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esthétique

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1

Présentation

esthétique (du grec aisthesis, « sensation »), branche de la philosophie qui a pour objet l’étude du beau, son essence et sa perception.

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Définition et enjeux

L’esthétique porte également sur la question de savoir si le beau est objectivement présent dans les choses ou s’il est une qualité que l’esprit attribue aux objets ; aussi cherche-t-elle à définir les processus qui président à la perception des œuvres d’art, et s’interroge également sur la différence entre le beau et le sublime.

La critique d’art et la psychologie d’art sont des disciplines distinctes, mais toutes deux s’apparentent à l’esthétique. La critique d’art étudie les œuvres, analyse leur structure, leur signification et tente de définir leur place dans l’histoire de l’art en les comparant et en évaluant leur degré d’originalité. La psychologie de l’art s’intéresse aux facteurs qui déterminent la réception d’une œuvre : elle examine les réactions suscitées par la couleur, le son, le trait, la forme et les mots, ainsi que les émotions que ces éléments provoquent.

Le terme d’« esthétique » est introduit en 1750 par le philosophe allemand Alexander Gottlieb Baumgarten. Cependant, bien avant que l’esthétique ne soit constituée en tant que discipline, l’homme cherchait à comprendre la nature du beau. Depuis le xixe siècle, la réflexion des artistes sur l’art a contribué à enrichir les théories esthétiques.

3

Théories classiques

3.1

Platon

La première théorie du beau est celle de Platon. Selon sa philosophie, la réalité est constituée d’archétypes, idées, formes ou encore modèles parfaits des choses, dont l’homme ne connaît que les reflets à travers l’expérience sensible. Ces modèles confèrent aux choses du monde, toujours mouvantes et susceptibles de disparaître, une apparence de stabilité. Le philosophe a pour tâche de s’élever par la pensée au niveau de cette réalité immuable. Parmi ces archétypes se trouve le Beau, dont on peut avoir une idée par réminiscence. L’œuvre d’art est en quelque sorte une copie de ce Beau idéal, elle s’en approche autant qu’elle le peut. L’art, dans cette conception, est ainsi l’imitation (mimèsis) d’un Beau uniquement intelligible.

3.2

Aristote

Aristote se démarque de Platon en ce qu’il opère un retour à la contingence du monde. Sa conception de l’imitation ne se réfère pas à un ordre transcendant, mais à la Nature telle qu’elle apparaît. L’artiste l’imite mais, comme l’écrit Aristote, « l’art complète en partie ce que la Nature ne peut pas achever ». Aristote établit quatre « causes » qui président à la création de l’œuvre d’art (et d’une création humaine en général) : la cause matérielle (par exemple, une coupe sacrificielle est faite d’argent) ; la cause formelle (la coupe a une forme particulière) ; la cause finale (elle est conçue dans un but précis) et la cause efficiente, à savoir l’homme qui rassemble les trois premières causes pour concevoir l’objet. Il y a là l’ébauche d’une esthétique normative, qui porte en elle les racines d’un certain académisme : s’il y a imitation de la Nature, c’est en fonction d’une certaine exigence d’universalité.

Pour Aristote comme pour Platon, la conception du Beau est inséparable de la morale et de la politique. Aristote livre ses réflexions sur la musique dans sa Politique, où il montre que l’art a une incidence sur la façon d’être de l’homme et par conséquent sur la vie sociale : l’art permet une réconciliation de passions opposées. C’est ce qu’il démontre également dans la Poétique, œuvre qui explore les principes de l’art dramatique : dans la tragédie, la présentation de passions exacerbées « purge » en quelque sorte le spectateur de ses passions. C’est l’effet de la catharsis, qui n’est pas seulement une thérapeutique de l’âme humaine, mais aussi une forme de libération permettant à l’homme de devenir apte au bonheur.

Le théâtre classique français du xviie siècle est considérablement influencé par la Poétique d’Aristote. Des dramaturges comme Jean Racine, Pierre Corneille et Molière adhèrent au principe de l’unité de temps, de lieu et d’action, conception qui domine la théorie littéraire jusqu’au xixe siècle.

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