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Plan de l'article
Présentation ; Histoire de la banque ; Opérations de banque ; Organisation du système bancaire ; Caractéristiques des systèmes bancaires nationaux
À partir de la fin du XVIIIe siècle, mais surtout au XIXe siècle — durant lequel se produit la révolution industrielle —, l’essor des banques est favorisé par trois facteurs : le développement de la monnaie fiduciaire (c’est-à-dire les billets), puis de la monnaie scripturale (en compte), ainsi que le développement du financement des entreprises industrielles et commerciales par le biais d’émission de titres, ancêtres des valeurs mobilières. Cette période correspond également à la concentration du système bancaire, avec l’apparition de grands établissements (tels la Société générale et le Crédit Lyonnais en France, la Deutsche Bank en Allemagne, la Barclays Bank en Grande-Bretagne) et, dans tous les pays, les premières tentatives de l’État pour organiser une véritable tutelle du secteur. Au XXe siècle, ce mouvement ne se dément pas, notamment dans le contexte de la crise économique de 1929. En effet, cette dernière impose l’idée que la profession doit faire l’objet d’un contrôle, car les fluctuations de l’activité bancaire sont susceptibles d’avoir un retentissement sur l’ensemble de l’activité économique. Aux États-Unis, par exemple, l’une des premières mesures prises par le président Roosevelt dans le cadre du New Deal sera d’instaurer un cloisonnement strict entre banques d’affaires et banques de dépôts, par le Banking Act de 1933. En France, le gouvernement du général de Gaulle introduit après la Libération, en 1945, une classification des banques et un encadrement de leur activité en créant un Conseil national du crédit. Parallèlement s’opère la nationalisation d’un certain nombre d’établissements de crédit, dont la Banque de France. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les principales modifications ayant affecté le secteur bancaire ont consisté en une considérable expansion de sa clientèle : la possession d’un compte bancaire s’est à peu près généralisée à l’ensemble de la population dans la plupart des pays industrialisés. Dans le même temps, la tendance à la concentration des groupes bancaires s’est affirmée, ceux-ci s’impliquant de plus en plus dans des activités financières, de sorte que l’on assiste à la constitution de pôles réunissant banques et compagnies d’assurances, qui rentabilisent leurs actifs en menant des politiques de participation actives dans le domaine industriel et dans l’immobilier.
L’activité des banques englobe la réception de fonds du public, leur mise à la disposition de la clientèle, ainsi que la gestion de moyens de paiement. Les fonds recueillis sont affectés à la conduite d’opérations de crédit, elles-mêmes génératrices de nouveaux dépôts par le supplément de monnaie qu’elles sont amenées à créer : les banques sont au centre du processus de création monétaire.
Nombreuses, les activités des banques de dépôts se divisent entre les services aux particuliers, les activités de crédit et les services effectués pour le compte de l’État ou pour celui des émetteurs de valeurs mobilières. Les services rendus aux particuliers sont le plus souvent rendus gratuitement en contrepartie du dépôt de fonds non rémunérés. Ils comprennent toutes les activités ayant trait à la gestion des comptes de dépôt (règlement et encaissement des chèques, recouvrement des factures, exécution des ordres de virement, gestion des règlements par carte bancaire et carte de crédit, opérations de change avec l’étranger). Certains services sont également rendus moyennant commission (conservation des titres, conseils concernant les placements, location de coffres-forts). L’octroi de crédits, aux entreprises comme aux particuliers, est la principale source de profit pour les banques : celles-ci consentent des découverts, des avances, des prêts, et pratiquent également l’escompte d’effets de commerce. Enfin, les services effectués pour le compte de l’État comprennent le placement des emprunts d’État, notamment les bons du Trésor. Les banques pratiquent, en outre, une activité de gestion auprès du public au profit des émetteurs d’actions et d’obligations.
L’activité des banques consiste, en fait, à transformer des dépôts en crédits, ce qui explique leur rôle déterminant dans le processus de la création monétaire. Deux types de dépôts peuvent être effectués auprès des banques : des dépôts à vue, et des dépôts à terme. Dans le premier cas, le retrait ne nécessite pas de préavis (c’est le cas des comptes chèques, des comptes sur livret tels le livret A ou les plans d’épargne populaire, des comptes spéciaux tel le Codevi, et des comptes courants des entreprises commerciales. Par contre, les dépôts à terme ne peuvent faire l’objet d’un retrait qu’à échéance fixe (un retrait anticipé reste néanmoins possible, tout en entraînant la perte de certains avantages liés au dépôt à terme, en particulier une réduction du taux d’intérêt). À partir de ces dépôts, la banque dispose de fonds, qu’elle peut utiliser librement, à condition d’être toujours en mesure de les restituer si le déposant le demande. Pour ce faire, elle est tenue de respecter un certain rapport entre ses réserves de monnaie et les prêts qu’elle consent, rapport que l’on appelle son coefficient de liquidité. Cette exigence de solvabilité des établissements de crédit est renforcée par le mécanisme dit des réserves obligatoires, que chaque banque doit constituer auprès de sa banque centrale. Dès lors que la banque satisfait à ces conditions, elle est en mesure de créer de la monnaie : elle le fait non seulement lorsque, en contrepartie d’un dépôt, elle permet à son client de régler ses dépenses par chèque ou par carte de crédit, mais également lorsqu’elle octroie des avances à un client débiteur. En effet, par sa seule volonté, son client pourra utiliser des moyens de paiement auxquels ne correspond aucun dépôt, ce qui revient à créer de la monnaie. En revanche, lorsque le client remboursera la banque, il y aura destruction de monnaie. Si l’économie est en situation de croissance, le montant de la monnaie détruite restera inférieur à la création réalisée, et il y aura gonflement de la masse monétaire. Le même phénomène s’observe lorsqu’une banque achète des devises à l’étranger (elle crée de la monnaie nationale en contrepartie) ou lorsqu’elle consent des avances au Trésor public, le banquier de l’État. Dans le cadre d’un tel système, on empêche les banques de créer indéfiniment de la monnaie, en les obligeant à déposer une partie de leurs avoirs auprès de la banque centrale : le montant qu’elles seront autorisées à créer dépendra donc, en dernière analyse, de leur capacité réelle de remboursement.
Le système bancaire est organisé selon un système pyramidal comprenant un institut d’émission, la banque centrale qui fait figure d’autorité de tutelle du système, et un ensemble d’établissements qui constituent les banques dites de second rang.
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