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Plan de l'article
Présentation ; Aux sources du système : l'entrepreneur ; Le profit, essence du capitalisme ; Le capitalisme en tant que système ; Le capitalisme au xxe siècle ; Les perspectives d’avenir
Pendant la majeure partie du XXe siècle, le capitalisme en tant que système économique, s’épanouissant en général dans le cadre d’un modèle — celui de la démocratie libérale —, a dû faire face à des situations de crises et à l’apparition de modèles économiques alternatifs à sa domination. La Première Guerre mondiale, la révolution et le communisme marxiste en Russie, le national-socialisme en Allemagne, la Seconde Guerre mondiale, la mise en place de systèmes économiques communistes en Chine et en Europe orientale ont constitué autant de remises en question du capitalisme en tant que système dominant à l’échelle mondiale. Cependant, dans les années quatre-vingt-dix, la conversion à l’économie de marché des pays de l’ex-bloc soviétique, que nombre de pays en voie de développement avaient adoptée précédemment, semblait néanmoins confirmer sa suprématie. Dans les démocraties industrielles d’Europe et d’Amérique du Nord, le plus important défi au capitalisme est apparu au cours des années trente. La crise économique de 1929 a été de loin le plus grand bouleversement économique subi par le capitalisme moderne depuis ses débuts au XVIIIe siècle. Elle a amené, en s’écartant de la stricte logique libérale qui cantonne l’État à un rôle de « gendarme » chargé de garantir un cadre stable à l’activité économique, à conférer à la puissance publique un rôle de régulation et d’intervention directe, afin de corriger les dysfonctionnements du système. Aux États-Unis, par exemple, le New Deal du président Franklin Roosevelt a permis de restructurer le système financier afin d’éviter le renouvellement des excès spéculatifs qui ont conduit au krach de Wall Street en 1929. Les bases de l’État-providence ont été posées avec l’introduction de la Sécurité sociale et de l’indemnisation du chômage, mesures destinées à protéger les citoyens, dans une optique substituant à l’assurance privée la prise en charge collective du risque. La réflexion sur les mécanismes du capitalisme contemporain a été profondément renouvelée avec la publication, en 1936, de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, de John Maynard Keynes, ouvrage qui a donné naissance à l’école de pensée connue sous le nom de keynésianisme. L’apport de Keynes consiste dans la démonstration selon laquelle il est possible pour un gouvernement d’utiliser divers instruments, dont la politique monétaire et budgétaire, afin de réguler les cycles de « prospérité et de faillite » propres au capitalisme. Selon Keynes, le gouvernement, lorsqu’il est confronté à une période de dépression, doit augmenter ses dépenses, même aux dépens de l’équilibre budgétaire, afin de compenser l’insuffisance des dépenses privées. Ce processus doit être inversé si une vague de prospérité engendre des phénomènes de spéculation et une « surchauffe » de l’économie favorable à l’inflation.
Après la Seconde Guerre mondiale, la combinaison des politiques keynésiennes et des mécanismes traditionnels du capitalisme a fonctionné de manière satisfaisante, au moins pendant une trentaine d’années. Les pays capitalistes, y compris ceux qui ont compté parmi les vaincus de la Seconde Guerre mondiale, à l’instar de l’Allemagne et du Japon, ont bénéficié d’une croissance presque ininterrompue, de faibles taux d’inflation et de niveaux de vie en constante progression, en particulier sous l’influence d’une montée en puissance de la protection sociale. Cependant, dès la fin des années soixante, l’inflation s’est installée de manière durable dans tous les pays, et le chômage s’est imposé progressivement comme un phénomène frappant une proportion très importante de la population. Cette situation a ouvert la voie à une remise en cause de la pertinence des théories keynésiennes, alors que les transferts financiers liés à l’État-providence ont continué de croître. Le choix de mener des politiques monétaire, budgétaire et fiscale restrictives, effectué d’abord aux États-Unis dès le début des années quatre-vingt, puis en Europe occidentale et dans les pays industrialisés d’Asie, a permis d’éliminer l’inflation, au prix cependant d’une très forte hausse du chômage. À partir du milieu des années quatre-vingt, la plupart des économies occidentales ont connu un redressement significatif. La recherche de politiques alternatives au keynésianisme s’est traduite fréquemment par l’adoption d’une politique monétariste et libérale, incluant des privatisations importantes et d’autres efforts pour réduire le poids du secteur public. Les krachs boursiers de 1987 ont entraîné une nouvelle période d’instabilité financière. La croissance économique s’est ralentie et de nombreuses nations sont entrées dans une phase de récession accompagnée d’une nouvelle hausse du chômage, au début des années quatre-vingt-dix. La reprise qui a suivi au milieu des années quatre-vingt-dix ne s’est pas accompagnée d’une amélioration significative du problème de sous-emploi dans la plupart des pays industrialisés. Si le capitalisme reste bien le système dominant, c’est au terme d’un certain nombre d’adaptations qui ont affecté son environnement : on est ainsi passé d’un capitalisme dit « sauvage », comme on pouvait l’observer au XIXe siècle, à un capitalisme encadré par la puissance publique, qui impose sa régulation dans le domaine du travail et de la concurrence, tout en soumettant l’ensemble de la sphère privée à des mécanismes de mise en commun des risques sociaux, ce que ne remet pas fondamentalement en question l’apparente désaffection manifestée vis-à-vis des théories keynésiennes.
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