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colonisation

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Colonies grecques d'Italie du Sud et de SicileColonies grecques d'Italie du Sud et de Sicile
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1

Présentation

colonisation, action par laquelle des territoires sont occupés et exploités par un pays étranger dont ils dépendent politiquement, voire économiquement.

Le fait colonial est l’une des données majeures de l’époque contemporaine. Bien qu’à l’heure actuelle il n’existe officiellement plus de colonies, les effets des politiques de la colonisation se font encore sentir et le débat sur le colonialisme demeure d’actualité.

C’est avec l’expansion de l’Europe aux xixe et xxe siècles que la politique coloniale s’est développée dans toute son ampleur. Pourtant, l’acquisition de colonies n’est pas alors un phénomène nouveau. Les premiers empires de l’époque moderne se sont en effet développés dès le xve siècle, et les cités grecques ont créé dès l’Antiquité un certain nombre de colonies, même si ce phénomène présente peu de similitude avec le vaste mouvement qui s’est produit par la suite.

Il est particulièrement significatif de constater que, si des situations de dépendance d’une région et d’un peuple vis-à-vis d’un autre pays ont pu être observées sur divers points du globe et à des époques extrêmement variées, le phénomène de colonisation proprement dit a été l’œuvre des seuls États d’Europe occidentale.

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Colonisation et Antiquité

La lexicographie relative au phénomène colonial s’est peu à peu diversifiée, prenant ainsi acte de ses évolutions. Les premiers termes usités dans la langue française, et ce dès le xive siècle, sont ceux de colon et de colonie. Hérités du latin, ils témoignent d’une pratique antérieure, remontant à l’époque antique.

Les peuples méditerranéens se sont en effet déjà livrés à des formes de conquête et de domination d’autres peuples. Les Phéniciens et les Crétois ont ainsi installé dans tout le bassin méditerranéen des comptoirs-escales. Voués essentiellement à des objectifs commerciaux, ces comptoirs reçoivent néanmoins des migrants en provenance du pays colonisateur, qui trouvent là des opportunités qu’ils n’auraient pu espérer dans leur pays d’origine. Mais les Grecs sont allés beaucoup plus loin dans cette politique expansionniste. Développant migration et colonisation, ils se sont installés jusque sur les bords de l’Asie Mineure et ont fondé d’importantes cités en Méditerranée.

Pourtant, si certains historiens voient une continuité entre la colonisation antique et celle pratiquée ensuite à l’époque moderne, pour bien d’autres ce lien procède avant tout d’un amalgame confortable. Les analogies ainsi effectuées entre des formes de domination diverses visent finalement à légitimer un phénomène inédit, dont la spécificité doit être prise en compte afin de pouvoir en étudier toute l’ampleur.

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Naissance d’une colonisation de type moderne

L’évolution du vocabulaire rend compte de l’évolution des relations coloniales. Au xive siècle, le terme « colon » désigne la personne qui cultive une terre dont elle n’est pas propriétaire, en contrepartie du paiement d’un loyer en nature. À partir du xviiie siècle, le terme subit une évolution notable et caractérise celui qui fonde ou peuple une colonie, reflétant ainsi les nouvelles relations existant entre les pays d’Europe occidentale, d’une part, et les continents américain, asiatique et africain, d’autre part. Cette nouvelle donne s’est également traduite par l’apparition du terme de colonisation qui, à partir du xviiie siècle, désigne l’action de coloniser.

L’époque moderne voit en effet se généraliser les relations de domination dans le cadre colonial. Sous le coup de leur évolution économique et politique, les pays d’Europe occidentale ont mis en place des stratégies ayant pour objet l’assujettissement d’autres peuples. À partir de la fin du Moyen Âge, l’Europe développe des besoins nouveaux, du fait des mutations des forces productives et des moyens de communication utilisés. Les mines exploitées durant le Moyen Âge en Europe s’étant épuisées, les prix des épices s’étant accrus, les Européens en quête de matières premières et de main-d’œuvre se lancent à la conquête des pays africains, américains et asiatiques.

Dès le xive siècle, les Portugais, suivis de peu par les Espagnols, organisent des expéditions tout d’abord en direction de l’Afrique. La situation de concurrence ainsi créée entre les deux pays est réglée par le pape qui, par le traité de Tordesillas (1494), effectue un partage des zones d’influence au profit de l’Espagne et du Portugal (voir Marcation, ligne de).

Dès les débuts de la politique d’expansion coloniale, celle-ci reçoit le soutien de théoriciens de renom. Dans un premier temps, le fait colonial est justifié par la volonté d’élever des peuples dont on met en doute la nature humaine. C’est avec l’argument de la christianisation que la colonisation a été menée, et que les populations indiennes du continent américain ont été réduites en esclavage. Mais les théologiens ont également été les premiers à entamer une remise en cause de la politique menée dans le Nouveau Monde. En 1550, lors de la très fameuse controverse de Valladolid, Bartolomé de Las Casas et Juan Ginés de Sepulveda se sont opposés devant le Conseil des Indes. Pour Sepulveda, la colonisation est justifiée par le caractère inférieur des Indiens, et l’esclavage est légitime dans la mesure où il est pratiqué au profit d’une nation supérieure telle que l’Espagne. Les thèses de Las Casas l’emportent finalement, conduisant à la promulgation de lois de protection des Indiens, sans pour autant déboucher sur une abolition définitive de l’esclavage.

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Compagnies à charte

La politique expansionniste que l’Espagne développe en direction de l’Asie et surtout de l’Amérique, où elle acquiert un empire immense, ne laisse pas indifférents les autres pays européens. Bientôt, la Grande-Bretagne, la France et la Hollande, principalement, se lancent à leur tour dans l’aventure coloniale. Alors que les gouvernements espagnol et portugais sont intervenus directement, les nouveaux prétendants à la conquête agissent, dans un premier temps, par l’intermédiaire de compagnies à charte, fondées dès le xviie siècle.

Une distinction est généralement faite entre les colonies dites de peuplement et celles d’exploitation. Dans les premières, des colons originaires du pays colonisateur sont supposés s’installer en nombre suffisamment important pour former des communautés organisées. Il n’a pourtant existé aucune colonie de peuplement à proprement parler, et les colons européens ont vécu aux côtés des peuples colonisés dans des situations de ségrégation plus ou moins poussée. Les colonies d’exploitation ont donc constitué la forme la plus répandue.

Dans la mesure où l’objet premier de la colonisation est de mettre à la disposition des pays occidentaux les ressources des pays colonisés, le manque de bras européens et la condamnation de l’esclavage des Indiens d’Amérique ont suscité la recherche d’une autre main-d’œuvre. C’est dans ces conditions que, dans le cadre du commerce triangulaire, les pays européens ont systématisé, durant plusieurs siècles et pour leur propre compte, les pratiques esclavagistes.

Les conceptions économistes développées par les mercantilistes ont eu pour corollaire de placer les colonies dans une relation de dépendance étroite vis-à-vis de leur métropole. En France, ce système d’organisation était dit de l’« Exclusif ».

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