais il existe également des chaînes privées.

3.6

Institutions et vie politique

La République turque a été proclamée le 29 octobre 1923 par Mustafa Kemal. À l’exception d’une brève période durant laquelle une junte militaire s’est emparée du pouvoir en 1960-1961, la Turquie est restée une démocratie parlementaire jusqu’en 1980. À cette date, l’armée a repris le contrôle du pays ; une nouvelle Constitution a alors été ratifiée par référendum en 1982 et un gouvernement civil rétabli à la fin de 1983. L’armée conserve cependant un rôle informel fondamental dans la vie politique de la Turquie en tant que garante du système laïque instauré par Mustafa Kemal.

3.6. 1

Pouvoir exécutif

La Constitution de 1982 instaure un régime parlementaire. Le président de la République est le chef de l’État, le garant de la Constitution, le représentant de la République et de l’unité de la nation, et le commandant en chef des armées. Élu pour sept ans par le Parlement, il jouit de prérogatives importantes ; il peut notamment opposer son veto à des projets de loi, et nomme des juges.

Le président de la République désigne le Premier ministre qui dirige le gouvernement. Pour pouvoir être nommé à cette fonction, le Premier ministre doit également être député.

3.6. 2

Pouvoir législatif

Le pouvoir législatif est détenu par la Grande Assemblée nationale, un parlement unicaméral qui comprend 550 membres désignés au suffrage universel pour cinq ans. Pour envoyer des représentants à la Grande Assemblée nationale, les partis politiques doivent obtenir au moins 10 p. 100 des suffrages exprimés au niveau national.

3.6. 3

Partis politiques

Le multipartisme n’existe véritablement en Turquie que depuis 1946. Face à l’émiettement du paysage politique, un seuil de 10 p. 100 des suffrages pour pouvoir être représenté à l’assemblée a été instauré par la suite. Le Parti républicain du peuple (CHP), fondé par Mustafa Kemal, reste l’un des deux principaux partis d’une gauche très divisée, avec le Parti de la gauche démocratique (DSP, social-démocrate). La droite traditionnelle, représentée notamment par le Parti de la Mère patrie (ANAP, droite libérale) et le Parti de la juste voie (DYP, conservateur) de Tansu Ciller, connaît au tournant des années 2000 un important déclin au profit de l’extrême droite (opposée notamment à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne), représentée par le Parti d’action nationaliste (MHP), et surtout du Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste. La Constitution interdisant les formations ouvertement religieuses ou particularistes, des partis islamistes ou défendant les revendications de la minorité kurde sont régulièrement interdits.

À l’issue des élections de juillet 2007, l’AKP détient la majorité absolue des sièges de la Grande Assemblée nationale (341 sièges), contre 112 au CHP, 71 au MHP, et 26 à des candidats indépendants (pro-kurdes pour la plupart).

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