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Gillespie, Dizzy

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Gillespie (Dizzy), WeeGillespie (Dizzy), Wee
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Présentation

Gillespie, Dizzy (1917-1993), trompettiste, chanteur, chef d’orchestre, arrangeur et compositeur de jazz américain.

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Le fomenteur d’une révolution

Le musicien à la célèbre trompette coudée (par accident), au pavillon dirigé vers le haut a été — avec le saxophoniste Charlie Parker, le batteur Kenny Clarke, le pianiste Thelonious Monk — le fomenteur de ce qui deviendrait la première révolution dans le jazz au cours des années quarante : le be-bop.

Ce personnage extravagant sera à la fois un soliste se distinguant très tôt par l’originalité de son style, un virtuose impétueux au parfait contrôle du registre suraigu, jongleur de notes et de sons, un chanteur étourdissant aux « scat chorus » débordant d’onomatopées désopilantes doublé d’un « showman » irrésistible (parlant, mimant, dansant) à la silhouette excentrique, un chef d’orchestre audacieux introduisant dès 1946 des rythmes afro-cubains dans une grande formation de jazz, un arrangeur (avec Tadd Dameron ou Gil Fuller) aux innovations audacieuses, un compositeur, enfin, de thèmes singuliers devenus des classiques (« Night in Tunisia », « Groovin’ High », « Woody’n You », « Salt Peanuts », etc.).

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Les sessions du Minton’s Playhouse

De son vrai nom John Birks Gillespie, il naît à Cheraw (Caroline du Sud). Après avoir étudié la trompette à l’âge de quinze ans, il est engagé dans l’orchestre de Teddy Hill avec qui il viendra à Paris en 1937 à l’occasion de l’Exposition internationale. Il se fait remarquer par ses solos (dans « When Lights are Low » et « Hot Mallets », 1939) au sein d’une petite formation réunie par Lionel Hampton. Il joue ensuite dans l’orchestre de Cab Calloway (1939-1941) qui n’apprécie guère ses « chinoiseries », puis travaille dans différentes formations, dont celle du pianiste Earl Hines où il rencontre Charlie Parker et les vocalistes Sarah Vaughan et Billy Eckstine.

Au Minton’s Playhouse, Dizzy retrouve, au cours de légendaires jam-sessions, les jeunes loups qui seront avec lui à l’origine du nouveau jazz en gestation. Après un court séjour dans l’orchestre de Duke Ellington en 1943, il se voit confier la direction musicale du chanteur Billy Eckstine. Il enregistre sous son nom les premiers disques historiques de be-bop (1945) et devient immédiatement célèbre (quoique controversé par la critique) et forme avec Charlie Parker l’un des quintettes les plus représentatifs du be-bop des origines (« Salt Peanuts », « Hot House »). C’est un an plus tard qu’il forme son big band, qui comprend : cinq trompettes, quatre trombones, cinq saxophones, Milt Jackson (vibraphone), John Lewis (piano), Al McKibbon (contrebasse), Kenny Clarke (batterie), le percussionniste cubain Chano Pozo Gonzales et le vocaliste Kenneth Hagood. Les concerts qui suivent font l’effet de véritables bombes ; ainsi, à Paris (Dizzy Gillespie « Pleyel 48 »), où « figues moisies » (partisans du style traditionnel) et « raisins secs » (inconditionnels du be-bop) — comme les appelaient Boris Vian — s’invectivent. Alors que les orchestres de « l’ère du swing » disparaissent peu à peu pour des raisons économiques, Dizzy réussit à maintenir le sien jusqu’en 1950.

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Une personnalité kaléidoscopique

Il forme ensuite un quintette, revient en Europe (à Paris, Pleyel 53), retrouve quelques autres maîtres du be-bop (Charlie Parker, Bud Powell, Max Roach) et Charles Mingus pour un concert « historique » (Jazz at Massey Hall-The Greatest Jazz Concert, Toronto, mai 1953), se produit au sein du Jazz at the Philarmonic avant que le Département d’État finance, et lui confie, une tournée de promotion du jazz en Extrême-Orient, en 1956 avec un nouvel orchestre sous la direction musicale de Quincy Jones. Il triomphe ensuite au Festival de Newport de 1957, au Carnegie Hall en 1961 (le délirant duo vocal avec Joe Carroll sur « Ool Ya Koo », disque Carnegie Hall Concert) au Festival d’Antibes-Juan-les-Pins de 1962 en quintette avec, notamment, le pianiste et compositeur argentin Lalo Schifrin ; il se produit et enregistre dorénavant dans différents contextes, privilégiant les rythmes afro-cubains en compagnie des meilleurs spécialistes.

En 1963, Dizzy enregistre à Paris avec le groupe vocal Les Double-Six, créé à la fin des années cinquante par la chanteuse Mimi Perrin (Dizzy et les Double-Six, consacré au répertoire du trompettiste), et participe à toutes les grandes manifestations jazzistiques hexagonales et européennes sous contrat pour la compagnie discographique Pablo de Norman Granz.

Ancien candidat à la Maison-Blanche en 1963 et 1972, il est devenu, à la fin des années soixante-dix, l’ambassadeur du jazz dans le monde entier. Il crée en 1988 l’United Nation Orchestra qui parcourt l’Afrique centrale, le Canada et l’Amérique latine en 1989 et 1991. L’année suivante, il est la vedette du Diamond Jubilee au club Blue Note de New York et joue pendant un mois en compagnie de jeunes trompettistes qui lui rendent hommage : Wynton Marsalis, Terence Blanchard, Roy Hargrove, etc.

Vers la fin de sa carrière, Dizzy accumule les honneurs : il recevra les insignes de commandeur des Arts et Lettres par le ministre de la Culture et sera décoré par le président des États-Unis de la médaille nationale des Arts. Dizzy Gillespie aura parcouru la planète jusqu’à son (presque) dernier souffle ; il meurt dans son sommeil le 6 janvier 1993. Dizzy Gillespie a rédigé, avec Al Fraser, son autobiographie et ses mémoires, parus sous le titre To Be Or Not to Bop, Jean-Christophe Averty a signé un Gillespie (Jazz Memories), vidéo de 1962.

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