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Napoléon III

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Portrait de Napoléon IIIPortrait de Napoléon III
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La chute de Napoléon III

Au terme des élections de 1869, la réduction de représentation à l’Assemblée entre bonapartistes et républicains fait comprendre à Napoléon III qu’il est temps de modifier radicalement l’orientation du régime. Ne pas tenir compte du reclassement politique équivaudrait à un suicide. Napoléon III décide alors de former « un cabinet homogène, représentant fidèlement la majorité du Corps législatif ». Le 2 janvier 1870, Émile Ollivier forme un cabinet comprenant bien sûr de fervent bonapartistes mais également des représentants du centre droit et du centre gauche. Au mois de mai, une nouvelle modification des institutions transforme l’Empire en une monarchie constitutionnelle — même si les ministres restent exclusivement responsables devant l’empereur. La victoire écrasante du « oui » (7,3 millions contre 1,5 million de « non ») lors du plébiscite du 8 mai 1870 semble conforter définitivement le camp de la réforme. Il ne s’agit pourtant pas d’un virement démocrate ; le ministère Ollivier est dirigé par un homme d’abord préoccupé de satisfaire les milieux conservateurs, d’affaire et les milieux cléricaux. Il s’affirme d’emblée prêt à réprimer tout mouvement social d’opposition au régime. Lors des manifestations hostiles à ce dernier, il n’hésite pas à faire donner la troupe et à emprisonner des figures de l’opposition, tel Rochefort. À ce facteur de déstabilisation du régime dans un contexte intérieur tendu s’ajoute la maladie de l’empereur.

Fatigué, de plus en plus souffrant (il est atteint de la maladie de la pierre), l’empereur ne sait pas distinguer les dangers qui menacent la sécurité du pays. En particulier, il commet l’erreur de sous-estimer la puissance prussienne et le fait que, pour des raisons de politique intérieure, le chancelier Bismarck souhaite ardemment la guerre contre la France. En 1866 pourtant, la victoire de la Prusse sur l’Autriche à Sadowa a fait apparaître les ambitions des Hohenzollern, qui depuis longtemps aspirent à être les artisans de l’unification allemande. Bien que mis en garde par ses conseillers les plus proches et malgré l’opposition de la gauche républicaine, Napoléon III cède donc à la provocation contenue dans la dépêche d’Ems et déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 (voir guerre franco-allemande de 1870).

Mal préparée et moins nombreuse en effectifs que les Prussiens, l’armée française accumule les défaites. Dès le 2 septembre 1870, Napoléon III, retranché à Sedan, doit capituler. Le 4 septembre, la République est proclamée à Paris, comme si le régime était finalement trop fragile pour supporter l’absence de son chef. Napoléon III est interné au château de Wilhelmshöhe, près de Kassel, puis il s’exile à Chislehurst (Grande-Bretagne) où il meurt des suites d’une intervention chirurgicale.

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Le bilan d’un règne

La défaite de 1870 a contribué à discréditer la figure de Napoléon III, déjà en proie de son vivant aux sarcasmes féroces de Victor Hugo, aux critiques de Marx et d’Engels, et au mépris de l’opposition républicaine, qui l’ont considéré comme un fossoyeur des libertés. Pourtant, l’historiographie contemporaine a fini par reconnaître le rôle décisif qu’il a joué dans le développement de la révolution industrielle en France, même s’il n’a pas su, simultanément, donner une réponse satisfaisante à la question sociale.

Prince secret, en proie à des aspirations contradictoires, Napoléon III a été, bien involontairement, celui qui a contribué à définitivement tourner la page du modèle impérial en France : si, entre la monarchie réactionnaire et la république radicale, le bonapartisme — version rénovée du despotisme éclairé — a pu s’interposer, il est apparu après 1870 que seule la République pouvait réconcilier les Français et fonder un régime durable. Avec la fin du second Empire, la France a quitté le siècle de la recherche du meilleur régime possible pour entrer dans celui de la stabilité institutionnelle et républicaine (voir IIIe république).

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