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esthétique

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6.2

Schopenhauer

Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer croit que les formes de l’univers, comme les formes éternelles platoniciennes, existent au-delà du monde de l’expérience et que l’on parvient à la satisfaction esthétique en les contemplant pour elles-mêmes et qu’ainsi la satisfaction esthétique constitue le moyen par excellence pour échapper à l’insupportable pesanteur du monde quotidien.

6.3

Nietzsche

Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche suit d’abord Schopenhauer, puis s’en sépare. Nietzche s’accorde sur l’idée que la vie est tragique, mais refuse d’exclure pour autant l’ouverture du monde tragique à la joyeuse affirmation dont la réalisation intégrale est l’art. Son affirmation essentielle est que « l’Art a plus de valeur que la vérité ». La création de l’artiste, dans l’instant, devient pour celui qui la contemple un instant éternel, affirmation la plus haute de la vie.

7

Esthétique et art

7.1

Art et nature

Parallèlement aux réflexions philosophiques sur l’art, l’esthétique traditionnelle aux xviiie et xixe siècles est dominée par l’idée que l’art imite la nature. On suppose également que les œuvres d’art ont une utilité sociale : les peintures peuvent aider à commémorer les événements historiques ou encourager la moralité. La musique peut inspirer pitié ou patriotisme.

7.2

La « révolution » impressionniste

Dans la seconde moitié du xixe siècle, ces idées traditionnelles sont ébranlées par des conceptions esthétiques nouvelles. C’est particulièrement le cas en peinture. Les impressionnistes français comme Claude Monet accusent les peintres dits académiques de mettre sur la toile ce qu’ils croient devoir voir et non pas ce qu’ils voient réellement, le travail de la lumière et de l’ombre, des surfaces aux multiples couleurs ou aux formes oscillantes sous le jeu des mouvements du soleil.

Si bien qu’à la fin du xixe siècle, des peintres postimpressionnistes comme Paul Cézanne, Paul Gauguin et Vincent Van Gogh sont davantage intéressés par la structure de la peinture, l’expression de leur propre psychisme et non par la représentation des objets de la nature. Au début du xxe siècle, cet intérêt pour la structure s’accroît avec l’apparition du cubisme, comme chez Georges Braque et Pablo Picasso. La tendance expressionniste de ce renouveau se reflète dans l’œuvre d’Henri Matisse et dans celles des représentants de l’expressionnisme allemand, comme Ernst Ludwig Kirchner. L’expressionnisme est aussi présent dans le théâtre, en particulier chez le Suédois August Strindberg et l’Allemand Frank Wedekind.

7.3

L’art pour l’art

Le principe de « l’art pour l’art », qui a son origine dans l’idée kantienne selon laquelle l’art a sa propre raison d’être, peut justifier de telles approches artistiques ; l’écrivain français Théophile Gautier, en pleine période romantique, affirme déjà que l’art n’a rien à voir avec la morale. La formule « l’art pour l’art » est introduite en 1818 par le philosophe français Victor Cousin, qui est aussi l’introducteur de la philosophie hégélienne en France.

Sa doctrine, parfois appelée esthétisme, est adoptée en Grande-Bretagne par le critique d’art Walter Horatio Pater, par les peintres préraphaélites et par le peintre américain James Abbott McNeill Whistler. En France, le principe est le credo de poètes comme Charles Baudelaire. De fait, le principe sous-tend en grande partie l’art occidental d’avant-garde au début du xxe siècle.

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