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Résultats avec Windows Live® Search Munch, EdvardArticle
Plan de l'article
Présentation ; « La maladie, la folie et la mort sont les anges noirs qui ont veillé sur mon berceau » ; « Je veux peindre ma vie » ; Un cri « immense, infini de la nature » ; « La frise est ressentie comme un poème de la vie, de l’amour et de la mort.» ; « Le combat entre l’homme et la femme que l’on appelle amour » ; « Un art créé du plus intérieur de nous-mêmes » ; « Il est tout de même remarquable de disparaître intégralement »
Munch, Edvard (1863-1944), peintre norvégien dont l’œuvre avant-gardiste a participé au développement de l’art moderne, notamment à l’émergence de l’expressionnisme.
Né à Løten, en Norvège, Edvard Munch, fils d’un médecin militaire très religieux, grandit dans une famille d’intellectuels. À la mort de sa mère en 1868, il est élevé par une de ses tantes, à Christiania (ancien nom d’Oslo jusqu’en 1925). Son enfance est alors brisée par d’autres drames, dont la mort de phtisie de sa sœur aînée, Sophie, en 1877, la dépression d’une autre sœur, ou l’enfermement de son père dans la religion. En 1880, alors qu’il n’a que dix-sept ans, il abandonne ses études d’ingénieur, et note dans son journal : « Je suis maintenant décidé à devenir peintre ». Il étudie le nu à l’École royale de dessin en 1881 et devient l’année suivante le disciple du peintre naturaliste Christian Krohg (1852-1925). Ses premières œuvres — représentant des paysages, des objets, des personnages de son entourage — empreintes de réalisme sont largement inspirées des œuvres des peintres naturalistes français. Un prix national, remporté en 1885, lui donne d’ailleurs l’occasion d’étudier brièvement à Paris et de s’intéresser à l’impressionnisme. Il travaille la même année à l’une de ses œuvres maîtresses, la Jeune Fille malade ou l’Enfant malade (1885-1886, Nasjonalgalleriet, Oslo), inspirée de la souffrance de sa sœur Sophie et rompant avec le réalisme de Christian Krogh. L’œuvre, à travers laquelle il cherche à exprimer une « impression originelle », est présentée à l’exposition d’automne de Christiania de 1886 sous le titre Étude. Malgré l’incompréhension du public et surtout de la critique face à cette toile « inachevée », Edvard Munch reconnaît que « le travail que j’ai consacré à la Jeune Fille malade m’a défriché de nouveaux sentiers, a ouvert à mon art une percée définitive. La plupart de mes œuvres postérieures doivent leur naissance à ce tableau ». En effet, il propose à travers cette œuvre une méthode de peinture, propre à nombre des ses œuvres postérieures, qui consiste à apposer plusieurs couches de peinture qu’il modifie et corrige en grattant, raclant ou éventrant la toile, laissant une impression d’esquisse ou d’inachevé.
En 1889, Edvard Munch fréquente la bohême de Christiania, les anarchistes révolutionnaires et les intellectuels, notamment le père de cette bohême, Hans Jaegger, dont il peint le portrait en 1889. Grâce à sa première exposition personnelle en 1889, dans la capitale en automne, il obtient une bourse (renouvelée trois ans de suite), qui lui permet de retourner à Paris (de 1889 à 1892) où il suit brièvement l’enseignement de Léon Bonnat et apprend, en 1889, le décès de son père. De ce deuil naissent plusieurs œuvres particulièrement sombres et mélancoliques comme Nuit à Saint-Cloud (1890, Nasjonalgalleriet, Oslo), tableau représentant dans des nuances bleues une silhouette mélancolique assise devant une fenêtre. C’est à l’occasion de ses séjours à Paris, qu’il découvre les œuvres de Georges Seurat, de Vincent Van Gogh et surtout de Paul Gauguin et qu’il peint principalement des paysages dans une veine impressionniste et post-impressionniste. Il expérimente également d’autres formes picturales, notamment en cherchant à simplifier le trait, la forme et les couleurs, à peindre des aplats inspirés de Paul Gauguin, ou à user de la craie grasse et du pastel comme dans l’une des premières versions de Mélancolie ; exposée au Salon d’automne de 1891 sous le titre Soir, elle fait figure, selon Christian Krohg, de première œuvre symboliste norvégienne. De retour à Christiania, il développe son propre style et ses propres thèmes, qui révèlent de plus en plus le climat de maladie et de mort qui a baigné son enfance. Quelques années plus tard, convaincu qu’un sort s’acharne sur lui et sa famille, il réalise un étrange autoportrait en lithographie, sur lequel il se dessine un bras de squelette et qu’il date comme s’il s’agissait de sa dernière œuvre (Autoportrait au bras de squelette, 1895).
En 1892, à Berlin, une exposition des toiles d’Edvard Munch provoque un tel scandale qu’elle doit fermer. En effet le sentiment d’inachevé, encore incompris par les critiques, est corroboré par les désignations des œuvres que présente l’artiste (« grandes esquisses », « notes chromatiques rapides » ou « matériau d’étude »). La renommée qu’il acquiert cependant à cette occasion auprès des milieux artistiques l’incite à s’installer à Berlin, tout en participant activement au développement de l’expressionnisme allemand. Il y poursuit diverses expériences picturales en variant les supports, les textures et les effets chromatiques, allant jusqu’à soumettre ses œuvres aux intempéries, ce qu’il appelle les « remèdes de cheval », pour atteindre un vieillissement de la matière et un aspect de décrépitude. Il fréquente alors le cercle littéraire et intellectuel berlinois grâce auquel il rencontre August Strindberg et sa future épouse, madame Dagny Juel. Il peint beaucoup et ses œuvres traduisent la douleur, la souffrance, l’amour, la mort, voire sa conception de l’être humain condamné à la solitude et à l’angoisse. Six des œuvres de cette époque ont été réunies par l’artiste sous le titre Étude pour une série : « l’Amour », devenue ultérieurement avec d’autres tableaux la Frise de la vie (22 toiles), et exposées en 1893. C’est à cette époque qu’il peint Le Cri (1893, dérobé en 2004 à la Nasjonalgalleriet, Oslo), un tableau précurseur de l’expressionnisme allemand — qui ne se développe qu’à partir de 1905. En 1894, son ami le poète polonais Stanislaw Przybyszewski publie la première monographie sur Edvard Munch, dans laquelle il qualifie son travail de « réalisme psychique ». En 1903, ce dernier s’inspire également du Cri et en fait un roman (Der Schrei, 1903).
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