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Autriche

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Autriche : drapeau et hymneAutriche : drapeau et hymne
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5.10. 3

L’ère du bipartisme

Ce sont des coalitions bipartites (populistes-socialistes) qui dominent les gouvernements de l’après-guerre jusqu’en 1966. Celles-ci ont résisté à l’effacement progressif des dirigeants politiques d’avant-guerre, comme Karl Renner, décédé en décembre 1950. Dans les faits, les sociaux-démocrates du SPÖ remportent l’élection présidentielle (jusqu’en 1986), tandis que la plupart des chanceliers fédéraux sont issus de l’ÖVP.

En 1957, l’Autriche est impliquée dans un différend avec l’Italie concernant le statut des Autrichiens du Tyrol du Sud — lequel est sous autorité italienne depuis 1919. L’arrangement qui est enfin conclu en 1970 appelle la mise en œuvre de l’accord de 1946 garantissant les droits linguistiques et culturels de la population autrichienne germanophone. En 1960, l’Autriche signe le traité qui établit l’Association européenne de libre-échange. En juillet 1961, le gouvernement annonce son désir de parvenir à une association avec la Communauté économique européenne (CEE, à présent Union européenne) qui soit compatible avec sa neutralité militaire. L’opposition initiale du Parti socialiste à l’adhésion s’affaiblit peu à peu, et, en 1972, l’Autriche signe un accord bilatéral de libre-échange avec la CEE.

5.11

L’Autriche contemporaine

5.11. 1

La chancellerie de Bruno Kreisky (1970-1983)

Les socialistes remportent une courte victoire électorale en 1970, ce qui, pour la première fois, leur permet d’être le parti le plus représenté à l’Assemblée nationale. Toutefois, faute de majorité, le dirigeant socialiste Bruno Kreisky essaie en vain de former une coalition avec le Parti populiste. En mai, il est nommé chancelier et forme le premier cabinet autrichien entièrement socialiste, soutenu à l’Assemblée nationale par le Parti libéral. Lors des élections de 1971, les socialistes remportent la majorité absolue de 93 sièges et sont en mesure de gouverner seuls. Les initiatives de Kreisky en matière de politique étrangère donnent à l’Autriche une envergure internationale considérable. Mais, en dépit de la popularité et des réalisations de Kreisky, l’opposition progresse autour des questions d’environnement, de scandales financiers, de projets d’augmentation des impôts, et particulièrement de la construction d’une centrale nucléaire à proximité de Vienne. Quand, lors du référendum de 1978, les antinucléaires remportent une courte victoire, le gouvernement est contraint d’arrêter la construction de la centrale, pourtant presque terminée. Kreisky donne sa démission en 1983, après que les socialistes ont perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

5.11. 2

De Fred Sinowatz à Viktor Klima (1983-2000)

Le nouveau chancelier, Fred Sinowatz, un socialiste, forme une coalition avec le Parti libéral, mais l’alliance est rompue en 1986 quand le Parti libéral vire brusquement à droite. La mauvaise gestion et les licenciements dans le secteur public, associés à la controverse concernant des privatisations, alimentent le mécontentement à l’égard du gouvernement et des socialistes. L’élection présidentielle de 1986 est remportée par le candidat populiste conservateur Kurt Waldheim, ancien secrétaire général des Nations unies, bien qu’il soit accusé d’avoir menti à propos de ses actions dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Ce vote est le reflet de l’attitude ambiguë d’un grand nombre d’Autrichiens à propos du passé nazi de leur pays.

Après les élections législatives de novembre, le chancelier Sinowatz démissionne et Franz Vranitsky, un autre socialiste, entre en fonctions en formant une coalition avec le Parti populiste (ÖVP). Son gouvernement doit faire face à des diminutions budgétaires continues dans le secteur public, à des déficits budgétaires élevés et aux réactions négatives de l’étranger à la suite de l’élection de Waldheim. La coalition survit aux élections d’octobre 1990, qui voient les socialistes remporter 80 sièges à l’Assemblée nationale. Le Parti du peuple perd 17 de ses 77 sièges, et le Parti libéral de droite remporte 15 sièges sur un total de 33. L’électorat, particulièrement celui de la nouvelle classe moyenne, semble être en train de changer. Pourtant, en 1992, le candidat du Parti populiste Thomas Klestil, diplomate de carrière et ancien ambassadeur aux États-Unis, est élu président. Il promet d’appuyer la demande d’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne (UE), qui a été déposée en 1989. En avril 1998, il est réélu président.

Franz Vranitsky, critiqué au sein de son parti à la suite de la défaite du Parti social-démocrate (SPÖ) aux élections législatives de 1996, démissionne du poste de chancelier et de la présidence du parti en janvier 1997. L’ancien ministre des Finances Viktor Klima lui succède dans ces deux fonctions.

5.11. 3

L’adhésion à l’Union européenne

Interrompues en 1993, en raison de divergences portant sur la limitation de la circulation des poids lourds sur les routes alpines — qui sera limitée jusqu’en 2001 —, les négociations en vue de l’intégration de l’Autriche dans l’Union européenne (UE) aboutissent en mai 1994, et l’Autriche y fait son entrée en janvier 1995.

Grâce à un « train de restrictions budgétaires » très sévères, l’Autriche peut faire partie, en mars 1998, des onze pays qualifiés pour intégrer la future Union économique monétaire (UEM) en 1999. Dans le même temps, elle adhère aux accords de Schengen (novembre 1997), qui prévoient la libre circulation des personnes entre les différents pays membres, et ratifie le traité d’Amsterdam en 1998. Mais son adhésion à l’Union européenne provoque une crise d’identité, relançant le débat sur le maintien ou non de sa neutralité, tandis que l’effondrement des régimes communistes dans les pays de l’Est voisins entraîne un afflux d’immigrés.

Cette situation favorise l’essor du Parti libéral (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ), parti d’extrême droite dirigé par Jörg Haider, qui, lors des élections régionales de mars 1999, arrive en tête en Carinthie (42,1 p. 100 des suffrages) et progresse également au Tyrol et dans la province de Salzbourg. Face à cette avancée de la droite nationaliste, la coalition gouvernementale (sociaux-démocrates et conservateurs) se mobilise. Aux élections européennes du 13 juin 1999, les sociaux-démocrates ne devancent les conservateurs que d’un point, soit respectivement 31,7 p. 100 des voix contre 30,6 p. 100 (7 sièges chacun au Parlement européen), tandis que l’extrême droite est en léger repli (23,5 p. 100 des suffrages, soit 5 sièges).

5.11. 4

La chancellerie de Wolfgang Schüssel (2000-2007)

Aux élections législatives d’octobre 1999, le FPÖ, avec 26,9 p. 100 des suffrages, devance légèrement les conservateurs de l’ÖVP (415 suffrages de moins) et s’affirme comme la deuxième force politique du pays après les socialistes du SPÖ (33,1 p. 100 des suffrages). Menée par le conservateur Wolfgang Schüssel, la coalition gouvernementale conservateurs-extrême droite, à laquelle ne participe pas Jörg Haider, est investie par le président de la République Thomas Klestil en février 2000. Cette coalition, critiquée au sein même de l’Autriche, est réprouvée par les quatorze membres restants de l’Union européenne (UE), qui suspendent leurs relations officielles avec Vienne, tandis que les États-Unis réduisent les leurs, et lui imposent des sanctions bilatérales.

Succédant à Viktor Klima, Alfred Gusenbauer prend la tête du SPÖ à la fin avril. Après trente ans au pouvoir (dont treize en coalition avec les conservateurs), ce parti en pleine crise se retrouve dans l’opposition. De son côté, Jörg Haider quitte la présidence du FPÖ en mai 2000, assumée dès lors par la vice-chancelière Suzanne Riess-Passer, sa plus fidèle alliée. Tandis qu’au sein de l’UE s’opposent partisans de la fermeté et partisans d’une normalisation des rapports avec l’Autriche, Haider évoque un retrait de son pays de l’UE si cette dernière ne lève pas ses sanctions, menace qui embarrasse les conservateurs restés fidèles aux engagements communautaires.

Les relations avec l’Union européenne finissent par se normaliser et, en septembre 2000, les sanctions sont levées. Sur le plan intérieur, les manifestations d’hostilité au nouveau gouvernement s’essoufflent au cours de l’année 2000, mais le FPÖ enregistre plusieurs revers électoraux, notamment lors des élections dans les États de Styrie et du Burgenland en 2001 et surtout en mars 2001 lors des élections municipales à Vienne. Ayant mené personnellement campagne sur des thèmes xénophobes, Jörg Haider voit en effet son parti passer de 27,9 p. 100 en 1996 à 20,16 p. 100, tandis que le SPÖ retrouve la majorité absolue dans la capitale autrichienne. Cette série de revers fragilise la coalition gouvernementale, critiquée aussi pour sa politique libérale en matière économique, et répressive en matière de délinquance (notamment en ce qui concerne les toxicomanes). Le 1er janvier 2002, l’euro est mis en circulation avec succès en Autriche, de même que dans les onze autres pays de l’Union européenne qui l’ont adopté comme monnaie unique.

À la suite de divergences politiques internes au FPÖ, se traduisant par la démission de la vice-chancelière Suzanne Riess-Passer et par celle du ministre des Finances, le chancelier Wolfgang Schüssel dissout le gouvernement et convoque des élections législatives anticipées en novembre 2002. Les conservateurs de l’ÖVP en sortent largement vainqueurs avec 42,3 p. 100 des suffrages (+ 16) — ils sont en tête du scrutin pour la première fois depuis 1966 —, devant les sociaux-démocrates du SPÖ qui en recueillent 36,5 p. 100. L’ÖVP réussit ainsi à reconquérir une large partie des électeurs du FPÖ (- 16) qui descend à 10 p. 100 tandis que les Verts obtiennent 9,5 p. 100 des suffrages. Mais, après trois mois de négociations avec le SPÖ puis les Verts, le chancelier sortant est finalement amené à se tourner à nouveau vers le FPÖ avec lequel il trouve un accord le 28 février 2003. La coalition ÖVP-FPÖ est donc reconduite, l’ÖVP détenant 11 ministères et secrétaires d’État contre 6 pour le FPÖ.

L’ÖVP essuie cependant plusieurs échecs aux scrutins électoraux suivants. Lors de l’élection présidentielle d’avril 2004, la candidate de la coalition au pouvoir et ministre des Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, est battue par le candidat du Parti social-démocrate, Heinz Fischer, qui remporte 52,4 p. 100 des suffrages. Lors des élections européennes du mois de juin suivant, l’ÖVP est également devancé par les sociaux-démocrates (33,45 p. 100 des suffrages et 7 sièges sur 18 pour le SPÖ et 32,66 p. 100 des suffrages et 6 sièges pour l’ÖVP), tandis que le FPÖ obtient son résultat le plus faible au niveau national depuis 1983. Au mois de mai 2005, le Nationalrat et le Bundesrat ratifient le traité établissant une Constitution pour l’Europe, mais l’incertitude quant à l’avenir du texte constitutionnel prévaut dans la mesure où quelques jours plus tard les référendums organisés en France et aux Pays-Bas sont négatifs. C’est dans ce contexte que l’Autriche assure la présidence de l’Union européenne, à compter du 1er janvier 2006.

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