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Tieck, Ludwig

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Ludwig TieckLudwig Tieck

Tieck, Ludwig (1773-1853), écrivain allemand, l’un des précurseurs puis l’un des chefs de file du romantisme allemand.

Né à Berlin, Ludwig Tieck étudie la littérature, l’histoire et la linguistique aux universités de Halle, Göttingen et Erlangen. C’est à partir de 1790 qu’il devient écrivain. Il est l’auteur de nombreux poèmes, romans, nouvelles, contes populaires, pièces de théâtre et critiques théâtrales de qualité inégale. Il a traduit également Don Quichotte, ainsi que plusieurs ouvrages de Shakespeare.

Toutefois, sa réputation repose aujourd’hui sur les contes populaires et sur les versions satiriques de contes de fées qu’il a composés pour la scène. Parmi ses Contes populaires (Volksmärchen, 3 vol., 1797), publiés sous le pseudonyme de Peter Leberecht, il faut citer le Chevalier Barbe-Bleue (Ritter Blaubart), porté à la scène en 1835, et le Chat botté (Der gestiefelte Kater), qui le sera quelques années plus tard, en 1844, tous deux inspirés des contes de Perrault. Au nombre de ses romans, au caractère fantastique quelque peu horrifiant, citons l’Histoire de William Lovell (Geschichte des Herrn William Lovell, 1795-1796), roman épistolaire en trois tomes inspiré du Paysan Perverti (1775) de Restif de la Bretonne, et rappelant, par l’importance accordée aux états d’âme, les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Sa nouvelle le Jeune Ébéniste (Der junge Tischlermeister, 1836) pose le problème de la position de l’artiste dans la société et de son embourgeoisement. Quant à son conte populaire le plus connu, le Blond Eckbert (Der blonde Eckbert, 1796), premier chef-d’œuvre de Tieck aux couleurs romantiques, il sera réédité plus tard dans le recueil Phantasus (1812-1816), et sera traduit par l’essayiste et historien écossais Thomas Carlyle, qui le publiera lui aussi dans son ouvrage intitulé German Romance (1827).

L’écrivain termine sa carrière par un autre chef-d’œuvre, Vittoria Accorombona (1840), roman historique en cinq tomes consacré à la poétesse italienne de la Renaissance et inspiré par la lecture de la tragédie de John Webster (1612). Rien d’étonnant quand on sait que, dès leurs études, Tieck et son ami Wilhelm Wackenroder ont découvert ensemble l’art médiéval et l’art de la Renaissance. Ils ont d’ailleurs écrit quelques essais sur le sujet, et un roman, Épanchements d’un moine ami des arts (Herzensergiessungen eines kunstliebenden klosterbruders, 1795-1796). L’activité de Tieck en tant qu’éditeur se concentrera en partie sur les auteurs de cette période.

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