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Malherbe, François de

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François de MalherbeFrançois de Malherbe
Plan de l'article
1

Présentation

Malherbe, François de (1555-1628), poète français dont les théories littéraires, qui prônent la rigueur et la clarté, préfigurent le lyrisme impersonnel des classiques.

2

Un poète officiel

Né à Caen, issu d’un milieu protestant, François de Malherbe renie la Religion réformée et se met à fréquenter la cour d’Henri III, où il fait ses débuts en poésie. Il connaît cependant un succès tardif, et ce n’est que vers cinquante ans, après avoir fréquenté le milieu juridique d’Aix-en-Provence, qu’il se rend à Paris et obtient la protection du garde des Sceaux, puis la faveur du roi. Poète officiel à partir de 1605, il se spécialise dans la célébration des personnes de la cour, genre qu’il a inauguré avec l’Ode au roy Henry le grand (1596) et l’Ode de bienvenue à la reine Marie de Médicis (1600).

3

Un idéal poétique

La place de François de Malherbe dans l’histoire de la littérature résulte autant de son activité de « commentateur » que de son activité de poète. En effet, s’il a l’occasion d’illustrer sa théorie littéraire du vers dans ses propres ouvrages, c’est surtout à travers une analyse sévère des poésies profanes de Philippe Desportes (Commentaire sur Desportes, 1606) qu’il expose ses principes de l’idéal poétique. À l’opposé de la doctrine des poètes de la Pléiade, qui l’influencent à ses débuts (les Larmes de saint Pierre, 1587) et pour qui « l’invention » est la première des vertus, François de Malherbe défend une conception « artisanale » de la poésie, qui porte essentiellement sur la rigueur et la pureté de la forme : il invite le poète à n’exprimer que des thèmes éternels, considérés comme autant de prétextes à un usage précautionneux des rimes et des rythmes, dont l’harmonie ne peut provenir que d’un ordonnancement parfait (Imitation du psaume Lauda anima mea Dominum, 1627).

4

Une poésie nationale et une langue nouvelle

Parallèlement, il milite en faveur d’une poésie nationale susceptible d’être comprise « par les crocheteurs de Port-au-foin », c’est-à-dire par les plus humbles sujets du roi. Poète grammairien, il veut donner au siècle nouveau une langue nouvelle, se décrivant lui-même comme un « tyran des mots et des syllabes » qui cherche à fixer la langue française dans sa perfection et qui, de fait, consacre le règne de la clarté et de la simplicité, qui sont devenues les principales valeurs de la littérature classique. Ses poèmes, publiés pour la plupart dans des recueils collectifs, n’ont été réunis en volumes qu’après sa mort (les Œuvres de François Malherbe, posth., 1630).

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