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Plan de l'article
christianisme, religion fondée sur la personne et l’enseignement de Jésus-Christ, apparue au ier siècle de notre ère. Le christianisme, qui a profondément marqué la culture occidentale, est aujourd’hui la plus répandue des religions du monde. Elle est fortement présente sur tous les continents du globe, et compte plus de 1,9 milliard de fidèles dans le monde.
Pratiquement toutes les informations sur Jésus et sur le christianisme primitif proviennent de ceux qui se sont donnés pour ses disciples. Ces derniers consignent leur témoignage par écrit pour convaincre les générations futures et non pour restituer une quelconque vérité historique. Par conséquent, ces informations soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Personne n’a jamais réussi à harmoniser toutes ces données en un corpus cohérent qui rende compte du déroulement chronologique des événements de façon satisfaisante. La nature même de ces sources d’information a donc rendu très difficile voire impossible, sauf d’une manière très hypothétique, la distinction entre les enseignements originels de Jésus et ceux qui ont été développés à son sujet par les premiers chrétiens. Ce que l’on sait, c’est que le personnage de Jésus de Nazareth et son message interpellent très tôt ceux qui voient en lui un nouveau prophète. Les souvenirs que ses disciples gardent de ses paroles et de ses faits et gestes sont transmis à la postérité par les auteurs des Évangiles. Ils évoquent la vie de Jésus sur Terre à la lumière de certaines expériences, que les premiers chrétiens assimilent au miracle de sa résurrection d’entre les morts, le dimanche de Pâques. Ils se tournent vers les Écritures (la Bible hébraïque, appelée par la suite « Ancien Testament » par les chrétiens) pour mieux comprendre comment s’accomplit ce qui a été annoncé et rendre témoignage de ce qu’ils ont vécu auprès de Jésus. Croyant que le Christ souhaite les voir se regrouper en une nouvelle communauté appelée à sauver le peuple d’Israël, ces juifs chrétiens (on parle à leur sujet de « judéo-christianisme ») fondent la première Église à Jérusalem. C’est là qu’ils affirment avoir reçu le don de l’Esprit saint promis par Jésus et s’être senti investis de pouvoirs tout à fait neufs (Voir aussi Pentecôte).
Jérusalem reste le centre du mouvement chrétien jusqu’à la destruction de la ville par l’armée romaine, en 70 apr. J.-C. Le christianisme rayonne à partir de ce centre, d’abord dans le pays, gagnant les autres villes de Palestine, puis au-delà. Les apôtres portent leur message essentiellement aux adeptes du judaïsme, auxquels ils présentent le christianisme comme « nouveau », non pas dans le sens d’une religion nouvelle venue d’ailleurs, mais comme un mouvement qui perpétue et accomplit la promesse de Dieu faite à Abraham, Isaac et Jacob. Dès le début, le christianisme entretient avec le judaïsme une relation duelle de continuité et d’accomplissement, d’antithèse et d’affirmation. Lorsque Jésus est interrogé à propos de la Loi juive, il répond en effet : « Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir ». La conversion forcée des juifs au Moyen Âge et la longue histoire de l’antisémitisme (malgré une condamnation par les chefs de différentes Églises) prouvent que l’antithèse prend vite le dessus sur l’affirmation. En revanche, il n’y a jamais de véritable rupture de continuité entre judaïsme et christianisme. La présence d’un nombre important d’éléments liés au judaïsme dans la Bible rappelle aux chrétiens que celui qu’ils vénèrent comme leur Seigneur est juif lui-même en tant qu’homme, et que le Nouveau Testament n’est pas indépendant de l’Ancien Testament auquel il est annexé. Le christianisme commence à s’éloigner de ses racines juives vers la fin du iie siècle. En effet, un changement notable se produit alors : les chrétiens d’origine non juive, appelés les Gentils, dépassent en nombre les juifs convertis au christianisme. Ce phénomène vient principalement de l’action de saint Paul. Né juif et profondément engagé dans le judaïsme, il se convertit au christianisme et se perçoit comme « l’instrument » désigné par Dieu pour porter la parole du Christ aux Gentils, c’est-à-dire aux païens. C’est lui qui formule, dans ses Épîtres adressées aux premières Églises chrétiennes, les idées et les termes qui constituent par la suite l’essentiel de la doctrine chrétienne. Saint Paul est considéré, à juste titre, comme le « premier théologien chrétien ». Bon nombre de théologiens après lui se fondent sur ses Épîtres, consignées depuis lors dans le Nouveau Testament, pour élaborer leurs idées et concepts. Les Épîtres de saint Paul et d’autres sources datant des deux premiers siècles nous révèlent certaines informations relatives à l’organisation des premières Églises. Les Épîtres à Timothée et à Tite, attribuées à tort par les exégètes à Paul, attestent des débuts d’une organisation fondée sur une transmission de pouvoirs, par ordination, des premiers apôtres, y compris Paul lui-même, à des « évêques ». Les termes d’évêque, de prêtre et de diacre apparaissent dans les documents de l’époque comme interchangeables et laissent à penser qu’il n’y a pas, au départ, de distinction entre ces différents ordres. Ce n’est qu’à partir du iiie siècle que s’affirme l’autorité des évêques, considérés comme les dignes successeurs des apôtres, à condition de vivre et d’enseigner selon l’éthique de ceux-ci, et en conformité avec leurs enseignements contenus dans le Nouveau Testament et dans la « profession de foi » transmise par les Églises apostoliques.
La clarification de cette profession de foi devient nécessaire lorsque le message chrétien suscite des interprétations jugées trop éloignées des préceptes initiaux du christianisme. Les déformations ou hérésies les plus importantes sont celles qui touchent à la personne du Christ. Certains théologiens cherchent à protéger la sainteté de Jésus et affirment que sa nature humaine est différente de celle des autres hommes. D’autres encore, sous prétexte de préserver la foi monothéiste, proclament que sa nature n’est pas aussi divine que celle de Dieu le Père. En réponse à ces deux tendances, les premiers credo définissent la divinité du Christ à la fois par rapport à la divinité du Père et à l’humanité de Jésus. La formulation définitive de ces relations est consacrée par une série de conciles aux ive et ve siècles, notamment le concile de Nicée (en 325) et le concile de Chalcédoine (en 451), qui statuent sur les doctrines de la Trinité et les deux natures du Christ, et dont les décisions sont encore reconnues par la plupart des chrétiens de nos jours. Pour élaborer ces doctrines, le christianisme doit s’efforcer d’affiner sa pensée et son langage, créant par cette dynamique une théologie philosophique en grec et en latin. Elle devient d’ailleurs le système intellectuel dominant en Europe pendant plus de mille ans. Le principal artisan de la théologie occidentale est saint Augustin, évêque d’Hippone, dont l’œuvre abondante (on peut notamment citer les Confessions et la Cité de Dieu) contribue à façonner ce système.
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