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salaires

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Présentation

salaires, rémunérations versées pour un travail.

La notion de salaire n'est pas uniquement employée pour les ouvriers et employés. Elle recouvre aussi les diverses primes touchées en plus du salaire habituel par les travailleurs, les honoraires pour les professions libérales et les revenus des chefs d'entreprise.

Le salaire est différent du point de vue du salarié et de l'employeur. Le salarié reçoit un salaire réel qui correspond au salaire brut duquel ont été soustraits les prélèvements à la charge du salarié. L'employeur paie quant à lui un certain montant de charges patronales en plus du salaire brut.

Le salaire peut être calculé de différentes façons : il existe le salaire au rendement, destiné à encourager la productivité des travailleurs, le salaire au temps, le salaire à primes qui comprend une base fixe et une prime si certaines conditions sont satisfaites, ou encore le salaire à la tâche ou à la pièce. Le salaire est le résultat d'une négociation entre employeur et employé. La liberté de l'un et de l'autre peut cependant être limitée par l'existence de conventions collectives, résultat de négociations collectives et qui fixent les taux de salaires minimums ou de dispositifs légaux. C'est en particulier le cas en France du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), indexé sur l'indice des prix et qui est le salaire minimum dû par tout employeur à un employé.

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Facteurs déterminant le salaire

Différents facteurs déterminent le niveau de salaire dans un pays à un moment donné. Certains sont objectifs et quantifiables, comme le coût de la vie, la pénurie d'offre de travail, la productivité qui tendent à renchérir le travail salarié, d'autres plus spécifiques, comme le niveau de vie recherché par les travailleurs et qui peut varier d'un pays à l'autre, ou encore le pouvoir de négociation des travailleurs organisés en syndicats ou en associations.

Le niveau général des salaires n'est que la moyenne des salaires, et ne reflète pas les écarts qui peuvent exister entre ceux-ci. Ces différences sont la combinaison de divers facteurs et peuvent tenir soit à la compétence et aux qualifications des salariés, soit à la rareté tant sectorielle que géographique de l'offre de travail, soit à l'attrait relatif de certaines professions, soit encore à l'action de syndicats qui permettent aux salariés d'avoir un plus fort pouvoir de négociation. Certaines différences ne s'expliquent cependant que par une discrimination, volontaire et parfois légale, liée au sexe ou à la race par exemple même si bien des pays, dont la France, ont adopté des législations tendant à circonscrire sinon à supprimer de telles discriminations jugées intolérables.

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Théorie des salaires

La première théorie sur les salaires est due à Saint Thomas d'Aquin pour qui le juste salaire est celui qui permet à son bénéficiaire d'avoir une vie conforme à sa position sociale, mais la première théorie moderne ne fut élaborée qu'au XIXe siècle par Adam Smith et pleinement développée par David Ricardo. Elle est connue sous le nom de théorie de la subsistance : les salaires seraient fixés de manière à permettre la survivance des travailleurs mais ne pourrait guère s'éloigner de ce niveau. La théorie des salaires développée par Karl Marx, selon laquelle les entrepreneurs accaparent un taux de plus-value au détriment des salariés ne laissant à ceux-ci qu’un salaire dit de subsistance, est une variante des principes développés par Ricardo. L'histoire économique en dépit de l'augmentation concomitante de la production et de la progression des salaires à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle n’ont donné tort ni à l’un ni à l’autre.

John Stuart Mill s’est efforcé, pour sa part, d'expliquer les salaires par la demande de travail. D'après cette théorie, c'est l'accumulation antérieure de capitaux qui permet le financement des salaires et, le cas échéant, leur augmentation. Une augmentation des salaires pour certains pourrait signifier une baisse pour les autres. Cette approche s'est-elle aussi révélée insuffisante, à partir du moment où il a été démontré qu'aucune hausse de rémunération ne peut relancer la consommation et donc la production, qui permet à son tour de financer les salaires plus élevés.

Une nouvelle tentative d'explication a été faite par l'économiste américain John Bates Clark. Selon lui, les salaires tendent à s'établir au niveau où les employeurs estiment profitable d'engager un nouveau travailleur. En effet, selon la loi de la diminution des profits, la valeur de la contribution de chaque travailleur supplémentaire à la production est censée décroître. Il en résulte que la croissance de la main-d'œuvre fait chuter les salaires.

John Maynard Keynes s'est farouchement opposé à cette théorie qui ignore les effets de la hausse des salaires sur la productivité et le pouvoir d'achat. Cette relation est selon lui essentielle et est le fondement de la doctrine selon laquelle une augmentation des salaires peut favoriser la consommation davantage que l'épargne. Si la baisse du chômage permet une hausse des revenus, une consommation accrue engendre une nouvelle demande de travail et ce, même si le niveau de salaire est déjà élevé. La plupart des économistes se sont rangés à l'idée qu'une hausse de la rémunération ne signifiait pas nécessairement une chute des emplois. Elle peut en revanche relancer l'inflation, parce que les employeurs tendent à augmenter les prix pour compenser les surcoûts salariaux. Pour éviter cette spirale inflationniste, les hausses de salaire ne doivent pas dépasser les gains de productivité.

La théorie des salaires accorde désormais une attention accrue à la manière dont ils s'établissent. Déjà les théoriciens néoclassiques avaient mis en évidence l'inégalité des rapports contractuels existant entre employeurs et employés pour expliquer les phénomènes d'exploitation capitalistiques avant que le courant marxiste ne fasse de cette question le point central de son analyse. La théorie économique a ensuite tenté d'analyser l'influence du développement syndical et a amené à une reconsidération de la notion de salaire à laquelle il conviendrait désormais de substituer celle du revenu global, car les négociations portent désormais aussi sur les prestations sociales. Les nouvelles théories du chômage insistent quant à elles sur les effets, supposés pervers, de l'action syndicale, qui, en se souciant principalement de l'amélioration du niveau de vie de ses affiliés et en empêchant l'ajustement des salaires en fonction de l'offre et de la demande, contribuerait à empêcher l'embauche de personnes dépourvues d’emploi.

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