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L’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’Union européenne. En 2008, sa population était estimée à 82 369 548 habitants. La densité est élevée (235,9 habitants au km²). Les régions occidentales, situées au cœur de la mégalopole européenne, sont les plus densément peuplées (265 habitants au kilomètre carré). Celles de l’est présentent une densité moyenne (144 habitants au kilomètre carré). L’Allemagne est entrée dans une phase de déclin démographique. Durant la période 1990-1995, le taux d’accroissement annuel fut de 0,56 p. 100 (contre - 0,1 p. 100 pour la période 1975-1980). En 2008, le taux de natalité était de 8,20 p. 1 000 et le taux de mortalité de 10,80 p. 1 000, soit un taux d’accroissement naturel de -0,3 p. 100. Ce déclin est commun à tous les pays développés, mais c’est en Allemagne qu’il est le plus marqué. Le pays détient, avec l’Italie et l’Espagne, l’un des plus bas indices de fécondité, avec 1,3 enfant par femme (période 1990-1998). Il existe, par ailleurs, une forte disparité entre les Länder de l’ouest et ceux de l’est, dont l’indice de fécondité est inférieur à 1. La baisse de la fécondité est continue depuis plusieurs décennies (1,52 enfant par femme durant la période 1975-1980). En revanche, l’espérance de vie, estimée à 77 ans (période 1995-2000), est très élevée. Le vieillissement de la population, déjà bien entamé, ne peut donc que s’accentuer. Les moins de 15 ans ne représentent plus que 16 p. 100 de la population, et les Allemands âgés de 65 ans et plus, désormais 20 p. 100. Depuis le milieu des années 1970, période à laquelle s’est infléchie la courbe de natalité, l’immigration a compensé le déficit naturel de la population allemande. Après la Seconde Guerre mondiale, qui s’est traduite, tout comme la Première Guerre mondiale, par un creux dans la pyramide des âges, l’Allemagne de l’Ouest a accueilli 14 millions d’expulsés et de réfugiés, dont 10 millions de germanophones originaires de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Prusse-Orientale, de Roumanie et de Yougoslavie, et, jusqu’à la construction du mur de Berlin en 1961, 4 millions d’Allemands de l’Est. La RDA, de son côté, a reçu 3 millions d’expulsés et de réfugiés. À partir de 1980, les descendants d’Allemands établis en Europe centrale et orientale (Aussiedler) affluèrent. Cette vague de retour est encore amplifiée par l’effondrement des régimes communistes et par l’ouverture des frontières à l’Est. Entre 1987 et 1996, 2,2 millions d’Aussiedler s’établissent en Allemagne, où la nationalité allemande leur est reconnue par la Constitution. On estime à plus de 3 millions le nombre de ceux vivant encore à l’extérieur des frontières. Le début des années 1980 a en revanche coïncidé avec la mise en place d’une politique de limitation de l’immigration économique. La législation, jusque-là très libérale en matière de droit d’asile, a été remise en cause par une réforme constitutionnelle au printemps 1993, après que l’Allemagne eut accueilli plus de 300 000 réfugiés chassés par la guerre en Bosnie (voir conflit yougoslave). La sévérité croissante de la politique d’immigration s’accorde avec la politique de l’Union européenne (accords de Schengen). Elle s’inscrit également dans un contexte national marqué par la résurgence des mouvements néonazis et la multiplication des agressions racistes, lesquelles visent surtout la communauté turque. Principalement établis dans les régions industrielles de Francfort, Stuttgart et Munich, les Turcs représentent 30 p. 100 des 7,2 millions d’étrangers vivant en Allemagne, parmi lesquels on compte plus de 1 million de personnes originaires de l’ex-Yougoslavie, 560 000 Italiens, 340 000 Grecs et 280 000 Polonais. Ces derniers sont arrivés récemment, après l’effondrement du régime communiste et l’ouverture des frontières en Pologne (1989).
L’Allemagne est un État fédéral formée de seize Länder (États). En juillet 1990, les cinq anciens Länder est-allemands, dissous en 1952, ont été reconstitués et, en octobre 1990, date de la réunification des deux Allemagnes, le Mecklembourg-Poméranie-Antérieure, le Brandebourg, la Saxe-Anhalt, la Thuringe et la Saxe sont venus s’ajouter aux onze Länder ouest-allemands : le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Hesse, la Basse-Saxe, la Rhénanie du Nord-Westphalie, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, le Schleswig-Holstein et les trois villes-États de Berlin, Brême et Hambourg. Les Länder de l’ouest sont beaucoup plus peuplés que ceux de l’est, qui regroupent, sur 30 p. 100 de la superficie totale, à peine plus du cinquième de la population. Les Länder dominant l’économie allemande sont aussi les plus peuplés : la Rhénanie du Nord-Westphalie comptait 17 679 000 habitants en 1993, loin devant la Bavière (11 993 500) et le Bade-Wurtemberg (10 693 000). La population allemande est fortement urbanisée : 88 p. 100 des habitants vivent dans des agglomérations de plus de 2 000 habitants. L’Allemagne est un pays d’urbanisation ancienne. Trèves, Mayence, Coblence ou Augsbourg furent fondées à l’époque romaine. La civilisation urbaine s’est épanouie au Moyen Âge, sous l’impulsion notamment de la Hanse. À la fin du xve siècle, le pays comptait 4 000 villes, à la fois centres d’échanges et foyers industriels (artisanat, textile, etc.). À partir du xvie siècle se développent les capitales princières et les villes libres, jouissant d’une relative autonomie vis-à-vis du pouvoir impérial. Au cours du xixe siècle, avec la révolution industrielle, les grandes villes deviennent un caractère essentiel de la civilisation allemande. De nouvelles cités apparaissent autour des grands foyers économiques, notamment dans la Ruhr. Parallèlement, les villes plus anciennes se développent, en créant de nouveaux quartiers ou en absorbant des communes voisines. Ce phénomène d’absorption est caractéristique du développement urbain en Allemagne. En 1920, Berlin devint la deuxième ville d’Europe en incorporant une soixantaine de communes environnantes ainsi que de nombreux domaines agricoles. Durant les années 1960, une réforme administrative encourage le regroupement des quelque 24 000 communes ouest-allemandes. Au terme de ce processus, au début des années 1980, l’Allemagne de l’Ouest ne comptait plus que 8 505 communes. Aujourd’hui, le réseau urbain allemand comprend 84 agglomérations de plus de 100 000 habitants, regroupant un tiers de la population. Parmi celles-ci, 19 dépassent 300 000 habitants, dont trois seulement sont situées en Allemagne orientale. Les communes étant dotées d’une large autonomie de gestion, les grandes agglomérations disposent d’un pouvoir économique très important. Berlin, la plus grande ville du pays, est redevenue la capitale de l’Allemagne après la réunification (octobre 1990). Sa population était estimée, en 2005, à 3 387 800 habitants. Les autres grandes villes du pays sont Hambourg (1 734 800 habitants), premier port allemand ; Munich (1 249 200 habitants), capitale politique, commerciale et culturelle du Land de Bavière ; Cologne (969 700 habitants), ville industrielle célèbre pour sa cathédrale ; Brême (663 000 habitants), deuxième port d’Allemagne et important centre industriel et financier ; Francfort-sur-le-Main (646 900 habitants), ville d’affaires, importante place financière européenne et siège du premier aéroport international allemand ; Essen (588 100 habitants), centre sidérurgique de la Ruhr ; Dortmund (588 700 habitants), important port fluvial, au cœur du bassin houiller de la Ruhr ; Stuttgart (590 700 habitants) ; Düsseldorf (572 700 habitants) ; Duisbourg (504 400 habitants), plus grand port fluvial du monde ; Hanovre (515 800 habitants) ; Leipzig (498 500 habitants), qui fut longtemps l’une des capitales culturelles d’Allemagne ; Nuremberg (495 300 habitants) ; Dresde (487 400 habitants) ; Bonn (311 900 habitants), l’ancienne capitale politique de la RFA.
L’Allemagne est régie par une Loi fondamentale (Grundgesetz) adoptée le 8 mai 1949 par les représentants des onze Länder de l’Allemagne de l’Ouest. Entrée en vigueur le 23 mai 1949, elle a donné naissance à la République fédérale d’Allemagne, définie comme un État fédéral démocratique et parlementaire. Le 3 octobre 1990, les cinq Länder de RDA ont adhéré à la Loi fondamentale.
Le chef de l’État est le président de la République fédérale. Il est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois, par une Assemblée fédérale constituée des députés du Bundestag, la Diète fédérale, et d’un nombre égal de délégués élus par les parlements des Länder, les Landtage. Sa fonction est essentiellement représentative. À l’extérieur, il représente la République fédérale d’Allemagne, conclut les traités avec les États étrangers, accrédite et reçoit les ambassadeurs. Toutefois, la politique étrangère reste la prérogative du gouvernement fédéral. Sur le plan national, il nomme et révoque les juges fédéraux, les fonctionnaires fédéraux ainsi que les officiers. Il promulgue également les lois fédérales après avoir examiné leur conformité à la Constitution. Selon la Loi fondamentale, il appartient au président fédéral de proposer au Bundestag un candidat pour la fonction de chancelier fédéral. Mais, dans les faits, ce choix est restreint, le chancelier devant être issu de la majorité parlementaire. Sur proposition du chancelier, le président nomme et révoque les ministres fédéraux. Le chef de l’État dispose également du droit de dissolution mais l’exercice de celui-ci est strictement encadré par la Constitution : le Bundestag ne peut être dissous, sur proposition du chancelier, que si celui-ci se voit refuser la confiance qu’il a demandée aux députés. Comme dans tout régime parlementaire, le chancelier, chef du gouvernement fédéral, est responsable devant le Bundestag qui l’élit. Cependant, soucieux de prévenir l’instabilité gouvernementale qui mina la République de Weimar, les constituants ont prévu que les députés ne peuvent retirer leur confiance au chancelier qu’en lui désignant, à la majorité absolue, un successeur. Une telle procédure, appelée vote de défiance constructif, n’a abouti qu’une seule fois depuis 1949 : en 1982, Helmut Kohl, démocrate-chrétien, a été élu ainsi pour succéder à la chancellerie au social-démocrate Helmut Schmidt.
Le Parlement fédéral allemand est constitué de deux Chambres, le Bundestag, ou Diète fédérale, et le Bundesrat, ou Conseil fédéral, qui ont été toutes deux élargies en 1990 pour inclure les représentants de l’ex-RDA. Le Bundestag est l’Assemblée nationale de la République fédérale d’Allemagne. Il représente directement le peuple. Il vote les lois, à la majorité simple, élit le chancelier fédéral et contrôle le gouvernement. Ses membres sont élus au suffrage universel direct pour quatre ans, par les citoyens âgés de plus de 18 ans. Ils sont désignés selon un mode de scrutin combinant scrutin uninominal et scrutin de liste. En effet, la moitié des députés est élue directement (mandats directs), à la majorité simple ou relative. L’autre moitié est élue au niveau des Länder, à la représentation proportionnelle, à partir de listes présentées par les partis politiques (mandats de listes), ceux-ci n’étant représentés que s’ils obtiennent au moins 5 p. 100 des suffrages exprimés. Si un parti a obtenu, dans les circonscriptions électorales, plus de mandats directs qu’il ne lui en revient en fonction du pourcentage de voix obtenues au scrutin de liste, il peut conserver ses « mandats excédentaires ». Dans de tels cas, le Bundestag compte plus de membres que les 656 sièges prévus légalement. Ainsi, l’Assemblée élue en 1994 comptait 672 députés, contre 669 en 1998. Le Bundesrat assure la représentation des seize Länder fédérés. Il apporte son concours à la législation et à l’administration de la Fédération. Il se compose de 69 délégués désignés par les gouvernements des Länder, chaque Land disposant, selon sa population, de trois à six représentants, qui ne peuvent s’exprimer que collectivement. Les lois fédérales (environ la moitié des textes législatifs) qui concernent de près ou de loin les intérêts essentiels des Länder (soit qu’elles aient une incidence sur leurs finances, soit qu’elles touchent à leurs compétences) requièrent l’approbation formelle du Bundesrat. Lorsque le Bundestag et le Bundesrat ne parviennent pas à se mettre d’accord, une commission d’arbitrage est formée avec des membres des deux chambres. Pour les autres lois, le Bundesrat ne possède qu’un droit de veto, que le Bundestag peut lever par un nouveau vote. Seul un vote à la majorité des deux tiers, dans chacune des deux Chambres, peut autoriser un amendement à la Loi fondamentale, certaines de ses dispositions ne pouvant toutefois être abrogées.
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