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Allemagne

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Allemagne : drapeau et hymneAllemagne : drapeau et hymne
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4.4. 2

Transports

Les infrastructures de transport sont extrêmement développées et assurent une couverture très dense du pays. Au début des années 2000, le réseau routier atteignait 230 700 km dont plus de 11 000 km d’autoroutes (Autobahnen). Celles-ci sont gratuites et jouent un rôle non négligeable dans l’aménagement du territoire, chaque commune devant disposer d’un accès autoroutier à moins de 50 km de distance.

Le réseau ferroviaire, géré par la Deutsche Bundesbahn, société contrôlée par l’État, assure également un maillage très dense du territoire. Le train à grande vitesse, l’ICE, relie les principales villes du pays. Les chemins de fer allemands transportent chaque année plus d’un milliard de passagers et assurent 28 p. 100 du fret national de marchandises. Si la route demeure le premier moyen de transit pour les marchandises, l’Allemagne développe de plus en plus le ferroutage afin de lutter contre les nuisances écologiques liées au transport routier.

Environ 20 p. 100 du fret allemand, soit plus de 300 millions de tonnes, essentiellement des pondéreux (charbon, minerai de fer, potasse, céréales, bois, etc.), empruntent la voie fluviale. Celle-ci a été particulièrement bien mise en valeur par un réseau très dense et très moderne de canaux : Mittellandkanal (1938, 321 km), canal Dortmund-Ems (1899, 269 km), canal latéral à l’Elbe (1976, 112 km), canal maritime de Kiel ou Nord-Ostseekanal (1895, 98 km) qui relie la mer du Nord à la mer Baltique, canal Oder-Sprée (1935, 83 km), etc. Le réseau fluvial allemand, qui comprend aujourd’hui près de 6 000 km de voies d’eau navigables dont 2 000 km de canaux, est relié à la France, aux Pays-Bas et à la Belgique, et depuis l’achèvement de la liaison Rhin-Main-Danube, en 1992, à l’Autriche et à l’Europe de l’Est. Sa rentabilité lui assure une grande importance économique. Duisbourg, sur le Rhin, est le premier port fluvial du monde.

Le transport maritime prend le relais du trafic fluvial à partir des grands ports de commerce de la mer du Nord, où sont basées les flottes marchandes (Hambourg, Wilhelmshaven, Brême, Kiel), et de la mer Baltique (Lübeck, Wismar, Rostock, Stralsund). Cependant, une large partie du trafic se dirige vers le port néerlandais de Rotterdam, où arrive l’essentiel des importations allemandes.

Enfin, près de 95 millions de passagers transitent chaque année par les aéroports allemands. L’Allemagne compte onze aéroports internationaux. Celui de Francfort-sur-le-Main est le troisième aéroport d’Europe. La principale compagnie aérienne allemande est la Deutsche Lufthansa AG, fondée en 1954 et contrôlée par l’État.

4.4. 3

Commerce extérieur

La puissance économique de l’Allemagne repose en grande partie sur sa très forte intégration à l’économie mondiale. Le commerce extérieur contribue largement au PIB et l’Allemagne est la première nation commerciale au monde, celle qui exporte le plus de marchandises. Depuis le début des années 1950, la balance commerciale est excédentaire (155,6 milliards de dollars en 2004). Au milieu des années 2000, l’Allemagne est ainsi la première puissance exportatrice mondiale.

En 2004, le montant des exportations de marchandises s’est élevé à 731 milliards d’euros, dont la majeure part concerne les produits manufacturés. L’Allemagne exporte essentiellement des machines et des biens d’équipement lourds (2e rang mondial), des voitures, des produits chimiques et pharmaceutiques ainsi que des produits textiles. Parallèlement, les importations ont atteint un montant de 575,4 milliards d’euros. Elles concernent principalement les produits manufacturés, le pétrole brut ou raffiné et les denrées alimentaires.

Les principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne sont les pays de l’Union européenne, avec lesquels elle réalise plus de la moitié de ses échanges, les États-Unis, la Suisse, l’Autriche, le Japon et les pays d’Europe de l’Est.

5

Histoire

5.1

Germains et Romains

Peuplée par des peuples celtes au début des temps historiques, l’Allemagne est submergée vers le iie siècle av. J.-C. par les migrations des peuples germaniques venus du nord et de l’est. Établis à l’origine en Scandinavie méridionale, ceux-ci migrent, au cours de la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C., vers le sud et l’ouest. Leur expansion jusqu’au Rhin inférieur à l’ouest, et jusqu’à la Thuringe et la Basse-Silésie au sud, les entraîne, vers le iie siècle av. J.-C., sur le territoire des Celtes. Ils s’établissent en Allemagne et en Pologne, entre le Rhin et la Vistule : les Cimbres et les Teutons au nord ; les Bataves, les Frisons, les Lombards et les Marcomans à l’ouest ; les Goths, les Vandales et les Gépides à l’est.

Les Germains ne tardent pas à menacer directement Rome : à la fin du iie siècle av. J.-C., Cimbres et Teutons progressent depuis le nord de l’Allemagne vers le bassin méditerranéen. Leur invasion de la Gaule entraîne une réaction militaire des Romains. En 102 av. J.-C., le général romain Caius Marius défait les Teutons à Aquae Sextiae (aujourd’hui Aix-en-Provence). L’année suivante, il stoppe les Cimbres à Verceil (aujourd’hui Vercelli). Jules César doit à son tour intervenir contre les Suèves menés par Arioviste, dont la progression à l’ouest du Rhin a repoussé les Helvètes vers la Gaule.

De 12 à 9 av. J.-C., l’armée romaine mène une nouvelle campagne contre les Germains. Décidée par Auguste, celle-ci est menée par Drusus, qui réorganise la Germanie, fonde la ville de Mayence, et atteint l’Elbe en 9 av. J.-C. À l’issue de cette campagne, la Belgique est rattachée à la Germanie, devenue province romaine. La paix, cependant, n’est pas encore établie. En 16 apr. J.-C., Germanicus pacifie la Germanie, après avoir vaincu la révolte des Chérusques dirigée par Arminius.

Les Germains devenant de plus en plus incontrôlables, Tibère évacue les régions les plus éloignées du Rhin pour mieux contrôler les régions rhénanes. Trajan, pour assurer la sécurité de l’Empire romain, fait construire une ligne de frontière fortifiée, le limes, renforcée par ses successeurs. Constitué de fossés, de murailles, de tours de guet et jalonné de camps militaires, le limes englobe les champs Décumates (région située entre le Main, le Rhin et le Danube), et établit la frontière entre une Germanie « barbare » et une Germanie intégrée au monde romain, touchée par la christianisation.

Au iie siècle apr. J.-C., les Romains empêchent les confédérations des Francs, des Alamans et des Burgondes de traverser le Rhin. Des terres leur sont concédées en échange de leur soumission à Rome. L’armée impériale enrôle des mercenaires barbares. Mais, aux ive et ve siècles, la pression des Grandes Invasions est trop forte pour les Romains affaiblis. Chassés par les Huns venus d’Asie, les Goths (Ostrogoths et Wisigoths), les Vandales, les Francs, les Lombards et d’autres tribus germaniques rompent le limes et déferlent sur Rome, sonnant le glas de l’Empire romain d’Occident.

5.2

Les premiers États germaniques

Au début du vie siècle, le chef franc Clovis, après avoir vaincu le Romain Syagrius, étend son autorité sur une grande partie de la Gaule et le sud-ouest de la Germanie. Vainqueur des Alamans et des Wisigoths, suzerain des Francs de Cologne, il fonde un royaume catholique et convertit ses sujets, adeptes de l’arianisme. Mais, au sein du Regnum francorum mérovingien, la fracture linguistique et religieuse perdure entre l’ancienne Germanie romanisée et la Germanie barbare, où prévalent les croyances païennes. La plaine du Nord est alors occupée par les Saxons, tandis que les régions de l’Elbe et du Main supérieur sont peuplées par les Slaves.

5.2. 1

La Germanie carolingienne

Après 751, les Carolingiens poursuivent la conquête mérovingienne. Leur progression accompagne l’évangélisation des populations germaniques par des moines irlandais et anglais, au premier rang desquels saint Boniface et saint Willibrod. Saint Willibrod devient archevêque d’Utrecht (695), puis fonde le monastère d’Echternach (698) au Luxembourg. Saint Boniface fonde les monastères de Reichenau et de Fulda, avant d’être nommé par le pape archevêque de Mayence (751) et primat de toute la Germanie.

Charlemagne, roi des Francs (768-814), des Lombards (771-814) et empereur d’Occident (800-814), réalise l’unité des Francs et des Germains en combattant les Slaves au sud du Danube, en soumettant les Saxons, qu’il oblige à se convertir, puis en défaisant les Avars, alliés de Tassilon III, duc de Bavière. Il annexe dans la foulée le sud de l’Allemagne. Le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III, en 800, devait profondément marquer l’histoire de l’Allemagne, jusqu’aux bouleversements de la Réforme. Le nouvel empereur d’Occident choisit Aix-la-Chapelle pour capitale et établit un lien particulier entre la royauté germanique et la papauté. Tous les rois germaniques qui lui succèdent aspirent à rétablir un Empire chrétien d’Occident qui soit l’égal de celui de Rome.

L’empire carolingien ne survit pas longtemps à la disparition de Charlemagne en 814. À la mort de son successeur, Louis le Pieux, le traité de Verdun (843) partage l’empire entre ses trois fils. Charles le Chauve reçoit la Francia occidentalis et Louis II le Germanique, la Francia orientalis (Germanie), à l’est du Rhin. Le titre impérial échoit au fils aîné, Lothaire, qui règne sur un territoire médian s’étendant de la mer du Nord jusqu’en Italie. Mais son royaume, la Lotharingie, est démantelé par le traité de Mersen (870). La partie ouest est rattachée à la Francie occidentale et le reste à la Germanie.

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