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Résultats avec Windows Live® Search Verlaine, PaulArticle
Plan de l'article
Présentation ; Une enfance sans nuages ; Les débuts poétiques ; De ses fiançailles à la rencontre de Rimbaud ; La conversion et le déclin ; Les manières de Verlaine
Verlaine, Paul (1844-1896), poète français, dont la postérité littéraire retient les recherches qu’il a entreprises sur la musicalité du vers et sur la traduction impressionniste des sentiments.
Né à Metz, Verlaine est le fils unique de bourgeois aisés. Son père, officier, est issu d’une famille très catholique et, si sa foi s’étiole dès son enfance, il a baigné dans cette atmosphère religieuse à laquelle il reviendra plus tard dans sa vie. Il découvre tôt ses attirances homosexuelles, qui culmineront dans sa sulfureuse aventure avec Arthur Rimbaud. Il grandit entouré de l’amour de ses parents et de sa cousine Élisa Moncomble, de huit ans son aînée, orpheline que les Verlaine, restés longtemps sans enfants, ont adoptée ; si Élisa ne répond pas à la passion amoureuse que le jeune homme lui voue un moment, elle l’aidera matériellement à publier ses Poèmes saturniens (1866), son premier recueil.
Après son baccalauréat, Verlaine devient modeste employé à la Ville de Paris. Mais lui qui oscillera sans cesse entre bonheur rangé et sensualité débridée, entre foi et ivresse, ne se contente pas de cette tranquille sécurité. Depuis ses années de lycée, il admire Edgar Poe et écrit des poèmes. Dès 1865 il fréquente des poètes tels que Théodore de Banville et François Coppée (il écrira avec ce dernier Qui veut des merveilles ? en 1867), et déclare son admiration pour Charles Baudelaire dans la revue l’Art. La mort d’Élisa, alors qu’il a vingt-trois ans, lui porte un coup très rude et renforce son penchant pour l’absinthe. Les Poèmes saturniens témoignent de l’influence de la poésie parnassienne sur Verlaine ; certains fragments en ont d’ailleurs été publiés d’abord dans le Parnasse contemporain. Mais Verlaine y fait déjà preuve d’une recherche formelle et musicale toute personnelle, alliant à des vers au nombre de syllabes impair une versification moins riche, plus libre, que celle pratiquée alors. Fêtes galantes (1869), recueil aux inflexions précieuses et libertines, pastiche d’un trait léger les hyperboles de la rhétorique amoureuse. Dans un xviiie siècle, période alors à la mode, inspiré des peintures de Watteau, des personnages de romans pastoraux et de la commedia dell’arte se livrent à un léger badinage baigné dans l’irréalité de paysages lunaires. Les différents textes, d’une grande variété formelle, sont empreints d’une mélancolie qui imprègne tout à la fois le paysage et l’âme du poète. Cette fusion du monde extérieur et du ressenti fait intimement partie de l’originalité de Verlaine, les couleurs pâles et ternes correspondant, au sens baudelairien, à la mélancolie.
En 1869, Verlaine tombe amoureux de Mathilde Mauté, jeune bourgeoise de seize ans éprise de poésie. Ils se fiancent. Verlaine lui adresse des poèmes pleins de l’espoir d’une douce vie tranquille, sorte de havre de paix dont la femme aimée serait la promesse. Ils sont édités l’année suivante sous le titre la Bonne Chanson, recueil plus classique, moins impressionniste que les précédents. Le mariage de Verlaine et de Mathilde est célébré en 1870. Leur bonheur est de courte durée. Verlaine s’engage brièvement dans l’action communarde, ce qui lui vaudra de perdre son travail à la mairie de Paris. Puis, en 1871, il reçoit une lettre d’un jeune inconnu qui admire sa poésie et qui, lui envoyant un aperçu de la sienne, lui demande de le faire venir à Paris : c’est Rimbaud. Impressionné par cette œuvre qui s’annonce radicalement nouvelle, Verlaine accueille l’adolescent provincial chez lui. Leur amitié se transforme bientôt en passion charnelle. La naissance de Georges Verlaine ne change rien à l’atmosphère chargée d’électricité qui pèse sur le trio. Les deux hommes s’enivrent souvent ensemble, et l’alcoolisme rend Verlaine violent. Au cours de l’été 1872, il abandonne sa femme et s’enfuie avec Rimbaud. Leur périple les mène en Angleterre et en Belgique, dont il chantera les lumières froides et fades dans Romances sans paroles (1874). Ces textes, dont les touches brèves et les phrases nominales rappellent la peinture impressionniste d’un Manet, visent avant tout à la musicalité. L’aventure est de courte durée. Lors d’une scène, Verlaine tire sur Rimbaud, qu’il blesse légèrement. Le jeune homme prend peur et porte plainte. Verlaine est condamné à deux ans de prison.
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