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Sand, George (1804-1876), romancière française d’inspiration romantique, connue pour ses romans champêtres qui célèbrent la douceur de vivre dans la campagne berrichonne et pour sa vie passionnée.
Née à Paris, Aurore Dupin (de son vrai nom) perd son père à l’âge de quatre ans et est recueillie par sa grand-mère, Madame Dupin, fille du maréchal de Saxe et veuve d’un riche financier. Élevée à la campagne, dans le domaine familial de Nohant, elle se retrouve à la croisée d’une double éducation, aristocratique et paysanne. Son précepteur lui enseigne le latin et les sciences, tandis qu’elle s’initie à la vie champêtre. À l’âge de treize ans, elle est placée dans un couvent parisien. Elle rencontre à Paris, en 1821, le baron Casimir Dudevant, qu’elle épouse en septembre 1822. Installé à Nohant, le couple a d’abord un fils et, en 1828, malgré leur mésentente, la baronne met au monde une fille. Devenue la maîtresse de l’écrivain Jules Sandeau en 1830, elle décide brusquement de changer de vie. Avec l’accord de son mari, elle quitte Nohant et revient habiter Paris.
La baronne y fait la connaissance de Henri de Latouche qui lui suggère son nom de plume et l’embauche au Figaro qu’il dirige — ce n’est alors qu’un petit journal. À son propos elle affirme plus tard, « c’était un ami, et surtout un maître jaloux par nature, comme le vieux Porpora que j’ai dépeint dans un de mes romans. Quand il avait couvé une intelligence, développé un talent, il ne voulait plus souffrir qu’une autre inspiration ou qu’une autre assistance que la sienne osât en approcher. » Elle découvre le milieu littéraire parisien et rencontre entre autres Honoré de Balzac, Henri Monnier, le critique et romancier Jules Janin. Elle écrit alors un roman en collaboration avec Jules Sandeau, Rose et Blanche, qui est signé J. Sand (le J. renvoyant à Jules). En mai 1832, elle publie son premier roman, Indiana, l’histoire, inspirée de ses amours, d’une femme aimée par trois hommes, sous le pseudonyme de George Sand — Sand est le diminutif de Sandeau, et elle choisit comme prénom George car il lui rappelle son Berry et a une connotation britannique — à propos duquel elle raconte : « Je sentis en commençant à écrire Indiana une émotion très vive et très particulière, ne ressemblant à rien de ce que j’avais éprouvé dans mes précédents essais. Mais cette émotion fut plus pénible qu’agréable. » La même année, elle publie Valentine, mettant toujours en scène une femme et lui valant l’admiration de Chateaubriand. Reconnue d’emblée par les plus sévères critiques (Charles Sainte-Beuve, Gustave Planche), elle est appelée à collaborer à la Revue des Deux Mondes, qui s’engage à lui verser une rente annuelle de quatre mille francs contre trente-deux pages de copie hebdomadaire.
En 1833, George Sand publie Lélia, roman féministe qui est à l’origine d’une vive controverse. Sa dénonciation du mariage fait écrire au chroniqueur Capo de Feuillide dans l’Europe littéraire qu’il faut user d’« un charbon ardent » pour se purifier les lèvres après la lecture de cette œuvre. En juillet 1833, après sa rupture avec Jules Sandeau (Honoré de Balzac, qui lui a déjà dédié Mémoires de deux jeunes mariés, raconte leur histoire dans La Muse du département), commence sa légendaire liaison avec Alfred de Musset. Parti en décembre pour l’Italie, à Venise, le couple traverse une crise majeure. Sand tombe amoureuse de Pagello, le médecin d’Alfred de Musset qui, de son côté, court les filles. Lorsque le manque d’argent se fait sentir, elle écrit pour la Revue des Deux Mondes les Lettres d’un voyageur. Cette relation houleuse ne prend définitivement fin qu’en mai 1835. Le Secrétaire intime (1834) inaugure la série des romans vénitiens (Léone Léoni, 1834 ; Jacques, 1834) où, à l’image de leur auteur, les héros vivent des aventures passionnées. Dès cette époque, George Sand est considérée par la critique conservatrice et catholique comme un auteur pernicieux.
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