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Présentation ; Les années de formation ; Des débuts hasardeux ; L’Encyclopédie ; Les premières œuvres ; L’auteur dramatique et le critique d’art ; Les grandes œuvres ; Les dernières années
Diderot, Denis (1713-1784), philosophe et écrivain français, le maître d’œuvre de l’Encyclopédie et l’un des principaux représentants de l’esprit des Lumières. Diderot est un auteur aux talents multiples. Toujours audacieuse, son œuvre touche à tous les genres et se développe dans différents domaines : la science, la philosophie et l’esthétique. Surtout admiré en son temps comme directeur de l’Encyclopédie, il est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains les plus novateurs du siècle des Lumières. Il en incarne l’esprit par son matérialisme athée, par sa volonté de dénoncer les préjugés et par sa confiance en la raison.
Né à Langres, Diderot est le fils aîné d’une famille de couteliers qui le destine à une carrière ecclésiastique. Tonsuré en 1726 après de brillantes études chez les jésuites, il est lui-même convaincu d’avoir une vocation religieuse : « Il vient un moment où presque toutes les jeunes filles et les jeunes garçons tombent dans la mélancolie […] Ils prennent pour la voix de Dieu qui les appelle à lui les premiers efforts d’un tempérament qui se développe » (Jacques le Fataliste). Parti terminer ses études de théologie à Paris, il est reçu maître ès arts en 1732.
Renonçant finalement à l’état ecclésiastique, Diderot entreprend des études de mathématiques, de langues anciennes et d’anglais, mais son père cesse bientôt de subvenir à ses besoins, et le jeune homme doit lui-même faire face à la situation. Il vit d’expédients, donne des cours particuliers, emprunte. À cette période, il compose des travaux de librairie anonymes qui nous restent inconnus. Vers 1742, il se lie d’amitié avec Jean-Jacques Rousseau et avec Condillac. Tombé amoureux d’une jeune lingère, Antoinette Champion, il l’épouse clandestinement en 1743. Dix ans plus tard, une fille, Marie-Angélique, naît de cette union. Très attaché à cette enfant, Diderot lui donne une éducation soignée, peu conforme à l’apprentissage superficiel qu’on dispense aux jeunes filles à cette époque. En 1745, Diderot traduit l’Essai sur le mérite et la vertu (1699) de Shaftesbury, en l’accompagnant de notes personnelles et, l’année suivante, publie ses Pensées philosophiques. Ce dernier ouvrage est condamné par le parlement pour son matérialisme et son athéisme.
À partir de 1746 commence l’aventure de l’Encyclopédie. Avec Jean Le Rond d’Alembert, Diderot se voit confier la direction de la publication de cet ouvrage, qui va s’échelonner sur une vingtaine d’années, jusqu’en 1772 (date à laquelle est publié un ultime volume de planches). Il s’agit, au départ, d’adapter la version anglaise de l’Encyclopédie (Cyclopædia) de Chambers, mais l’intervention de Diderot et de ses collaborateurs va bien au-delà d’une simple adaptation. Non seulement Diderot nourrit cette entreprise de sa propre pensée scientifique et philosophique au prix d’un travail acharné mais, de surcroît, il en assure vigoureusement la défense lorsqu’elle est l’objet d’attaques et d’interdictions diverses. Voir Encyclopédie (de Diderot et d’Alembert).
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