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animisme

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Masque dogon (Mali)Masque dogon (Mali)
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1

Présentation

animisme, croyance en l’existence d’âmes ou d’esprits, principes supérieurs et immatériels qui résideraient dans les lieux, les personnes, les animaux ou les objets, existant chez de nombreux peuples. Le terme animisme vient du latin anima, « souffle » ou « âme ». Dans le domaine de l’anthropologie, ce terme fait plus particulièrement référence à une théorie développée par le Britannique Edward Burnett Tylor à la fin du xixe siècle.

2

Théories relatives à l’animisme

2.1

Questionnements sur la nature de l’âme

Le concept d’âme recouvre des notions très différentes selon les cultures. Dans l’histoire occidentale, l’évolution de la pensée quant à la nature de l’âme, en dehors de toute considération religieuse, est marquée en particulier au ive siècle av. J.-C. par l’exemple d’Aristote, qui voit dans l’âme le principe moteur de la vie biologique et du fonctionnement de la pensée. Cette doctrine est ensuite reprise et diffusée plusieurs siècles plus tard par les scolastiques. Au xviiie siècle, le médecin et chimiste allemand Georg Ernst Stahl (1660-1734) est quant à lui le premier à faire usage du terme animisme. Dans son ouvrage Theorica Medica (1707), il considère l’âme comme un principe vital responsable du développement organique, ainsi que des dysfonctionnements du corps humain. L’esprit de l’homme est envisagé comme une entité qui ne possède pas de réalité matérielle, mais qui interagit avec le corps grâce au cerveau et au système nerveux.

Dans de nombreuses cultures, l’âme ne se rattache pas uniquement à l’être humain mais également à une grande diversité d’éléments naturels. Elle est en outre supposée posséder des pouvoirs importants ayant une influence directe sur la vie quotidienne des hommes. Les croyances rattachées à cette conception de l’âme sont les croyances animistes. Elles existent depuis des temps très anciens et se retrouvent en de nombreux lieux, partout sur la planète. Elles vont souvent de pair avec un grand respect de la nature, car au sein de celle-ci toutes les formes de vie mais aussi les lieux (rivières, sources, monts…) et les phénomènes atmosphériques sont supposés être habités par une âme et donc dotés de pouvoirs variés. Dans les religions animistes, le culte des ancêtres est également une pratique courante, les âmes des défunts étant supposées immortelles et donc perpétuellement agissantes.

2.2

L’animisme selon Tylor

Dans le domaine de l’anthropologie, le terme animisme est à rattacher à la théorie développée à la fin du xixe siècle par l’ethnologue Edward Burnett Tylor après qu’il s’est livré à une étude approfondie des croyances liées aux esprits dans diverses sociétés dites alors primitives. Tylor développe en particulier une théorie évolutionniste faisant de l’animisme primitif le principe originel de toutes les religions.

Dans la Civilisation primitive (Primitive Culture, 1871), son ouvrage majeur, Tylor définit l’animisme comme la croyance en des entités spirituelles supérieures, autonomes, immortelles et dotées d’une grande puissance. Celles-ci sont rattachées à chaque enveloppe corporelle et ont le pouvoir de mener une vie propre. Tylor tente d’établir les raisons qui mènent les hommes à cette croyance ; il affirme qu’à travers diverses expériences comme le rêve ou la transe, les peuples dits primitifs sont confrontés à des images ou visions qui leur prouvent que, à la faveur de certains événements, leur âme peut quitter leur corps et voyager selon son gré. De même, au moment de la mort, l’âme quitterait définitivement le corps mais continuerait à vivre ailleurs, la preuve de ce phénomène se trouvant dans le fait que les personnes mortes peuvent continuer d’apparaître en rêve aux vivants. Selon les descriptions de l’anthropologue, l’âme est assimilée par les peuplades observées à une sorte de fantôme, prenant l’apparence de vapeurs ou d’ombres. On lui attribue la possibilité de migrer d’une personne à une autre, mais aussi d’un être mort vers un vivant. Par extension, il est entendu que le principe de l’âme n’est pas seulement propre à l’humain mais se retrouve dans toutes les composantes de la nature, végétaux, animaux et même objets inanimés, et qu’une âme peut par conséquent migrer et se transmettre indifféremment vers chacune de ces entités, quel que soit son type.

2.3

L’origine de la religion

À partir de ces diverses observations, Tylor déduit que l’animisme peut être considéré comme le fondement de toutes les religions, qu’elles soient polythéistes ou monothéistes. Il établit une théorie évolutionniste dans laquelle l’animisme aurait servi de base à des systèmes progressivement plus élaborés comme le fétichisme, c’est-à-dire la notion d’âme s’incarnant en un objet alors vénéré, puis le culte des différents éléments de la nature, pour parvenir enfin au polythéisme et au monothéisme, qui représente d’après Tylor la forme la plus aboutie du concept de religion.

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