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Présentation ; Le territoire et ses ressources ; Population et société ; Institutions et vie politique ; Économie ; Histoire
Érythrée, en arabe Irītrīyā et en tigrinya Értra, pays du nord-est de l’Afrique. Sa capitale est Asmara. Située à la limite de la région géopolitique de la Corne de l’Afrique, l’Érythrée a pour voisins Djibouti au sud, l’Éthiopie à l’ouest, et le Soudan au nord. Conquise de nombreuses fois au cours du xxe siècle, d’abord par les Italiens puis par les Britanniques et enfin par les Éthiopiens (constituant alors la porte de l’Éthiopie sur la mer Rouge), l’Érythrée a accédé à l’indépendance en 1993, à l’issue d’une guerre de libération qui a duré trente-cinq ans.
La superficie de l’Érythrée est de 121 144 km². C’est un vaste plateau qui domine une étroite plaine côtière, large d’une cinquantaine de kilomètres, s’étendant vers le sud et formant dans sa partie méridionale le désert Danakil. La plaine côtière est extrêmement chaude et reçoit peu de pluie. Les côtes, longues de 2 234 km, sont inhospitalières en raison des récifs coralliens et ne possèdent que deux mouillages de qualité, la baie d’Arkiko où est installé le port de Massaoua et le golfe de Zula. Au sud-est, le désert des Afars (Danakils), la fameuse plaine du sel, située en dessous du niveau de la mer (- 100 m), connaît des températures parmi les plus élevées jamais enregistrées sur terre. Vers l’ouest, la plaine côtière se relève brusquement en un haut plateau dont l’altitude varie de 1 830 à 2 440 m et où les précipitations annuelles sont nettement supérieures à celles de la côte. Les collines, situées au nord et à l’ouest du plateau central, varient entre 760 et 1 370 m d’altitude. Le réseau hydrographique du pays est pauvre, le seul fleuve important, non navigable, le Baraka, prend sa source près d’Asmara et se jette dans la mer Rouge au Soudan. Le climat est très dur : semi-désertique et désertique sur la côte et dans le désert Danakil, il est plus tempéré sur les plateaux. Le port de Massaoua connaît une température moyenne de 30 °C, avec un maximum absolu de 50 °C en juillet. Les précipitations moyennes oscillent entre 150 et 500 mm par an, selon les régions. On trouve trois types de paysages naturels, la steppe à acacias et le désert sur les côtes, la brousse xérophile parsemée de tamaris et d’acacias et la savane sur les plateaux. Le pays possède des gisements de potasse ainsi que très certainement de l’or, du fer et du pétrole ; mais trois décennies de guerre ont beaucoup freiné l’exploration et l’exploitation de ces ressources minières.
La population de l’Érythrée est hétérogène ; plusieurs langues, cultures et religions y sont représentées. Les langues les plus parlées sont des langues sémitiques et chamitiques. L’arabe, le tigrinya et le tigré appartiennent au premier groupe, l’afar, le saho, le beja au second. Les principaux groupes ethnolinguistiques de l’Érythrée sont les Tigrinya (47,9 p. 100), les Tegréens (31,0 p. 100), les Afars (4,2 p. 100) et les Beja (3,9 p. 100). À peu près la moitié de la population est constituée de chrétiens coptes traditionnellement installés sur le plateau (voir Églises chrétiennes d’Orient). L’autre moitié est musulmane et vit sur la côte et dans les villes (voir islam). Malgré la diversité culturelle, les Érythréens sont demeurés unis dans leur lutte contre la domination éthiopienne. En 2007, la population de l’Érythrée est estimée à environ 4 906 585 habitants, soit une densité d’environ 40 habitants au km2. 80 p. 100 de la population est rurale. Les principales villes sont la capitale, Asmara, qui, avec 563 948 habitants en 2005, domine de loin les autres villes, Assab (56 300), Keren (32 100), Massaoua (39 098) et Menderfa (14 800). La guerre avec l’Éthiopie et les famines qui ont frappé la région dans les décennies 1970 et 1980 ont provoqué d’importants déplacements de populations. Lors de l’indépendance en 1993, 20 p. 100 environ de la population était déplacée ; un demi-million d’Érythréens étaient réfugiés au Soudan. Outre les problèmes de subsistance, de pauvreté et d’illettrisme (estimé en 2000 à 50 p. 100 de la population), la nouvelle nation doit faire face à de lourdes tâches : réinstaller une partie de la population déracinée par la guerre et la famine, et reconstruire un pays dont les infrastructures ont toutes été détruites, en particulier le port de Massaoua.
Après la fin de la domination éthiopienne de facto sur l’Érythrée en 1991, le Front populaire de libération de l’Érythrée (FLPE), le mouvement le plus actif dans la guerre de libération, prend le contrôle de l’administration. L’indépendance est approuvée par référendum en avril 1993 et proclamée le 24 mai. Une période transitoire de quatre ans durant laquelle une Constitution doit être préparée est décidée. Le régime de transition est mis en place en mai 1993, sous le contrôle de la branche politique du FLPE, le Front populaire pour la démocratie et la justice (FPDJ), et de son secrétaire général Issayas Afeworki, qui prend la tête de l’État et du gouvernement. Le pouvoir législatif est assuré par une Assemblée nationale de 150 membres. La Constitution ratifiée en 1997 n’entre pas en vigueur en raison de la guerre survenue en 1998 avec l’Éthiopie. Après deux années d’un conflit meurtrier ayant entraîné un désastre économique, des revendications de démocratisation surgissent au printemps 2001, au sein même du FPDJ, parmi un groupe de « réformateurs » qui critiquent la dérive autocratique du régime. Dès le mois de septembre 2001, une répression féroce s’abat sur les dissidents et les journalistes (arrestations, suppression de la presse privée).
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